Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport Nikola Tesla de Belgrade un mardi matin vers 8 h 30, après un vol Air Serbia depuis Paris. Le chaos des files de douane m'a rappelé pourquoi je déteste les petits aéroports, mais bon, c'était attendu. Le bus 72 nous a menés jusqu'à Terazije en 45 minutes pour 150 dinars par personne. L'hôtel Balkan, rue Prizrenska, s'est avéré être une vraie découverte : chambre étroite mais propre, petit déj' de pains maison (vraiment, pas du surgelé), et une propreté surprenante pour le prix (45 euros la nuit). C'est un vieux bâtiment des années 70 qui sent encore la cigarette froide, impossible à aérer complètement. Notre première soirée, on a trainé à Knez Mihailova, la rue piétonne principale. Les bars étaient déjà pleins à 20 h. Nous avons mangé au restaurant Mala Fabrika : cevapcici (brochettes de viande hachée) pour 380 dinars, rakija locale gratuite en apéritif, et une atmosphère bruyante mais vivante. Les Belgraders parlent fort. Très fort. Jour 3 a été celui où tout a changé. Nous avions planifié une visite aux fortifications de Kalemegdan, mais nous nous sommes perdus en prenant le mauvais bus. Au lieu de cela, nous avons découvert le marché Kalenić, en bas de Terazije. L'odeur des tomates fraîchement coupées, du fromage blanc local (kajmak), des épices que nous ne reconnaissions pas : c'était étouffant, délicieux, un peu trop réel. Un homme vendait des cerises à 200 dinars le kilo et insistait pour qu'on goûte avant d'acheter. Ces petites cerises ont un goût sucré et acide à la fois, complètement différent de celles de France. On en a acheté un kilo et les avons mangées en marchant. Kalemegdan lui-même, on l'a fait le lendemain. Les fortifications datent du 15e siècle, les murs sont gris, érodés, pas spectaculaires visuellement, mais on sentait le poids de l'histoire. Vue sur la confluence du Danube et de la Save, des enfants jouaient au foot sur les pelouses. Entrée gratuite. Nous avons croisé des groupes scolaires serbes qui criaient en montant les escaliers de pierre. Nous avions réservé une excursion en bateau sur le Danube pour le jour 5. La compagnie Danube Tours (départ quai Spanskih boraca) proposait une croisière de 4 heures pour 1200 dinars. Le bateau s'appelait Balkan Star, très touristique, avec des haut-parleurs crachotants qui débitaient l'histoire du fleuve en anglais cassé. Un moment rasant, franchement. Cependant, entre Zemun et New Belgrade, nous avons vu des hérons gris que notre guide a à peine remarqués. Les berges sont moins aménagées qu'on pourrait le croire : beaucoup de friches, des chantiers abandonnés, des petits restaurants de fortune sur pilotis. La galère du voyage : le jour 6, nous avons voulu prendre un taxi depuis le centre vers le quartier de Voždovac. Le chauffeur a refusé de mettre le compteur et a demandé 40 euros pour 15 minutes de trajet. Après des cris (nous avons crié plus fort que les Belgraders, exploit rare), il nous a laissés descendre à mi-chemin. Nous avons pris un Uber à la place, 280 dinars pour le même trajet. Moralité : Uber plutôt que les taxis de rue. Le musée du Nikola Tesla, rue Mihaila Milojevica, est incontournable pour les fans de science, moins pour les autres. Entrée 300 dinars. Tout est en anglais, peu d'explications en français. Des ampoules anciennes, des bobines, des photos. Ça sent la vieille poussière de musée. Nous y avons passé 90 minutes parce que nous voulions vraiment comprendre, mais beaucoup auraient expédié ça en 30 minutes. Nous avons pris un train local jusqu'à Zemun, ville-forteresse à 15 km au nord, pour une journée. La gare de Belgrade Dunav (c'est une petite gare moins connue que la gare centrale) avait un prix de 150 dinars l'aller simple. Zemun sent l'Autriche, c'est bâti en montée, avec des rues étroites pavées. Le restaurant Dunavski Raj servait un poisson grillé du Danube (somun) pour 680 dinars. Excellente décision. La montée à la Forteresse de Gardoš, avec ses 176 marches, nous a donné des vues sur le Danube qu'on oublie pas. La température était montée à 28 °C ce jour-là, et en haut, on sentait le vent froid du fleuve, une pause bienvenue. Nous avons raté le quartier de Skadarlija (réputé touristique mais nous n'avions pas assez de temps). Nous avons passé deux nuits dans des petits bars de Dorćol à essayer différentes rakijas : plum brandy, apricot brandy, le classique rakia blanche. C'était beaucoup trop d'alcool pour nous deux, mais c'était sympa de voir comment ça se déguste, par petits verres, avec du pain et du fromage.
Les bons plans repérés sur place.
Kalenić Market : arriver tôt (vers 7 h) pour le kajmak frais et les tomates locales vendues par des femmes du village
Fortifications de Kalemegdan : gratuit, vue sur la confluente Danube-Save, moins foule en semaine avant 14 h
Restaurant Mala Fabrika rue Knez Mihailova : cevapcici à 380 dinars, alcool gratuit, l'atmosphère qu'on attend
Bateau Danube Tours : à ne pas rater malgré le côté touristique, les hérons gris valent le coup
Monter à pied à la Forteresse de Gardoš à Zemun : 176 marches mais vraiment la vue du jour
Photos — Belgrade
Et au final.
Belgrade nous a surpris par son énergie, pas par sa beauté architecturale. C'est une ville de contrastes : très vibrant le soir, un peu gris de jour. Dix jours, c'était bien, peut-être trop. Nous aurions aimé plus de temps pour le Danube amont et les régions rurales. Le rapport qualité-prix des repas et des nuits est réel, mais le tourisme commence à le rattraper.








