Comment ça s'est passé.
Levé à 5h30 pour attraper le vol Air Europa EA450 à destination d'Asunción, on arrive à 14h15 à l'aéroport Silvio Pettirossi après deux escales. La chaleur nous frappe immédiatement : 38°C, humidité à 85%, l'air sent la terre mouillée et l'essence de bus diésel. Le taxi de l'hôtel coûte 150 000 guaraníes pour rejoindre notre logement, le Palladium Hotel sur l'avenue Mariscal López. Asunción nous surprend. Les guides touristiques parlent de capitale coloniale, mais on trouve une ville chaotique, avec des embouteillages permanents, des bâtiments en brique rouge défraîchis et des vendeurs à la sauvette partout. Le Palacio de López (résidence du président) est fermé pour restauration. On mange une première soupe : la sopa paraguaya au restaurant La Preferida, Calle Palma. C'est dense, chaud, le fromage fond sur la langue, 35 000 guaraníes l'assiette. Pas mauvais, mais pas le coup de cœur attendu. Les jours suivants, on explore le Centro Histórico à pied. Le marché Mercado 4 nous plaît davantage : odeur de mangues fermentées mélangée à celle de viande grillée, vendeurs qui crient leurs prix, femmes en tereré (boisson traditionnelle) discutent dans un mélange d'espagnol et de guaraní qu'on ne comprend pas. On achète des bracelets en cuir, rien de fou, 25 000 guaraníes. Le bar Sótano sur la Plaza Uruguaya devient notre repaire : bière Stella 20 000 guaraníes, clientèle locale plutôt sympa, musique reggaeton qui tue les tympans après 22h. Le moment marquant arrive au jour 6 : on loue une jeep avec chauffeur (85 dollars pour deux jours) via une agence douteuse recommandée par l'hôtel. Direction le Chaco. Six heures de route, poussière rouge partout, on croise des villages Mennonites avec des maisons de bois blanc impeccables. À Filadelfia, le chauffeur nous abandonne sans explication à 16h, on reste bloqués deux heures à attendre son retour (il s'endormait au volant, il faut l'admettre). La tension montent en flèche. On trouve finalement un minibus collectif pour Concepción (30 000 guaraníes chacun), debout pendant 4 heures, respirant la sueur et les gaz d'échappement. Mais le Chaco vaut le coup. On dort à Concepción au Hotel Colonial, une bâtisse vieillotte où l'eau chaude n'existe pas. Le soir, on écoute les cigales sous une chaleur 42°C, le son est presque douloureux, tellement intense. On goûte le locro (ragoût traditionnel) au petit restaurant sans nom face à la plaza : porc, maïs, haricots, épices, 28 000 guaraníes. C'est le meilleur repas du voyage. Retour à Asunción en bus Ñandutí (lignes interurbaines fiables, 120 000 guaraníes) le jour 10. Derniers jours consacrés aux musées : le Museo del Barro est intéressant, statues précolombienne qui valent le coup, mais horaire fermé le mardi (on s'en rend compte une fois sur place). Le Museo de las Américas est fermé aussi. Franchement déceptif. On se rabat sur une croisière sur le Rio Paraguay depuis le port, 60 dollars par personne, quatre heures, on voit des capybaras et des hérons, le guide parle vite en espagnol. Le coucher de soleil est joli, mais on est tellement fatigués qu'on s'endort presque. Les deux derniers jours, on arpente les quartiers résidentiels (Recoleta, Tacumbú). Cafés intéressants : le Cafe Bolsi sert un excellent café local, 15 000 guaraníes. La vie de quartier plaît plus qu'Asunción centre. On achète de l'artisanat au Feria Dominical de Recoleta (dimanche), prix honnête, moins de pièges touristiques.
Les bons plans repérés sur place.
Marché Mercado 4 (Calle Palma, Asunción) : vendeurs de fruits, textile, viande ; arrivez avant 11h pour éviter la bousculade
Ragoût locro à Concepción : impossible de reproduire, trouvez un petit resto face à la plaza principale, 28 000 guaraníes
Croisière Rio Paraguay au coucher du soleil : capybaras garantis, départ 17h du puerto de Asunción, 60 dollars
Filadelfia dans le Chaco : villages Mennonites, routes rectilignes, silence étrange, louer une jeep avec chauffeur fiable (première tentative ratée)
Bar Sótano (Plaza Uruguaya, Asunción) : bière locale, ambiance sans chichis, endroit où les locaux traînent vraiment
Photos — Asunción
Et au final.
Paraguay n'est pas une destination facile. Asunción déçoit ceux qui s'attendent à une capitale accueillante et ordonnée : c'est sale, bruyant, chaotique. Mais le Chaco et les rencontres humaines compensent. Les gens sont généralement bienveillants, la bouffe est correcte (même si répétitive), et l'effort vaut le coup si on accepte de déjà planifier, de se perdre un peu, d'accepter les retards. On reviendrait, mais avec plus de temps et moins de fatigue.








