Comment ça s'est passé.
On a atterri à l'aéroport international King Fahd de Riyad un mardi matin, vers 7 h 30. L'air conditionné nous a frappés instantanément — pas juste du froid, mais une climatisation agressivement sèche qui a desséché mes lèvres en deux heures. C'était ma première visite en Arabie Saoudite, et j'avais des attentes flottantes entre curiosité touristique et appréhension due aux restrictions religieuses. Les trois premiers jours à Riyad, on s'est logé à l'hôtel Rosewood Saudi, près du centre-ville, à 780 riyals la nuit (environ 200 euros). La chambre était fonctionnelle, l'accueil cordial mais distant. Le premier choc : les restaurants servaient uniquement halal, évidemment, et aucun alcool nulle part. J'ai mangé du kabsa (riz épicé avec agneau) au restaurant Al Mallak, à côté de l'hôtel — 65 riyals, délicieux mais gras, la viande fondait mais la chaleur du plat m'a écœuré après deux bouchées. Les trajets en métro, une vraie galère au débutOn a pris le métro de Riyad (Riyadh Metro) pour se déplacer. Il est neuf, climatisé, mais les panneaux en arabe et anglais nous ont confondus. J'ai raté la station Al Nakheel deux fois avant de comprendre que les annonces ne se faisaient qu'en arabe. Un Saoudien assis à côté m'a aidé. Les femmes ont des wagons réservés aux heures de pointe — ma compagne s'y est dirigée naturellement, et j'ai dû voyager seul dans le reste du train. Étrange sentiment d'isolement involontaire. La visite du palais Al-Murabba a été décevante. On a payé 50 riyals d'entrée, mais les photos étaient interdites à l'intérieur, et les salles fermées les unes après les autres sans explication. On a ressenti de l'énervement — 45 minutes pour voir trois pièces vides. En sortant, l'odeur poussiéreuse du désert frappait fort, mélangée à celle des gaz d'échappement des voitures près du portail. Marché Al-Zal : labyrinte et marchandageLe souk Al-Zal, c'est un dédale étouffant de petites rues couvertes. On y a acheté des tapis, des épices, des bijoux. Un vendeur m'a proposé un thé à la cardamome — gratuit. Le goût était amer, presque herbacé, réconfortant dans la chaleur ambiante. Mais le marchandage était épuisant. J'ai voulu acheter un châle traditional pour ma mère, le vendeur a demandé 400 riyals, j'ai dit « trop cher », et il m'a répondu « 380 riyals », comme s'il y avait vraiment eu négociation. J'ai acheté au prix initial, frustré. On a pris un vol Saudia Airways de deux heures vers Djeddah jeudi matin. L'aéroport est moderne mais le vol avait 35 minutes de retard sans explication. À Djeddah, l'air était chargé d'humidité — 38°C et 70 % d'hygrométrie. On sentait la mer et l'urine de chameau (oui, vraiment — les dromadaires sont partout en bordure de ville). Corniche de Djeddah : le seul moment d'apaisementOn s'est installés à l'hôtel Movenpick Jeddah Al Nawas, 950 riyals la nuit, avec vue sur la Corniche. Le soir, vers 18 h, on a marché le long du waterfront. C'était le moment le plus agréable du voyage. Familles saoudiennes assisses sur des bancs en bois, enfants qui courent, vendeurs de shawarma qui grillent la viande sur place. L'odeur était poivrée, invitante. J'en ai acheté un pour 15 riyals — tendre, bien assaisonné. On a oublié pendant une heure qu'on était dans un pays aux lois strictes. Vendredi, on a visité la mosquée Al-Haramain. Accès restreint pour les non-musulmans — on a pu voir l'extérieur seulement, de loin. Les murs sont en marbre blanc brillant. Aucun bruit autour, juste le muezzin qui appelait à la prière amplifiée par les haut-parleurs. C'était hypnotisant mais aussi vaguement oppressant. Les deux derniers jours, la fatigue s'est accumulée. Pas d'alcool, peu de distractions nocturnes, restaurants fermés entre 13 h et 15 h (pendant la sieste). On s'est ennuyés. Un client du Starbucks de l'hôtel m'a interpellé parce que ma compagne ne portait pas d'abaya. Aucun agent officiellement, juste un regard lourd du serveur. On s'est partis.
Les bons plans repérés sur place.
Riyadh Metro, ligne Rouge jusqu'à Al Nakheel — nouveau, efficace, mais panneaux principalement en arabe
Restaurant Al Mallak (Riyad) — kabsa à 65 riyals, viande d'excellente qualité, gras mais authentique
Corniche de Djeddah en fin d'après-midi — c'est le seul endroit où on a vraiment senti une atmosphère détendue
Souk Al-Zal pour les épices et tapis — amener au moins 300 riyals et ne pas s'attendre à une vraie négociation
Mosquée Al-Haramain (Djeddah) — vue extérieure impressive mais accès très limité
Photos — Riyad et Djeddah
Et au final.
L'Arabie Saoudite, c'est fascinant sur trois jours, mais les restrictions usent rapidement. La modernité des villes contraste avec des règles sociales figées. À recommander pour explorer, pas pour se détendre.
