Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à Asunción un mercredi matin, 6 h 30, sur le vol Latam depuis Buenos Aires. L'aéroport Silvio Pettirossi est petit mais efficace. Dès la sortie, l'humidité nous a frappés : 28 °C à peine et déjà les vêtements collaient à la peau. Nous avons pris un taxi officiel pour 120 000 guaranis jusqu'à notre hôtel, le Chaco Palace, dans le quartier de San Cristóbal. Asunción nous a surpris. On s'attend à une capitale mineure, or la ville possède une certaine nonchalance charmante. Le premier jour, nous avons flâné dans le centre historique. La Catedral Metropolitana datant du XVIIIe siècle ne paye pas de mine de l'extérieur, mais l'intérieur aux murs rose pâle crée une atmosphère apaisante. Juste à côté, le Palacio de López ressemble à une mansarde gouvernementale très modeste. Le moment qui nous a vraiment marqués : une visite au marché central, le Mercado 4, un jeudi matin vers 8 h. Chaos organisé, odeur dense de fruits tropicaux (papaya, goyave), de poisson séché et de manioc grillé. Une femme nous a vendu un jugo de naranja frais pour 5 000 guaranis. Nous avons dû nous battre mentalement pour ne pas nous perdre dans les allées. Les couleurs des étals, les cris des vendeurs en espagnol local avec accent nasal, les sacs en plastique qui volaient partout : c'était brut, sans filtre touristique. Nous nous sommes logés quatre nuits au Chaco Palace, une chaîne deux étoiles propre mais vieillotte. Petit-déjeuner inclus : œufs, pain blanc, café médiocre. La climatisation était cassée le deuxième jour. Appel à la réception, réponse vague « demain peut-être ». On a dormi les fenêtres ouvertes malgré le bruit de la rue. Ça nous a rappelé qu'on n'était pas en resort. Pour la gastronomie : nous avons mangé au restaurant Lido Bar, très connu localement. Nous avons commandé une soupe paraguaya (c'est un gâteau de maïs salé, pas une soupe) et du tereré, la boisson nationale à base de maté glacé et d'herbes. Le tereré frappé à 8 000 guaranis était revigorant après trois heures de marche sous 35 °C. L'asado (grillades variées) pour deux nous a coûté environ 180 000 guaranis, prix honnête. La viande était tendre, grasse juste ce qu'il faut. L'excursion au Chaco (région semi-aride au nord-ouest) a occupé deux jours entiers. Bus Nandu vers Filadelfia, 7 h du matin, 450 km de route défoncée. Arrivée vers 16 h 30, sales et épuisés. Filadelfia est une petite ville mennonite fondée par des colons allemands dans les années 1930. L'ironie : une oasis de ordre germanique au cœur du Chaco chaotique. Nous avons dormi à l'hôtel Florida, très basique, 90 000 guaranis la chambre. La douche n'avait qu'un filet d'eau tiède. Le Chaco, c'est une brousse ocre et épineuse, des routes latérite, une chaleur sèche qui déshydrate en quelques heures. Nous avons fait une sortie avec un guide local, Julio, pour chercher des armadillos et des capybaras. Trois heures dans la savane, très peu d'animaux visibles. Julio nous a parlé des conditions de vie difficiles, de la rareté de l'eau, des tensions entre exploitants de terres et peuples autochtones. C'était moins une balade touristique qu'une leçon d'écologie réelle et plutôt déprimante. Retour à Asunción le dimanche. Nous avons visité le Museo del Barro, petit mais pertinent, dédié aux arts traditionnels paraguayens. Entrée gratuite presque (5 000 guaranis). Les poteries Guaraní nous ont plu plus que prévu. Le dernier soir, nous avons bu des bières Paraguay (marque locale bon marché, 12 000 guaranis la grande) dans un bar du quartier Barrio Independencia, où nous avons entendu de la musique polca paraguaya en direct. Les générations de jeunes Asuncéniens qui dansaient sans gêne, ça c'était authentique dans le vrai sens.
Les bons plans repérés sur place.
Mercado 4 (marché central d'Asunción) : levé tôt pour éviter la foule, goûter le jugo de naranja fresco à la source
Restaurant Lido Bar : soupe paraguaya et asado pour comprendre l'essence culinaire locale
Route en bus Nandu jusqu'à Filadelfia : 450 km pour voir le contraste Chaco/civilisation
Museo del Barro : collection de céramiques Guaraní, gratuit ou presque, très instructif
Barrio Independencia le soir : polca paraguaya live, bière locale, vie réelle sans mise en scène
Photos — Asunción
Et au final.
Le Paraguay n'est pas un pays de carte postale, et c'est précisément ce qui le rend intéressant. Asunción est une capitale grise et un peu désorganisée, le Chaco déprime plus qu'il n'enchante. Mais les gens sont accueillants, la nourriture correcte, et le contraste entre la vie urbaine précaire et la solidité des communautés mennonites vaut le détour. Nous aurions aimé plus d'infrastructures touristiques clairement indiquées.








