Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport Nikola Tesla de Belgrade un dimanche matin à 7h30, après un vol Air Serbia depuis Paris-Orly. Le taxi jusqu'à notre hôtel Boutique Hotel Nox, situé dans le quartier de Dorćol, nous a coûté 1200 dinars (environ 10 euros). La route était vide, les immeubles gris encore endormis. Je me souviens de l'odeur du café torréfié qui s'échappait d'une petite rôtisserie fermée rue Kneza Mihaila. Les trois premiers jours à Belgrade nous ont usés plus que prévu. Nous nous étions fixé un rythme de touristes hyper-actifs : Forteresse de Kalemegdan le matin (entrée gratuite, juste la fatigue des 200 marches), puis le Musée Nikola Tesla (450 dinars par personne, c'était fermé parce que c'était lundi), ensuite Skadarlija pour manger. On s'était trompés sur les horaires et ça nous a vraiment énervés. À Skadarlija justement, nous avons mangé une pljeskavica (sorte de hamburger serbe) chez Dva Jelena pour 320 dinars, c'était gras, copieux, les murs étaient couverts de photos jaunes de musiciens des années 1980. L'atmosphère était bien réelle, loin de la nostalgie de carte postale : juste des gens qui mangeaient bruyamment, des serveurs un peu brusques. Le moment le plus difficile a été mercredi soir. Nous avions réservé une visite guidée en bateau sur le Danube (35 euros par personne) via une agence de Terazije. Le bateau n'est jamais venu. Nous avons attendu 45 minutes sous une pluie froide et grasse. L'employé de l'hôtel nous a dit que c'était un malentendu avec l'horaire, que c'était notre faute, qu'il y avait plusieurs départs. Nous n'avons pas eu de remboursement. Ç'a été notre seule vraie galère. Nous avons pris le train de 6h45 depuis la Gare de Beograd-Centar pour Novi Sad (un trajet de 1h15, 400 dinars en classe 2). La ligne longe des champs brun-gris, des petites gares abandonnées. À Novi Sad, nous avons dormi à l'hôtel Garni Brankov Breg, vue sur le Danube depuis la chambre 204, très simple mais propre (40 euros la nuit). Nous avons passé deux jours entiers à Novi Sad. La Forteresse de Petrovaradin s'élève directement au-dessus du fleuve, et en montant les escaliers de pierre au coucher du soleil, l'eau prenait une teinte rose-gris. Ça valait vraiment le coup juste pour ça. Nous avons déjeuné dans un restaurant un peu perdu appelé Dunavski Raf (je l'ai trouvé par hasard en marchant), où un monsieur nous a servi un čorba (soupe) et du poisson grillé pour 550 dinars au total. La soupe sentait le persil frais et le paprika, c'était chaud et réconfortant. Nous avons aussi visité le Musée Contemporain de Vojvodina à Novi Sad, installé dans un bâtiment des années 1970 assez moche. L'entrée coûtait 250 dinars. Les expos étaient franchement correctes mais ne m'ont pas marquée particulièrement. Retour à Belgrade vendredi après-midi en minibus partagé (10 places, environ 500 dinars par personne, arrêt rue Kneza Miloša). Nous avons dormi une nuit de plus à Nox, puis exploré le marché Zeleni Venac un samedi matin vers 8h. Les vendeurs criaient les prix des fruits, les odeurs de tomate écrasée et de menthe se mélangeaient. Nous avons acheté des framboises (250 dinars le kilo) et du fromage blanc Pavlaka. Les nuits à Belgrade nous ont épuisés pour une bonne raison : la vie nocturne est omniprésente et très bruyante. Notre hôtel était près de plusieurs kafanas (bars traditionnels) et la musique live continuait jusqu'à 2-3h du matin tous les jours. Nous avions payé pour une chambre calme, les parois étaient très fines. Après trois nuits sans vraiment dormir, nous avons décalé notre visite et choisi de passer plus de temps en retrait, dans des cafés en journée. Le trajet retour via Wizz Air à 6h du matin (départ à 5h45 depuis l'aéroport, trajet en taxi 1300 dinars) nous a définitivement fatigués. Mais ça, c'est la faute de nos choix de vols.
Les bons plans repérés sur place.
Forteresse de Petrovaradin (Novi Sad) : montée au coucher du soleil, vue imprenable sur le Danube depuis le bastion ouest
Restaurant Dva Jelena (Skadarlija, Belgrade) : pljeskavica grasse, murs avec affiches vintage, vraiment local
Marché Zeleni Venac (Belgrade) : samedi matin vers 8h, fruits frais, fromage Pavlaka, vendeurs qui crient les prix
Train Beograd-Centar vers Novi Sad : 1h15 à 400 dinars, wagon presque vide, paysage rural calme
Musée Nikola Tesla (Belgrade) : tarif 450 dinars, mais vérifier les horaires d'ouverture avant d'y aller
Photos — Belgrade et Novi Sad
Et au final.
La Serbie nous a donné une semaine dense et un peu épuisante. Belgrade vaut vraiment le coup mais demande à être prise en doses étudiées, pas en sprint de trois jours. Novi Sad m'a plus apaisée. Si c'était à refaire, je prendrais un hôtel en périphérie et j'allongerais le séjour à deux semaines pour vraiment respirer.
