Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à Calama le 14 janvier à 16h30, après un vol LATAM depuis Santiago. L'aéroport ressemble à un petit terminal décrépis avec une climatisation qui joue à cache-cache. Une navette nous a menés à San Pedro de Atacama, 110 km plus au sud, en 2h30 sur une route entièrement pavée mais bombardée de nids-de-poule. Le chauffeur écoutait du reggaeton à volume mortel. L'hôtel Camara de Nube nous a accueillis vers 19h : chambre blanche, lit ferme, eau chaude sporadique. Le propriétaire, un Argentin de 60 ans, nous a conseillé de prendre un tour opérateur pour la Vallée de la Lune, mais pas avant d'avoir mangé à Ayllu Restaurants où j'ai commandé un pastel de choclo (12 000 pesos, soit environ 14 euros) qui était sec comme du carton. Ma femme a choisi la cazuela de pollo : mieux, mais les portions faisaient pitié. Jour 2 : Levés à 5h du matinLevés à 5h du matin pour un tour privé avec Desert Adventure Chile. Notre guide Cristian, ancien mineur, avait arrêté de parler après 8h du matin. Nous avons roulé dans une 4x4 Mitsubishi Pajero vers les Ojos del Salar (les sources chaudes du désert). L'eau était à 32°C, presque tiède, et sentait fortement le soufre—ce parfum acre qui reste collé dans les narines. Nous avons aussi visité Las Tórtolas, de petites bassines d'eau douce cachées entre les roches. Cristian a marmonnné qu'on avait de la chance : généralement, des touristes arrivent en groupe de 40 personnes. La Vallée de la Lune (Valle de la Luna) en fin d'après-midi, c'est autre chose. Des collines minérales striées de violet, ocre et rose pâle. Nous avons grimpé pendant 40 minutes sous un soleil qui tapait dur (38°C affichés sur le téléphone). Au sommet, j'ai senti l'altitude : léger vertige, respiration courte. Coucher de soleil à 19h45, le ciel virant de l'orange au violet foncé en 20 minutes. Pas de foule là-bas, heureusement. Le tour coûtait 75 000 pesos (85 euros) par personne. Jour 3 : La Galère du LascarUn moment marquant, mais pas du bon côté : nous avons réservé une excursion au Salar de Atacama pour 9h avec une agence recommandée par notre hôtel. Le bus n'est jamais venu. Après 45 minutes d'attente devant le kiosque Turismo Central, un responsable nous a dit que notre réservation était « perdue dans le système ». Il nous a proposé de partir avec un autre groupe à 14h30, au lieu de 9h. Nous avons perdu l'après-midi. Quand on a finalement roulé vers le lagon Cejar, le vent s'était levé et l'eau était grise. On a nagé une heure dans une saumure à 5% de salinité, le corps complètement flottant, incapable de couler. Sensation étrange et glaciale au visage. Jour 4-5 : San Pedro villageNous avons exploré le village. La Plaza de Armas accueille une petite église blanche datant de 1744 (pas d'horaires fixes, un vieil homme gardait les clés). Le Mercado de Artesanías vend les mêmes ponchos et pierres de lapis-lazuli à chaque étal. Nous avons eu une vraie bonne nuit au Licantayana Café : café long décent, pain frais, mermelada de frambuesa. Le proprio faisait cuire du pain à 7h du matin, on entendait l'arôme chaud avant même d'ouvrir la porte. Nous avons loué des VTT (30 000 pesos la journée) et roulé vers les formations rocheuses de Tatio, mais après 3 km le pneu avant a crevé. Un mécanicien (un gamin de 16 ans) nous a réparé ça en 20 minutes pour 5 000 pesos. Le désert est beau mais aride : aucun bruit sauf le vent dans les pierres. Aucune vie végétale pendant des kilomètres. Jour 6-9 : Retour à SantiagoNous avons pris le bus Pullman (ligne 27) de Calama à Santiago, dimanche 22 janvier à midi. 26 heures de route, mais le bus était neuf avec des sièges semi-couchettes. Nous avons mangé des sandwichs fades à l'arrivée. Santiago mériterait 3 jours : le Musée Précolombien est vraiment dense (entrée 15 000 pesos), le barrio Lastarria a des rues sympas mais touristiques.
Les bons plans repérés sur place.
Vallée de la Lune au coucher du soleil (19h45) : collines minérales violet-ocre, accès par Desert Adventure Chile, 75 000 pesos
Lagon Cejar pour la baignade en saumure (eau à 5% de salinité) : sensation de flottaison surréelle, vent froid sur le visage
Licantayana Café pour le pan tostado et mermelada de frambuesa frais : 4 500 pesos, le meilleur moment culinaire du séjour
Ojos del Salar : sources chaudes à 32°C et parfum de soufre acre, visite privée moins touristique que les groupes de 40 pax
Plaza de Armas à San Pedro : église blanche datant de 1744, mercredi c'est marché local avec fruits frais et vins de Pisco
Photos — San Pedro de Atacama
Et au final.
Le désert d'Atacama et San Pedro nous ont offert quelque chose de rare : le silence vrai, une altitude qui change votre respiration, des couleurs qu'on ne trouve nulle part ailleurs. Mais c'est aussi un endroit hostile où les services touristiques sont inégaux, où les arnaqueurs locaux testent votre vigilance, et où 10 jours c'est trop long seul. Je recommande 3 ou 4 jours maximum.








