Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport Roland Garros le 15 mars à 14 h 30, après 11 heures de vol avec Air Austral. Chaleur moite immédiate en sortant de l'avion, 28 °C et 85 % d'humidité selon l'affichage à la sortie. Location de voiture chez Hertz (compté 45 euros la journée), et cap sur Saint-Denis en 45 minutes par la RN1. Les trois premiers jours, nous avons posé nos affaires à l'hôtel Mercure Créolia, un 3 étoiles tranquille rue Maréchal Leclerc. Petit-déjeuner buffet à 12 euros, acceptable mais sans surprise. La vraie découverte s'est faite à pied : le street art du quartier de la Mouche nous a percutés dès le jeudi matin. Murs entiers peints par des artistes locaux, tags sophistiqués, pochoirs de visages géométriques. Odeur de peinture aérosol mélangée à celle des poubelles de la ruelle, humidité collante. Nous avons traîné 90 minutes à prendre des photos, à demander des noms à des habitants qui trainaient dehors. Samedi, marché forain du Barachois : étals de fruits tropicaux, brochettes de poisson grillées à 3 euros pièce, jus de canne frais pressé (1 euro 50) glacé qui m'a sauvé du coup de chaleur vers midi. Le bruit des vendeurs qui crient les prix, la musique reggae sortant des petits radios, une bousculade pour les derniers ananas à 2 euros le kilo vers 12 h 30. J'ai failli me faire voler mon portefeuille — moment de panique absolu — mais un vendeur de fruits m'a signalé un mec qui rôdait. Galère authentique. Le lundi, nous avons pris la route pour le Piton de la Fournaise. Route de montagne tordue (RN3, puis RN5), 2 heures de trajet. Nous nous sommes arrêtés à Cilaos, petit bourg d'altitude à 1 200 mètres. Température chutée à 18 °C — véritable secousse après la côte. Restaurant Le Dodo Roti, plat local de lentilles corail et riz : 14 euros, portion généreuse. Visite du Gîte du Piton des Neiges pour l'acclimatation. Mardi matin, levé à 5 h 30 pour partir vers le Pas de Bellecombe, le point d'observation du volcan. Route encore plus raide, paysage lunaire : coulées de lave grise, végétation rabougrie, pas un bruit sauf le vent. Arrivée à 8 h 15. Le soleil se levait sur le cratère (visible via les jumelles), et franchement, même sans épithète vague, c'était l'une des choses les plus bizarres que j'aie vues : une cicatrice énorme dans la terre, fumant légèrement, roches noircies. Froid vif, respiration difficile à cause de l'altitude (2 600 m). Nous avons randonnée jusqu'au bord du cratère Dolomieu pendant 3 heures. Retour à Saint-Denis jeudi via Saint-Benoît. Jeudi et vendredi, détente plage. Nous avons loué un petit bungalow à Saint-Gilles-les-Bains (30 euros la nuit chez un particulier sur Airbnb). Plage du Roches Noires, sable noir volcanique, eau à 26 °C. Aucune caresse du vent, juste le soleil tapant vertical. Repas chez la Saline, petit resto informel près du lagon : salade de papaye verte, brochettes de requin marteau, riz blanc. 16 euros pour deux. Une autre salle proposait du rhum arrangé à la vanille de Madagascar (8 euros le verre) — goût sucré-boisé légèrement étouffant. Les vendeurs ambulants passaient toutes les 10 minutes avec des paniers de noix de coco à boire, des bijoux en corail synthétique. Samedi : retour à Saint-Denis, visite du musée de la photographie (entrée 5 euros, fermé à 16 h 30 — nous y sommes arrivés à 16 h 15, déception). Dîner chez Chez Mathurine, restaurant créole haut de gamme rue Maréchal Leclerc. Cari de langoustine, 22 euros. Saveur riche, goût salé-sucré équilibré, viande tendre. Atmosphère de touristes français aisés, un peu trop lisses pour mon goût. Dimanche : vol de retour à 16 h 30 avec Air Austral. Attente à l'aéroport, achats de souvenirs au prix touristique.
Les bons plans repérés sur place.
Marché du Barachois, Saint-Denis : jus de canne frais pressé à 1 euro 50, brochettes de poisson grillées, mercredi-samedi
Piton de la Fournaise, observation du cratère Dolomieu : randonnée vers le bord à 2 600 m, lever de soleil, route RN5
Street art du quartier de la Mouche, Saint-Denis : murs peints par artistes locaux, rue Maréchal Leclerc
Plage du Roches Noires, Saint-Gilles-les-Bains : sable noir volcanique, eau chaude, brochettes de requin à 16 euros
Restaurant Chez Mathurine, rue Maréchal Leclerc : cari de langoustine, 22 euros, atmosphère créole haut de gamme
Photos — Saint-Denis / Plaines des Cafres
Et au final.
Dix jours bien remplis. Nous avons vu un vrai volcan, mangé des choses savoureuses, senti l'humidité tropicale dans les poumons. Reste que certains coins touristiques de Saint-Denis manquent d'une vraie âme — beaucoup de petits commerces en déclin, façades décrépites. Et l'arnaque au portefeuille du Barachois m'a laissé un goût amer. Mais c'est un bon compromis pour une escapade lointaine sans trop d'organisation.
