Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à Asunción un mardi soir, après un vol retardé de trois heures avec LATAM. L'aéroport international Silvio Petirossi était plutôt calme, ce qui nous a rassurés. Un taxi sans compteur nous a conduits à l'hôtel Cecilia (Calle Eligio Ayala 321), où on nous a remis une chambre avec clim cassée. Il a fallu deux appels à la réception pour que ça s'arrange vers minuit. Premier choc : la chaleur humide du Paraguay en décembre. On sortait de l'ascenseur avec une chemise trempée. Le lendemain, nous avons déambulé dans le centre-ville. La Catedral Metropolitana, en plein cœur, impressionne par son architecture coloniale blanche, bien que les façades alentour soient grisâtres et un peu abandonnées. Le marché de Pettirossi (Mercado de Abastos), à quelques cuadras au sud, nous a plutôt déconcertés : c'était bruyant, chaotique, des vendeurs criaient les prix des mangues (8000 guaraní le kilo, soit environ 1,10 euro), des odeurs de poisson frais mélangées à celle des gaz d'échappement. Une femme nous a réclamé une pièce à plusieurs reprises, pensant clairement que nous étions des touristes. C'était notre première galère de ce type, et ça nous a un peu énervés. La surpêche urbaine et la vie au bord de la rivièreNous avons pris le bus urbain numéro 42 (tarif 6000 guaraní, environ 0,80 euro) en direction du quartier de la Bahía de Asunción. Le bus était plein à craquer, pas vraiment organisé, et le trajet a duré presque une heure. Le paysage de la rivière Paraguay est majestueux depuis les rives, mais les berges sont jonchées de déchets. On y voyait des barques de pêcheurs de bon matin (on s'est levés à 5 h 30 pour aller regarder), quelques pirogues usées, des hommes qui jetaient leurs filets avec une gestuelle répétitive et précise. Le goût de l'eau était presque palpable en respirant, salée et un peu fétide. Nous avons mangé au restaurant Lo de Carlos (Avenida Mariano Antonio Molas), où on nous a servi de l'empanada paraguaya (viande hachée, œuf dur, oignons dans une pâte frite) pour 12000 guaraní (1,60 euro). C'était bon, vraiment bon, mais très gras. Ils nous ont aussi proposé du terere, cette boisson à base de maté glacé et d'herbes, une sorte de thé froid. Le serveur a versé l'eau chaude dans un verre contenant le maté et les herbes, puis passé le verre entre les clients. C'est une coutume sociale forte ici, et on a apprécié cette intimité involontaire. Route vers les chutes : route en mauvais état et attente interminablePour rejoindre les chutes d'Iguazú, nous avons pris un bus de la compagnie Pluma (départ à 6 h 45 de la gare routière central, Estación Central de Buses) vers Foz do Iguaçu. Le trajet annoncé de sept heures s'est transformé en neuf heures et demie, avec deux arrêts imprévus et une panne (surchauffe du moteur) dans un endroit appelé Villarrica. On a dû attendre deux heures. La route était cahoteuse, les vitres poussiéreuses, et l'air conditionné n'était pas vraiment efficace. Un autre passager dormait sur notre épaule pendant une heure. Pas idéal, mais les gens étaient sympas. Arrivée à Foz do Iguaçu vers 17 h. On a dormi à l'hôtel Del Rey (Rua Tarobá 1020), côté brésilien, moins cher que le côté paraguayen. Le matin, nous avons pris un taxi (tarif négocié : 50 reais, soit environ 8 euros) jusqu'au parc national d'Iguazú. Le spectacle des chutes nous a laissés sans voix pendant une minute, c'est sincère. L'eau tonnait en continu, créant une sorte de brume permanente qui vous mouille complètement les vêtements. Le contraste entre le soleil intense et cette humidité était presque insupportable. Nous avons suivi le sentier de la Garganta del Diablo (le sentier principal), et à un moment, une rafale de vent a projeté une fine pluie d'eau de chute qui nous a fouettés le visage. C'était douloureux et magnifique à la fois. Retour et déceptions culinairesNous avons passé deux jours de plus à explorer les environs. Visite au parc d'oiseau Aviario, qui était plutôt décevant (les oiseaux en cage, peu d'espace). Nous avons mangé une mauvaise churrascaria (restaurant de grillades brésilien) où la viande était trop souvent réchauffée. Le garçon venait sans arrêt avec des brochettes rouges/vertes, un système de contrôle du débit un peu agressif pour notre goût. Retour à Asunción en avion (Aerolíneas Argentinas, vol tôt le matin, 6 h 30). L'aéroport de Silvio Petirossi était bien plus actif cette fois. On a croisé des touristes argentins, des hommes d'affaires, des familles. Le vol a atterri en retard (encore une fois, 45 minutes). Nous avons passé notre dernier soir au restaurant Lido Bar (Calle Presidente Franco), où on a commandé du sopa paraguaya (pas une soupe, mais un gâteau de maïs salé) et du chipa (pain au fromage, spécialité locale), le tout pour environ 35000 guaraní. Le chipa était léger, délicieux.
Les bons plans repérés sur place.
Chutes d'Iguazú, sentier de la Garganta del Diablo (eau en continu, brume dense, tarif entrée 90 reais)
Restaurant Lo de Carlos, empanada paraguaya et terere frais (12000 guaraní, 1,60 euro)
Mercado de Pettirossi le matin, mangues fraîches et chaos urbain authentique (vers 8 h)
Rivage du Rio Paraguay au lever du soleil, pirogues de pêcheurs (bus 42 depuis centre-ville)
Cathédrale Métropolitaine d'Asunción, architecture coloniale, gratuit, belle lumière en fin d'après-midi
Photos — Asunción / Foz do Iguaçu
Et au final.
Le Paraguay nous a surpris : c'est un pays moins touristique qu'on le pensait, avec des gens généralement ouverts mais des infrastructures qui traînent. Les chutes d'Iguazú valaient vraiment le voyage, mais les trajets en bus et la chaleur collante d'Asunción nous ont épuisés. On ne reviendrait pas immédiatement, mais on ne regrette pas d'être venus.
