Comment ça s'est passé.
On a décollé de Nantes un mercredi matin sur un vol Volotea à 6 h 40, arrivée à Tenerife Sud vers 11 h. L'air chaud nous a frappés dès la porte de la soute ouverte — une odeur de sel et d'asphalte chauffé que je n'oublierai pas. Première mauvaise surprise : la navette shuttle au départ de l'aéroport était complète, donc taxi pour 35 euros jusqu'à notre Airbnb à La Laguna. Le proprio, José, était cool mais son ascenseur grimpait comme un escargot malade. On a loué une Peugeot 208 à 120 euros les 10 jours chez Enterprise. Première vraie journée, direction le Teide. On a quitté la guesthouse à 5 h 15 — noir complet — pour voir le lever du soleil au-dessus des nuages depuis La Orotava. La route du nord grimpait sec, 2 500 mètres d'altitude et l'air qui fraîchit d'un coup. Au parc national du Teide, pas de parking avant 9 h 30, c'était blindé. On a payé 20 euros par personne pour entrer, puis on a grimpé jusqu'à Pico Viejo, 3 heures de marche sur de la roche volcanique grise qui crissait sous les chaussures — vraiment étrange comme sensation. Déjeuner de miettes et d'eau à midi. À La Laguna même, on a mangé chez Casa del Vino le jeudi soir : mojo rojo avec papas arrugadas, 14 euros les deux plats. Le mojo — cette sauce rouge à base de piment, ail et coriandre — m'a rassuré sur la bouffe locale, contrairement à ce qu'on dit. La vieille ville avec ses maisons coloniales bleues et jaunes, les ruelles montantes, c'était calme vers 18 h 30. Mais le dimanche matin, même endroit, les bus touristiques crachaient leurs grappes de gens. On est vite partis. Mercredi, malaise. On voulait descendre à Icod de los Vinos pour le Drago Milenario, cet arbre énorme. Mais la route était fermée suite à un accident — panneau détruit, aucune indication claire. On a demandé à trois habitants, réponses différentes à chaque fois. On a perdu 2 heures. Quand on est finalement arrivés au Drago, l'entrée était à 8 euros par personne et l'arbre se cachait derrière des bambous. Déception totale. L'arbuste était impressionnant, mais franchement, pas fou pour le temps investi. Puerto de la Cruz, le jour d'après : on a garé la voiture au-dessus du port et on a marché vers la plage du Martiánez. L'eau était fraîche — 18 degrés à peine — pas idéal pour la baignade. Mais on a trouvé un petit resto face à la mer, El Patio, où un verre de Dorada (bière locale) coûtait 2,50 euros. Le patron nous a parlé de son fils parti en métropole, histoire de vie locale qu'on n'aurait pas entendue ailleurs. On a passé 2 h là à regarder les touristes suédois en maillot de bain à 11 °C. Samedi, on a pris le bus 14 pour Santa Cruz — compagnie Titsa, 3,50 euros l'aller. Le trajet était foireux, le chauffeur a klaxonné toute la ligne, les gens montaient et descendaient n'importe où. Mais on a vu les hauteurs de la capitale, les HLM grises, les vraies Canaries sans apprêt touristique. Musée de la Nature et d'Archéologie — gratuit le samedi après 15 h — on y a traîné 1 h 30, squelettes de Guanches et céramiques. Rien de fou non plus. Resto miteux en bas de la cathédrale, potage canario et crustacés grillés : 18 euros. Ça goûtait l'iode et le vieux commerce. Dernière journée, on a trainé à Garachico. Les piscines naturelles formées par le refroidissement de la lave — on a sauté dedans à 14 h 30, l'eau était presque douce, 20 degrés peut-être. Petit moment vrai : on était deux en même temps avec une fille espagnole qui apprenait à nager. Elle riait, on riait, aucun mot échangé. Café au lait et Ensaimada dans une pâtisserie quelconque juste avant le départ : 3,80 euros. L'Ensaimada était sucré à mort et pâteux, mais c'était ça, les Canaries.
Les bons plans repérés sur place.
Pico Viejo au parc du Teide : vue du lever de soleil depuis La Orotava, marche sérieuse sur la roche volcanique, prévoir l'eau
Casa del Vino à La Laguna : mojo rojo et papas arrugadas, 14 euros, resto local sans charme mais bouffe honnête
Garachico et ses piscines naturelles : eau tiède, moins foule qu'Icod, petit resto face à la mer, 2,50 euros la bière
Route nord vers Puerto de la Cruz : paysages verts et côtier, pas besoin de grosse touristerie, El Patio pour regarder l'océan
Bus Titsa n°14 Santa Cruz : galère mais vrai contact avec la vie quotidienne de l'île, pas de tourisme de pacotille
Photos — Tenerife
Et au final.
Tenerife m'a pas bouleversé mais je reviendrais, surtout pour les randos volcaniques et le calme de certains coins hors-saison. Les trucs touristiques géant (Drago, certaines plages) sont survendus — faut chercher à côté. La nourriture locale c'est correct, juste faut pas trop en attendre. Dix jours, c'est bon pour explorer sans hâte, même si le premier week-end était bien trop touristique.








