Comment ça s'est passé.
Arrivée à 6h45 à l'aéroport international King Fahd avec la compagnie Flydubai, après une correspondance à Dubaï. Le visa saoudien obtenu avant le départ, contrairement à ce que beaucoup de blogs disaient. Trajet en Uber jusqu'à l'hôtel Rosewood Riyadh (550 SR la nuit, soit environ 145 euros) : 45 minutes dans les embouteillages, chaleur sèche à 38°C même tôt le matin, odeur de climatisation qui s'échappe des véhicules. Le chauffeur écoutait la radio arabophone, rythme lancinant des versets coraniques. Premier jour consacré au quartier Al-Balad, le vieux Riyad. On a pris le bus numéro 32 depuis la gare Nakheel, très bondé, mais efficace. Le souk Al-Zal m'a d'abord semblé décevant : moins coloré que prévu, beaucoup de vendeurs de téléphones et de vêtements quelconques. Puis j'ai tourné dans une petite ruelle où un vendeur de khobz (pain saoudien) cuisait directement sur un feu de bois. Goût fumé, texture chaude et légèrement beurreuse. Prix : 2 SR (0,50 euro). C'est là que j'ai enfin senti une forme d'authenticité, loin des restaurants climatisés de Riyadh. Palais, musées et moment d'irritationVisite du Diriyah, ancien site historique à 30 minutes de Riyad en taxi partagé (15 SR, soit 4 euros). Les murs en adobe restaurés du château d'Ad-Diriyah sont impressionnants : une vraie forteresse jaune ochre, on sent l'histoire quand on rentre. Mais déception : les panneaux explicatifs étaient uniquement en arabe et anglais, guidage très pauvre. J'ai du payer un guide improvisé 100 SR (26 euros) pour comprendre quelque chose. Galère classique de touriste occidental. National Museum était fermé pour travaux ce jour-là, malgré ce que Google Maps indiquait. Petite rage. On s'est rabattus sur le Museum of Saudi Arabia à la Riyadh Season (libre d'accès). C'est un complexe commercialisé à mort : jeux vidéo, cinémas, restaurants de chaînes internationales. Le musée lui-même reste intéressant pour comprendre l'évolution de la péninsule arabique, mais c'est très guide à la « histoire linéaire agréable ». Nourriture et vie quotidienneDéjeuner au restaurant Shaaboom (Olaya Street) : cabbage rolls farcis, humus, brochettes agneau. Total 85 SR (22 euros) pour deux. Pas cher, goût classique. Dîner plus mémorable au Kampai (fusion nikkei saoudienne) : plats recherchés, assiettes bien présentées, mais 280 SR (73 euros) pour deux sans alcool. En Arabie, l'absence d'alcool contraint à commander plus de plats. Ça se sent. Visite du King Fahd Road Markets, marché de fruits et légumes : étalages de dattes (Ajwa dates de Médine, 40 SR le kg), odeur écrasante de miel et d'épices mélangées. Température étouffante, pas de climatisation. Femmes en niqab complet, hommes en thobe blanc. On s'est senti clairement touristes étrangères, quelques regards suspicieux, mais pas d'agressivité. C'était juste... un espace qui n'était pas pensé pour nous. Balades urbaines et limitationsAl-Faisaliyah Center : la tour emblématique de Riyad. La vue depuis le 30e étage vaut le coup (50 SR, 13 euros). En bas, galeries marchandes ultra-modernes, climatisation si froide qu'on a dû mettre un pull. Contraste absolu avec le souk du jour d'avant. Souhait de visiter Edge of the World (Tuwaiq Escarpment) à 90 km, mais manque de temps et difficulté de trouver un taxi fiable. Beaucoup de blogs disaient « c'est magique », aucun d'eux ne disaient que c'est un trajet galère en montagne avec peu de routes fiables. Déception. Les horaires du Ramadan (aucun restaurant ouvert en journée) auraient compliqué le séjour si nous y avions été pendant cette période. Vérification essentielle avant de partir.
Les bons plans repérés sur place.
Souk Al-Zal (Al-Balad) : ruelle avec vendeur de khobz sur feu de bois à 6h30 du matin, odeur fumée inoubliable
Diriyah (château Ad-Diriyah) : restauration impressionnante en adobe jaune, 30 min en taxi depuis le centre, penser à un guide
King Fahd Road Markets : marché de fruits/dattes avec Ajwa dates de Médine, expérience sensorielle intense
Alula (jour d'excursion) : ville historique près de la Jordanie, falaises de grès rouge, 3h de route minimum
Café Al-Nakheel (Olaya) : petit café local où boire du qahwa saoudien à 5 SR, atmosph sans touristes
Photos — Riyad
Et au final.
Riyad est une ville riche en contrastes, où l'ultramodernité écrase les traditions au lieu de les intégrer. Les gens sont majoritairement courtois, la nourriture correcte, la sécurité garantie. Mais c'est peu authentique comparé à ce qu'on imaginez, et les vraies découvertes demandent du travail et de la débrouille. Je ne reviendrais pas, mais je ne le regrette pas non plus.
