Comment ça s'est passé.
On a décidé de poser nos valises à Tenerife en mars, période où les prix baissent enfin après le rush touristique. Arrivée à l'aéroport nord (Aeropuerto de Los Rodeos) vers 14 h, on a loué une voiture chez Europcar — grosse erreur administrative : le document de location était en espagnol, personne pour expliquer les clauses. Trois heures plus tard, on roulait vers Puerto de la Cruz. Les premières impressions : une odeur de pin et de sel marin mélangée qui s'intensifiait au fur et à mesure qu'on descendait vers la côte. Température agréable, 22 °C, mais le vent soufflait fort. On s'est arrêtés au marché de Puerto de la Cruz, plutôt un centre commercial qu'un vrai marché. J'ai mangé une papas arrugadas (petites pommes de terre ridées) avec mojo rojo au bar Casa de Miranda : 8 euros, correct mais pas transcendant. Le goût rappelle la patate douce, légèrement salé, accompagné d'une sauce pimentée un peu trop sucrée. Les premières nuits et la route vers le sudOn a choisi l'hôtel San Felipe à Puerto de la Cruz, trois étoiles, 65 euros la nuit. La chambre sentait l'humidité — un problème courant aux Canaries paraît-il. À 5 h 30, j'ai voulu voir le lever du soleil depuis la promenade de la ville. J'étais seul, c'était gris, brumeux, aucun spectacle. Déception personnelle : j'avais imaginé quelque chose de plus dramatique. Le deuxième jour, direction le sud. La route TF-21 puis l'autoroute TF-5 vers Tenerife sud : trois heures de trajet. On s'est arrêtés à Los Cristianos, station balnéaire très touristique. La plage noire (volcanisme) change vraiment de la Méditerranée. On a bu un cortado (petit café) chez Kiosko Manuel, prix local sans arnaque : 1,50 euro. La température de l'eau : 18 °C. On n'a pas baigné. Playa del Duomo et le moment fortOn a pris un bus local (ligne 487, Titsa) pour rejoindre Playa del Duomo. C'est là qu'on a vraiment senti la différence avec le tourisme de masse. Une petite crique avec du sable noir, des rochers volcaniques, un silence surprenant. On y a passé trois heures. J'ai mangé une paella au restaurant La Vaqueria en première ligne (16 euros) : riz bien cuit, moules fraîches, le goût du safran très présent. C'est un moment qu'on a mémorisé. Pas de selfies en masse. Pas de musique commerciale. Juste le bruit des vagues et des gens qui discutaient tranquillement. La galère du jour : le bus de retour était en retard de 45 minutes. Un passager a expliqué que c'était normal « en hors-saison ». On a attendu en faisant la conversation avec une retraitée allemande qui vivait là depuis 20 ans. Ascension du Teide et déception partielleJournée 4 et 5 : parc national du Teide. On a pris une navette depuis Los Cristianos, 45 euros par personne. En montant, la température a dégringolé. À 2 000 mètres, il faisait 10 °C. En haut (3 500 m), c'était 4 °C, le vent glaçait. Le paysage lunaire du parc existe bien : pierre rouge, cramoisi, gris. On a marché le sentier Telesforo Bravo, 45 minutes, assez facile. Mais là, déception majeure : trop de monde. Des centaines de touristes. Des sacs plastiques abandonnés. Des gens qui prenaient des photos avec des drones alors que c'est interdit. L'expérience « nature préservée » s'est diluée. On a mangé un sandwich au refuge du parc : 14 euros pour du fromage et jambon sous-emballé. Le vent était tel qu'on pouvait à peine rester debout une minute sans veste. Retour et soirées localesLes deux derniers jours : Puerto de la Cruz, tavernes locales. On a découvert Bar Las Goteras, fréquenté par des gens du coin, pas de touristes visibles. Ron miel (rhum au miel canari) à 4 euros le verre. Les locaux jouaient aux dominos. On a mangé des quesos de freír (fromages frits) : salé, caoutchouteux, peu rafiné mais honnête. Conversation avec un serveur qui a grandi ici : les prix ont explosé depuis cinq ans, beaucoup de jeunes partent pour la péninsule. La navigation en voiture reste cauchemardesque. Les routes sont étroites, sinueuses, beaucoup de motos. Un jour on a dû rebrousser chemin parce qu'une portion était fermée (travaux imprévus). Pas de signalisation claire. Deux amendes non méritées pour stationnement contestable.
Les bons plans repérés sur place.
Playa del Duomo : petite crique avec sable noir, restaurant La Vaqueria en primera línea, 16 euros la paella
Parc national du Teide : randonnée Telesforo Bravo, paysage lunaire rouge/gris, accès par navette depuis Los Cristianos
Bar Las Goteras à Puerto de la Cruz : dominos avec locaux, ron miel à 4 euros, quesos de freír salés
Mercado de Puerto de la Cruz : moins touristique qu'on le craignait, papas arrugadas avec mojo rojo chez Casa de Miranda
Route TF-21 vers le sud : trois heures de trajet en voiture, étroite et sinueuse, ne pas conduire stressé
Photos — Tenerife (nord et sud)
Et au final.
Tenerife, c'est hétérogène. Les endroits vraiment touristiques (Teide, Puerto de la Cruz) sont saturés et chers. Les petites criques, les villages côtiers, les conversations dans les bars locaux : voilà le vrai intérêt. On repartirait, mais moins longtemps et avec une voiture de location plus compacte. Le climat tropical m'a moins séduit que prévu — trop venté, pas assez chaud.
