Dix jours à Riyad et Al-Ula : entre modernité vertigineuse et ruines millénaires
CarnetArabie Saoudite202610 jours

Dix jours à Riyad et Al-Ula : entre modernité vertigineuse et ruines millénaires

On s'est levés à 4 h 30 du matin le premier jour, cassés par le décalage horaire de quatre heures. L'hôtel Rosewood Riyad proposait une vue sur les gratte-ciel du quartier d'al-Nuzha, mais on n'a pas eu le cœur de…

MA
Publié le · mis à jour le
10 jours4/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

On s'est levés à 4 h 30 du matin le premier jour, cassés par le décalage horaire de quatre heures. L'hôtel Rosewood Riyad proposait une vue sur les gratte-ciel du quartier d'al-Nuzha, mais on n'a pas eu le cœur de l'admirer en grelottant avec un café au goût de chicorée brûlée servi à 5 h dans le salon de l'établissement. Température extérieure : 38 degrés même à cette heure matinale. Premier choc : Riyad n'est pas ce qu'on attendait. Pas de chaos, pas d'exotisme kitch, juste des avenues rectilignes, des centres commerciaux climatisés à outrance, et des Saoudiens en abaya noire qui regardaient nos jambes découvertes avec un mélange de pitié et de réprobation. On a marché deux kilomètres depuis la sortie du métro Riyadh Metro (ligne Rouge, arrêt Olaya) pour rejoindre le restaurant Nora, où on a commandé un shawarma agneau (45 SAR, soit environ 12 euros) et des hummus avec pain pita fait maison. L'odeur de cumin et de viande rôtie à la broche nous a ramené à la vie. Le souk Al-Zal, première galère culturelleMercredi matin, on a pris un taxi Uber vers le souk Al-Zal, le vieux marché aux épices de Riyad. Trois hommes nous ont proposé du khat dans une ruelle, un Français à côté de nous s'est fait légèrement agresser verbalement pour avoir filmé une femme voilée. Le marchand d'or nous a engueulé parce qu'on n'achetait rien. C'est le genre de moment où on réalise qu'on n'est vraiment pas bienvenu partout, même en tant que touriste payant. On s'est sentis observés, jugés. Franchement, c'était inconfortable et on n'a pas traîné. Mais le détail qui nous a marqués positivement : une femme saoudienne en burqa bleu électrique s'était arrêtée devant un étalage de maquillage pour essayer un rouge à lèvres écarlate en cachette, en riant avec son amie. Juste ce petit moment de rébellion tranquille a humanisé l'endroit. Vol vers Al-Ula, le moment de grâceLe vol Saudi Arabian Airlines (numéro SV 312, décollage Riyad 14 h 05, arrivée Al-Ula 15 h 15) nous a transportés en 70 minutes vers un site qu'on n'oubliera pas. Al-Ula, c'est moins une ville qu'une vallée rocheuse entourée de formations géologiques qui ressemblent à des cathédrales érodées. On a loué une jeep auprès de la plateforme Almosafer (850 SAR pour deux jours, avec chauffeur) et c'est là qu'on a eu notre moment vraiment fort du voyage. On s'est arrêtés avant le coucher du soleil aux ruines de Dadan, une cité nabatéenne abandonnée depuis 2 000 ans. La couleur du grès passait du rouge brique au violet aubergine en deux heures. La température était tombée à 28 degrés. L'air sentait la pierre chaude et la poussière minérale. On a marché entre les tombes royales creusées dans la roche et on s'est assis en silence pendant 45 minutes. Pas de foule, pas de vendeurs agressifs, juste nous et l'immensité. Restau malchanceux et découverte tardiveÀ Al-Ula, on a essayé le restaurant al-Khaimah du resort Habitas Al-Ula le deuxième soir. Le buffet affichait 150 SAR par personne. Les plats étaient tièdes, la viande trop cuite, les dates farcies à la pistache étaient les seules choses comestibles. On a payé la facture sans broncher mais c'était clairement la pire expérience gastronomique du séjour. À côté, on a trouvé une petite gargote locale sans enseigne (repérée grâce à un chauffeur de taxi) qui proposait de la kapsa, un plat de riz et agneau à 28 SAR. C'était simplement excellent. Le dernier jour, on a visité Madain Salih, le site archéologique majeur, avec ses façades nabatéennes taillées à même la montagne. Là aussi, on a eu un instant d'émotion brute en voyant ces portes de tombes ornées de motifs géométriques, pas un touriste à l'horizon hormis quatre Allemands. Retour à Riyad, les doutesOn a repris un vol de retour le dimanche matin. Al-Ula nous a changés mais Riyad nous a laissés perplexes sur la place qu'on pouvait occuper là-bas. Les femmes expatriées qu'on a rencontrées au bar de l'hôtel (oui, il y a un bar clandestin pour les touristes) nous ont expliqué les complications du système de parrainage, les restrictions, la censure ordinaire des réseaux sociaux. Ce voyage n'a pas eu l'effet lissant, apaisé qu'on attendait.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Ruines de Dadan (Al-Ula) : se lever à 16 h 30 pour le coucher de soleil, les façades du Ier siècle av. J.-C. deviennent violettes

2

Restaurant de brochettes sans nom (souk Al-Zal, Riyad) : kapsa pour 28 SAR, agneau fondant, riz à la cardamome, goût authentique

3

Madain Salih : site archéologique avec neuf tombes nabatéennes monumentales creusées dans la montagne, accès 50 SAR, peu fréquenté

4

Métro Riyadh Metro (ligne Rouge) : trajet Olaya vers le centre-ville, environ 6 SAR, climatisation glaciale, stations ultramodernes

5

Lever du soleil depuis le Rosewood Riyad : terrasse panoramique, café ordinaire à 35 SAR, vue sur la skyline de gratte-ciel

Conclusion

Et au final.

L'Arabie Saoudite nous a offert des paysages visuels et des moments de silence qu'on ne connaissait pas. Al-Ula vaut vraiment le coup pour qui aime l'archéologie et la géologie. Mais Riyad reste une ville froide, contrôlée, où on ne se sent jamais totalement à l'aise en tant que touriste occidental. On repartirait pour Al-Ula, pas pour la capitale.

En résumé

Avis Riyad et Al-Ula : carnet de voyage de 10 jours par marievoyages82

Destination
Riyad et Al-Ula
Pays
Arabie Saoudite
Durée
10 jours
Période
août · Été
Note du voyageur
4/5
Voyageur
@marievoyages82
L'essentiel

Riyad et Al-Ula en bref

Pourquoi choisir Riyad et Al-Ula

  • Sites archéologiques nabatéens spectaculaires intacts depuis 2 000 ans
  • Formations géologiques uniques en grès rouge violet au coucher de soleil
  • Faible densité touristique permettant une immersion authentique en silence
  • Infrastructure de transports modernes (métro, vols domestiques rapides)
  • Gastronomie locale diversifiée avec excellents rapports qualité-prix

Pour qui ?

  • Archéologues et passionnés d'histoire antique nabatéenne
  • Photographes de paysages désertiques et géologiques
  • Voyageurs en quête de solitude et de silence contemplatif
  • Couples acceptant les frictions culturelles pour l'immersion
  • Explorateurs des sites UNESCO peu fréquentés

À éviter si…

  • Vous cherchez un environnement culturel totalement accueillant envers les touristes occidentaux
  • Vous ne supportez pas les climats extrêmes au-delà de 38 degrés
  • Vous refusez toute adaptation vestimentaire aux normes locales
  • Vous attendez une gastronomie uniforme et de qualité garantie partout
À découvrir aussi
Quartier Al-Nuzha (Riyad)Riyadh Metro Ligne RougeSouk Al-ZalDadan (cité nabatéenne)Madain Salih (site archéologique UNESCO)Habitas Al-Ula (resort)Vallée d'Al-UlaFormations rocheuses du HegraAéroport international de RiyadAéroport régional d'Al-UlaChaîne de montagnes de l'Asir (proximité)Désert du Rub al Khali (proximité)
Questions fréquentes

FAQ — Riyad et Al-Ula

Quel est le meilleur moment pour visiter Riyad et Al-Ula ?

D'octobre à mars, quand les températures baissent. Le récit mentionne 38 degrés à 4h30 du matin et 28 degrés à Al-Ula en fin d'après-midi, ce qui indique un climat extrême en été. L'hiver saoudien reste agréable pour l'exploration archéologique.

Comment se déplacer à Riyad ?

Le Riyadh Metro (ligne Rouge avec arrêt Olaya) et Uber sont les principaux moyens de transport mentionnés. Depuis la gare, il faut compter environ deux kilomètres à pied pour rejoindre le centre-ville. Les taxis sont aussi disponibles mais moins fiables pour les touristes.

Combien coûte un vol Saudi Arabian Airlines entre Riyad et Al-Ula ?

Le vol SV 312 dure 70 minutes. Le récit ne précise pas le prix du billet, mais les repas locaux coûtent 28 à 150 SAR. Une jeep avec chauffeur via Almosafer coûte 850 SAR pour deux jours.

Que faut-il visiter absolument à Al-Ula ?

Les ruines de Dadan (cité nabatéenne vieille de 2 000 ans) et Madain Salih, site archéologique majeur avec façades taillées dans la montagne et portes de tombes aux motifs géométriques. Ces sites offrent peu de foule et une immersion profonde.

Quels sont les bons restaurants à Riyad ?

Le restaurant Nora propose d'excellents shawarma d'agneau (45 SAR) et hummus maison. À Al-Ula, éviter les buffets haut de gamme comme al-Khaimah au resort Habitas (150 SAR) et préférer les petites gargotes locales offrant kapsa authentique (28 SAR).

Faut-il se préparer au décalage horaire ?

Le décalage avec l'Europe est de quatre heures. Le récit rapporte un réveil difficile à 4h30 le premier jour. Prévoir 24-48 heures d'adaptation et ne pas surcharger l'itinéraire initial.

Quel type de tenue vestimentaire adopter ?

À Riyad, les jambes découvertes attirent l'attention négative selon le récit. À Al-Ula, moins de pression sociale, mais un respect des coutumes locales (voile ou pantalon) facilite l'immersion sans jugement.

Y a-t-il des lieux souks authentiques à Riyad ?

Le souk Al-Zal est le vieux marché aux épices, mais le récit rapporte une expérience inconfortable avec des marchands agressifs et une ambiance peu accueillante pour les touristes. L'expérience reste à nuancer selon la sensibilité du voyageur.