Comment ça s'est passé.
Nous avons débarqué à Riyad le 14 mars en fin d'après-midi, après un vol Saudi Arabian Airlines depuis Paris (durée 5h30). L'aéroport King Fahd est immense, climatisé à bloc, et nous avons attendu 45 minutes à la douane—un classique, paraît-il. Premier choc : la chaleur sèche en sortant du terminal, 34 °C, qui assèche la gorge en quelques minutes. L'odeur de désert mélangée à la clim des voitures nous a frappés dès les premiers pas. Nous avons pris un Uber jusqu'à l'hôtel Rosewood Jeddah—non, pardon, nous étions à Riyad d'abord, donc l'Anantara Nailah Street. Le trajet nous a montré la skyline de verre et d'acier : des tours de 40 étages qui poussent comme du chiendent. Le chauffeur roulait à 140 km/h sur l'autoroute King Fahd, très normal, ici c'est le standard. Riyad : musées et souks compliquésPremier jour complet : musée de l'Homme saoudien au Boulevard Riyad (fermé le dimanche, attention). L'entrée coûte 50 SAR par personne (12 euros environ). Nous avons passé trois heures à regarder des collections de pointes de flèches, de costumes bédouins en soie brochée, de manuscrits coraniques enluminés. Très honnêtement, c'était museal et poussiéreux. Un groupe scolaire de 60 enfants criait sur nos talons. Le souk al-Zal, le souk aux tissus du vieux Riyad, nous a mieux plu. Levés à 5 h 30 pour arriver juste à l'ouverture (6 h 45), quand la lumière rasante du soleil frappait les façades en pierre jaune. Odeur écrasante d'encens, de curcuma et de sueur humaine concentrée. Les vendeurs nous ont reconnus comme touristes et ont tout de suite sorti l'anglais. Un manteau traditionnel (thobe) coûte entre 180 et 400 SAR selon la broderie. Nous avons marchanden un peu, sans vraiment obtenir de réduction majeure—l'époque où on économisait 50 % en négociant semble révolue. Repas du midi au restaurant Al-Najd, rue Thumairi. Nous avons commandé du kabsa (riz épicé avec agneau) pour 35 SAR (8 euros), accompagné d'une soupe de lentilles. La chaleur du plat, les raisins secs dedans, le goût savoureux sans être agressif : c'était bon. Puis un moment bizarre : le serveur nous a demandé si nous voulions du café, nous avons dit oui, et il nous a servi un fond de tasse de café noir très serré avec deux dattes. Tradition, apparemment. Nous ne savions pas comment réagir, donc nous avons bu et remercié poliment. Jeddah : la côte et la cornicheLe 17 mars, nous avons pris un vol Saudi Arabian Airlines de Riyad à Jeddah (durée 1h10). L'aéroport King Abdulaziz est plus petit et moins cauchemardesque que celui de Riyad. Taxi jusqu'au Rosewood Jeddah, cette fois-ci pour de bon (4 nuits). Chambre avec vue sur la mer Rouge, climatisation qui ronronne à tue-tête la nuit. Jeddah est plus côtière, plus respirable que Riyad, même si la chaleur reste asphyxiante en plein jour (40 °C le 18 mars). Nous avons marché sur la Corniche le soir vers 18 h, quand les habitants locaux sortent après la chaleur. Couples saoudiens en thobe blanc, familles en noir total pour les femmes, enfants qui jouent au foot sur le sable. Une sensation étrange de ville normale et de transgression simultanément. Nous avons diné au restaurant Madawi, spécialisé dans la cuisine néo-saoudienne revisitée. Plats de 70 à 120 SAR. Un carpaccio de thon avec gingembre et huile d'argan, un homard grillé, des pâtes aux épices saoudiennes. C'était bon, un peu prétentieux, mais honnêtement bien exécuté. Le serveur a d'abord été froid avec nous, puis s'est ouvert après une blague sur le foot. Galère et apprentissagesGros moment chiant : le 19 mars, nous avons voulu visiter l'île de Farasan en excursion de deux jours. Nous avons réservé via un tour-opérateur local, payé 1200 SAR (290 euros) pour deux personnes. Le lendemain, on nous a contactés pour dire que le bateau était « un peu en retard ». Six heures de retard finalement. Nous avons attendu au port, dans la chaleur, sans climatisation. Arrivés sur l'île à 16 h au lieu de 8 h, nous n'avons eu que quelques heures pour explorer avant le retour. C'était frustrant. Nous n'avons pas réclamé de remboursement, car on nous a dit que c'était « impossible ». Ce que nous avons aimé : les échanges sincères avec quelques Saoudiens parlant français, qui nous montraient des photos de leurs familles, nous posaient des questions sur la vie en Europe. Un moment entre le souk et l'hôtel, nous nous sommes perdus et une femme en niqab nous a aidés en anglais. Elle parlait de sa passion pour les livres de science-fiction. Dernier jour : marché aux poissons de Jeddah très tôt le matin (6 h), avant notre vol de retour. Poissons sur la glace, crevettes rose vif, conversation criée des vendeurs. Nous avons acheté du harissa (pâte d'épices) à 25 SAR, emballée dans du papier journal local, pour ramener à la maison.
Les bons plans repérés sur place.
Souk al-Zal à Riyad au lever du soleil, vers 6 h 45, pour voir les vendeurs de tissus avant la foule
Restaurant Al-Najd rue Thumairi pour un kabsa au rapport qualité-prix honnête et authentique
Corniche de Jeddah le soir entre 18 h et 19 h 30, quand la température devient respirable et la vie locale sort
Musée de l'Homme saoudien (Boulevard Riyad) pour comprendre l'histoire bédouine, même si l'accès est chaotique
Marché aux poissons de Jeddah tôt le matin (avant 7 h) pour acheter du harissa frais à emporter
Photos — Riyad et Jeddah
Et au final.
L'Arabie Saoudite n'était pas ce que nous attendions : ni aussi ouverte ni aussi fermée. Les villes évoluent très vite, les gens sont courtois mais réservés au premier abord. Les retards, les surcoûts touristiques et la chaleur écrasante ont tempéré notre enthousiasme, mais les rencontres humaines et la nourriture nous ont marqués. À refaire, oui, mais avec des attentes mieux calibrées et une meilleure acclimatation à la température.
