Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport Pointe-à-Pitre International à 14 h 30, un mercredi de juillet. Dès la descente de l'avion, l'humidité nous a frappés comme un coup : 32 °C, mais avec cette moiteur collante qu'aucune description n'avait vraiment préparée. À la location de voiture chez Europcar (comptoir hall B), le préposé nous a vendu une assurance surcoûtée de 80 euros pour « les nids-de-poule de l'île » – nous l'avons su trop tard, mais il avait raison : les routes de Grande-Terre sont criblées de trous. Notre hôtel, le Bwa Chik Pointe-à-Pitre, rue Schoelcher, s'est avéré plus bruyant que prévu. À 22 h, la musique du bar du rez-de-chaussée frappait encore nos vitres. Nous sommes sortis explorer la ville à pied, passant devant le marché central (fermé le soir) et la cathédrale de Pointe-à-Pitre. Les rues sentaient l'épice, les gaz d'échappement et quelque chose de sucré qu'on n'arrivait pas à identifier – plus tard, on nous a dit que c'était du rhum agricole s'échappant d'une distillerie locale. Les plages et l'eau turquoise (enfin, presque)Vendredi matin, levés à 5 h 30 pour éviter la foule, nous avons pris la direction de la plage de Sainte-Anne, à 35 km de Pointe-à-Pitre via la RN 5. Sainte-Anne ne valait pas sa réputation d'« île de carte postale » – elle était surtout bondée de catamaran à touristes. En revanche, nous avons trouvé une petite crique discrète juste avant le village, près des rochers. L'eau était chaude, limpide jusqu'à trois mètres de profondeur, puis vert foncé. Le sable était chaud entre les orteils – c'était bon. Nous avons déjeuné au restaurant La Toile Blanche, rue principale de Sainte-Anne : crevettes à l'étouffée (22 euros), salade de fruits de mer (18 euros), et deux Carib fraîches (3,50 euros chacune). La crevette était savoureuse, fondante, mais un peu trop salée. Le serveur, sympathique, nous a conseillé d'aller à Deshaies le lendemain pour des plages « vraiment calmes ». Deshaies et la première grosse galèreNous avons emprunté la route côtière nord (la N2), qui serpente entre les mornes boisés. À Deshaies, village tranquille, nous avons eu un problème : le GPS indiquait plage de Deshaies, mais nous avons roulé pendant 20 minutes sur des routes secondaires où le signal s'est perdu. Un habitant nous a expliqué que le GPS confondait deux plages. Nous avons finalement trouvé la plage principale, près de l'église. C'était plus calme que Sainte-Anne, moins de surfeurs, davantage de pêcheurs. L'eau avait un goût de sel très marqué – nous nous sommes fait une grimace en avalant une gorgée accidentelle. Le soir, restaurant Le Madras à Deshaies : poulet colombo (25 euros, une vraie portion créole, avec riz et haricots rouges), accompagné d'un verre de punch maison. Le colombo était épicé, légèrement sucré, différent des currys indiens qu'on connaissait. Marché et vie locale à Pointe-à-PitreMardi matin, marché central de Pointe-à-Pitre (ouvert 6 h-13 h), rue Frébault. Nous ne nous attendions pas à ce chaos contrôlé : vendeurs de fruits tropicaux alignés sur trois rangées, odeur d'agrumes, de bananes pourries et d'oignons frais qui piquait les yeux. Nous avons acheté des mangues (2 euros les trois), de la papaye (1,50 euro), et des fruits de la passion qu'une vendeuse nous a recommandés. Nous avons mangé les fruits de la passion là, sur place, en versant le jus sucré sur nos doigts – un moment vrai, collant, vivant. Le moment vraiment décevantNous avons réservé une excursion en catamaran vers les îlets à Caravelle pour mercredi. Nous nous sommes présentés au port à 8 h 30. Le capitaine, souriant, nous a dit que le bateau était en « maintenance mineure ». Nous avons dû repousser à jeudi. Nous avons fini par y aller et c'était sympathique (une heure en mer, snorkeling basique, buffet créole moyen), mais nous avions perdu une journée sur nos dix disponibles. Avant de partir, nous avons visité le musée Schoelcher à Pointe-à-Pitre, installé dans une belle maison créole. L'atmosphère était fraîche, bien climatisée, et les collections d'objets historiques valaient l'entrée (5 euros).
Les bons plans repérés sur place.
Plage de Deshaies côté nord : calme, peu touristique, eau turquoise jusqu'à 15 mètres de profondeur
Marché central de Pointe-à-Pitre (6 h-13 h) : fruits tropicaux et ambiance dense, venez tôt
Restaurant La Toile Blanche à Sainte-Anne : crevettes à l'étouffée excellentes, vue sur le lagon
Route côtière N2 vers Deshaies : serpente entre les mornes, paysage montagneux côtier, route étroite mais gratuite
Musée Schoelcher, rue Peynier à Pointe-à-Pitre : maison créole restaurée, fraîche et bien documentée
Et au final.
La Guadeloupe nous a offert ce qu'on cherchait : de l'eau tiède, du poisson frais et une dose de détente. Les plages valent le déplacement si on cherche un peu au-delà des circuits touristiques classiques. En revanche, l'île reste chère pour ce qu'on y consomme, les routes demandent de la vigilance, et les annulations d'activités semblent monnaie courante dans le secteur touristique. Nous repartirions, mais avec un budget plus généreux et moins d'attentes de « perfection ».