Comment ça s'est passé.
On a atterri à l'aéroport Pointe-à-Pitre le 14 février à 18h45, et déjà les premieres odeurs nous ont frappé : mélange de sel marin et d'épices que ça venait de nulle part. L'hôtesse du comptoir Hertz nous a expliqué qu'il fallait prendre la route nationale 1 vers Desharaix, mais pas avant 21h à cause des bouchons. On a loué une Renault Clio blanc cassé pour 180 euros la semaine, ce qui semblait raisonnable. Les premiers jours, on a visité la Pointe des Châteaux au nord, cette formation rocheuse de basalte noir où le vent te casse littéralement les oreilles. J'ai commandé un rhum agricole blanc Bolthé (14 euros la bouteille) dans un petit débit à Morne-à-l'Eau, juste avant, et c'était sec, presque agressif. Complètement différent du rhum ambré. On a dormi à l'hôtel La Creole à Desharaix, 95 euros la nuit en chambre double, petit déj inclus mais franchement limité : pain sec, beurre de mauvaise qualité. Le marché de Basse-Terre et la galère du bus 2On voulait visiter le marché couvert de Basse-Terre un samedi matin. Grosse erreur : on a pris le bus Mobitrans ligne 2 à 6h30 depuis la gare routière de Pointe-à-Pitre. On a attendu 40 minutes. Quarante. Sous une chaleur de 28 degrés dès 6h30 du matin, avec une humidité qu'on pouvait sentir coller à la peau. Le chauffeur a expliqué (en créole, difficilement compréhensible) qu'il y avait un encombrement sur la route côtière. Finalement arrivé à 8h15. Mais le marché, lui, valait le coup. On a mangé des acras de morue chez une vendeur sans nom (elle était juste là avec son réchauffeur à gaz), 2 euros les trois. Croustillants, sel à point. Des bananes-figues, des christophines, des ignames : j'ai jamais vu des trucs comme ça en France. La femme nous a proposé du jus de canne frais pressé à 1,50 euro le verre, sucré et légèrement metallique au goût, presque metal sur la langue. On a aussi acheté du pain-de-mie créole chez Boulangerie Dumont, rue du Commerce, assez dense et miel sucré. Les chutes du Carbet et un moment que j'aurais préféré oublierOn a pris la voiture vers les chutes du Carbet le quatrième jour. C'est un sentier facile, on nous l'avait dit. On a garé la Clio sur le petit parking gratuit à côté du restaurant Le Relais de Carbet. J'ai oublié de fermer à clé. Quand on est revenu deux heures plus tard (rincés de sueur, 32 degrés à l'ombre), les rétroviseurs avaient disparu. Voilà. Les vitres intactes, l'autoradio toujours là, juste les rétroviseurs. La location nous a coûté un supplément de 180 euros. Je pense vraiment qu'il y a des petites combines de vol organisé sur les parkings fréquentés. Mais les chutes elles-mêmes valaient le coup : l'eau froide, vraiment froide, après une montée dans une végétation humide et verte partout. Les sons : l'eau qui gronde en cascade, les animaux qu'on entend mais qu'on voit pas, les cris de ce qui ressemble à des oiseaux noirs. On a déjeuné au restaurant du Relais juste après, un colombo de poulet à 16 euros, généreux, avec du riz blanc et une sauce compliquée qui sentait la coriandre. Les derniers jours : Desharaix et la plage de la Grande AnseLa plage de la Grande Anse, côté Desharaix, c'est là où on a vraiment posé nos affaires les trois derniers jours. Sable blanc, eau turquoise, parasols à la journée pour 8 euros. Un petit bar à cocktails tenu par une fille originaire de Marseille, elle nous a expliqué qu'elle était venue en vacances en 2015 et jamais repartie. Les ti'punch (rhum blanc, sirop de canne, glaçons) à 7 euros, c'était correct mais honnêtement on en trouvait de meilleurs elsewhere. Les couchers de soleil étaient violets et oranges, pas kitch, juste vrais, vers 18h30 chaque jour. On a visité aussi la Maison du Volcan à Morne-aux-Abricots, un petit musée pas extraordinaire mais gratuit, avec des infos sur la Soufrière. La Soufrière elle-même, on a pas pu y monter à cause d'une fermeture pour maintenance des sentiers. Dommage.
Les bons plans repérés sur place.
Marché couvert de Basse-Terre (rue du Commerce) : acras de morue à 2 euros, vendeuse de jus de canne frais
Les chutes du Carbet : eau froide et bruits de jungle, environ 2h de marche, restaurant Le Relais proche
Rhum agricole Bolthé blanc chez un débit à Morne-à-l'Eau : 14 euros, sec et agressif, vraiment caribéen
Plage de la Grande Anse à Desharaix : parasol 8 euros/jour, petit bar Marseille tenu par une expat française
Restaurant Dumont boulangerie rue du Commerce : pain créole au miel, 3 euros environ
Photos — Pointe-à-Pitre et Desharaix
Et au final.
Dix jours, c'est court mais c'était sympa. L'insécurité sur les parkings, l'humidité qu'on oublie aucune seconde, et des bus franchement imprévisibles, c'est la vraie face de la Guadeloupe, pas le dépliant touristique. Mais le rhum agricole, les petits restos de route, les gens, c'était honnête et ça vaut le détour.
