Comment ça s'est passé.
Arrivée à 7h45 à l'aéroport de Nikola Tesla avec un retard de deux heures. Le bus 72 qui devait nous mener vers le centre ne passait que toutes les 45 minutes. Nous avons attendu sous une pluie froide, les mains gelées, avant de monter dans un véhicule bondé sentant l'humidité et le diesel. Première leçon : en Serbie, les horaires sont plus des suggestions. L'hôtel Naissus à Kneza Mihaila s'est révélé accueillant malgré ses escaliers étroits. La chambre coûtait 45 euros par nuit, petit déjeuner inclus. Dès le premier soir, nous avons descendu la rue piétonne jusqu'à la forteresse de Kalemegdan. Le soleil descendait sur le Danube et la Save, teintant le ciel en orange pâle. C'était 18h30, la température avait chuté à 8 degrés. Les jours du chaos routinier Lundi matin, décision de louer un vélo près de Dorćol pour explorer les berges. Le loueur m'a fait payer 500 dinars (4,20 euros) pour la journée, puis m'a menti sur l'état des freins. Le pneu avant a crevé à 11 kilomètres du point de départ, en plein pont sur le Danube. Moment très frustrant. Un passant local, Dragan, s'est arrêté et m'a aidée à le réparer avec un kit de fortune. Il m'a invitée à déjeuner au Tri Šešira, un restaurant traditionnel caché dans Semedreja. Ćevapi grillés, deux portions, feta fraîche, 650 dinars (5,50 euros). La viande fumait encore, le goût était salé et poivré, les oignons crus mordaient. J'ai passé mardi et mercredi à explorer les musées. Le Musée de la Yougoslavie, situé dans l'ancien Palais de la Fédération, m'a frappée par l'absurdité surréaliste des salles. En montant l'escalier, une odeur de moquette ancienne et de poussière historique. Les cadeaux d'État offerts à Tito — un zèbre empaillé, des soieries persanes — résumaient une époque révolue. Entrée 500 dinars. Jeudi : galère avec la police locale. Contrôle d'identité aléatoire au marché central de Zeleni Venac. L'agent parlait peu l'anglais, je parlais peu le serbe. Dix minutes de malentendu avant qu'un autre touriste intervienne. Pas d'amende finalement, mais du stress inutile.Vendredi : Skadarlija, la ruelle bohème. Restaurants touristiques, certes, mais l'ambiance reste celle d'une vraie vie. Nous avons dîné à Kalemegdan Terrace à 19h, view sur la forteresse éclairée. Prix fort : 2 100 dinars par personne (18 euros). Rakija artisanale, saveur brûlante d'abricot sec.Samedi matin : levés à 6h pour la visite à Nikola Tesla Museum (rue Krunska 51). Le guide en anglais connaissait son sujet. Les bobines et les expériences électriques dormaient sous des vitres poussiéreuses. 800 dinars. Nuits blanches et réalités Les nuits à Belgrade ne dorment jamais. Nous habitions près de Republic Square, où les bars restaient ouverts jusqu'à 3h du matin. Le bruit était constant — tires de motos, voix élevées, technos assourdissantes des clubs Drugstore et Tube. Pas idéal pour la sieste de l'après-midi. Mais c'était aussi l'énergie brute de la ville, sans filtre touristique. Dimanche, nous avons quitté le centre pour Zemun, l'autre rive du Danube. Le bus 83 nous y a menés. Vue panoramique du haut de la tour Sibinjanin Janko. Température remontée à 12 degrés. Lunch à Uno, petit café avec tables en bois : burger local, 680 dinars. L'air sentait la Mittel-Europe, les arbres commençaient à perdre leurs feuilles. Avant de partir, passage obligé au marché aux puces de Plato (lundi matin, 8h à 14h). Objets soviétiques, livres en vieux cyrillique, montres cassées, médailles. Un vendeur m'a vendu une vieille boîte à musique « original Tito era » pour 200 dinars. Probablement faux, mais le geste de négociation valait le coup.
Les bons plans repérés sur place.
Kalemegdan fortress au coucher du soleil (gratuit, 18h30 optimal) — vue sur deux fleuves
Tri Šešira restaurant à Semedreja — ćevapi grillés, 5,50 euros, goût brut
Musée Nikola Tesla, rue Krunska 51 — bobines d'époque et odeur de moisi historique
Marché Zeleni Venac le matin vers 9h — fruits frais, fromage, pain encore chaud
Tour de Sibinjanin Janko à Zemun — traverser le bus 83, perspective sur les deux rives
Photos — Belgrade
Photos — Belgrade
Et au final.
Belgrade m'a surprise par son mélange de chaos bureaucratique et de chaleur humaine. Les retards, les arnaqueries minimes et les incompréhensions linguistiques auraient pu ruiner le séjour, mais la viande grillée, le Danube au coucher du soleil et les locaux ouverts ont compensé largement. Je reviendrais, mais j'aurais appris le serbe de base.








