Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport Pointe-à-Pitre le 14 février à 11h30, après un vol de 7h45 avec Air Caraïbes. La chaleur nous a frappés d'un coup en descendant de l'avion : 28 degrés, taux d'humidité écrasant, odeur mélangée de kérosène et de fleur de frangipanier. Mon compagnon a transpiré avant même d'atteindre la porte de l'aéroport. Nous avons loué une Renault Clio chez Budget (comptoir à droite en sortie) pour 32 euros par jour. Direction Sainte-Anne, à 45 km au sud. Le trajet a pris 1h20 au lieu des 45 minutes annoncées : nous avons suivi un bus de la compagnie Sotrabu qui s'arrêtait tous les cent mètres sur la RN5. Un coup classique pour les touristes pressés. Les trois premiers jours : découverte et plage de Grande AnseNous avons résidé à l'hôtel Le Moule Coco pendant six nuits. Chambre 214, terrasse face au lagon. Le gérant, Michel, nous a conseillé les bons coins dès notre arrivée. Première journée, nous avons roulé jusqu'à la plage de Grande Anse, à 8 km. Le sable blanc. L'eau à 26 degrés, translucide sur les 50 premiers mètres. Pas d'odeur salée typique : plutôt une odeur douce de petits poissons et d'algues. Nous sommes restés quatre heures là-bas, à lire et à entrer dans l'eau toutes les demi-heures. Un petit déjeuner au bar-restaurant Chez Yves le lendemain matin : accras de morue à 3,50 euros, jus de goyave frais à 2,40 euros, pain blanc sucré. Le goût du piment dans les accras nous a surpris, bien qu'agréablement. Jour 3, nous avons pris le marché de Sainte-Anne à 7h du matin. Bruyant. Les vendeurs criaient les prix des christophines et des ignames. Une femme nous a vendu un kilogramme de crevettes roses pour 18 euros. Nous avons cuisiné à la chambre le soir : crevettes à l'ail, riz blanc. La cuisine a laissé une odeur persistante pendant deux jours malgré la ventilation. Les galères et les découvertes moins touristiquesJour 4 : panne majeure. La Renault a refusé de redémarrer sur le parking de la plage de Caravelle. Appel à Budget à 11h45. Assistance arrivée à 14h15. Trois heures d'attente en plein soleil. Le chauffeur du dépannage, Frantz, nous a parlé de la vie locale : les prix du carburant, les retours des migrants. Nous avons échangé nos contacts WhatsApp. La voiture de remplacement était une Peugeot 308, plus grande, meilleure clim. Jour 5, nous nous sommes risqués hors des sentiers battus. Frantz nous avait recommandé le restaurant de sa cousine, Maryse Créole, à Trois-Rivières, à 30 km. Menu du jour : calamar à l'étouffée, bananes vertes bouillies, sauce péi, rhum arrangé maison (rhum blanc Damoiselle avec fruits de la Passion). Facture : 14 euros par personne. La sauce était si épicée que ma compagne a versé des larmes. Bon rire avec les clients locaux qui attendaient les toilettes. Derniers jours : rhum, distillerie, fatigueJour 7, nous nous sommes levés à 5h45 pour visiter la distillerie Damoiselle à Capesterre-Belle-Eau, à 25 km à l'est. Visite guidée à 8h30 par Thierry, planteur depuis 35 ans. Nous avons goûté quatre rhums différents : blanc agricole, ambré 3 ans, vieux 7 ans. Le rhum blanc piquait la gorge, le vieux avait un goût de caramel et de vanille qui restait six minutes en bouche. Nous avons acheté une bouteille d'Épices pour 22 euros. Jour 8 : la fatigue accumulée. Nous avons manqué la visite du Fort Fleur d'Épée parce que j'ai confondu les horaires (fermeture à 13h, pas 15h comme marqué sur un vieux dépliant du Moule Coco). Frustration. Nous avons passé l'après-midi au bar Ti Punch de la plage de Morne-à-l'Eau, à siroter des ti' punch (rhum blanc Clément 40°, sucre de canne, citron vert frais) à 4 euros la tournée. Trois verres. Nous étions bien trop groggy après. Jour 9, nous avons fait un effort. Randonnée jusqu'à la Soufrière (prononcer « la Soufrière »), le volcan actif de la Guadeloupe. Départ du parking à 8h du matin avec deux autres couples. Deux heures de montée, jambes lourdes. Au sommet, les fumerolles sentaient le soufre, acide, minéral. Température en haut : 19 degrés. Nous avions raison de prendre des pulls. Dernier jour et départJour 10, retour à l'aéroport. Pointe-à-Pitre, vol Air Caraïbes de 16h30. Temps perdu sur la route : carrefour fermé (manifestation syndicale inopinée). Nous sommes arrivés au comptoir avec 25 minutes d'avance, stress maximal. Check-in fait. Vol décollé à l'heure.
Les bons plans repérés sur place.
Plage de Grande Anse : sable blanc, eau transparente, pas de vendeurs de plage
Restaurant Maryse Créole à Trois-Rivières : calamar à l'étouffée, 14 euros, fréquenté par des locaux uniquement
Distillerie Damoiselle à Capesterre-Belle-Eau : dégustation de rhum vieux 7 ans, 8h30 visite guidée en français
Randonnée Soufrière : 2h aller-retour, fumerolles visibles toute l'année, parking gratuit
Marché matinal de Sainte-Anne : crevettes roses, christophines, départ avant 8h pour éviter la chaleur
Et au final.
La Guadeloupe vaut le détour, surtout si vous aimez l'eau chaude et les petits restaurants locaux. Le rhum agricole est meilleur qu'on l'imagine. Les routes sont parfois un calvaire, les files d'attente à l'aéroport cauchemardesque. Nous reviendrons, mais avec plus de patience.







