Comment ça s'est passé.
On a atterri à Calama le 14 février vers 16h30, après un vol LAN Chile depuis Santiago. L'aéroport était petit, presque vide. Impossible de trouver un distributeur de pesos qui fonctionne — j'ai dû demander au chauffeur de taxi de me conduire directement à un cajero automático au centre-ville. Le trajet dure 1h45 jusqu'à San Pedro. En chemin, j'ai senti l'air changer : plus sec, plus aride. La température affichait 28°C mais le soleil tapait dur, vraiment dur. On s'est installés à l'hôtel Atacama Sunset, une petite maison coloniale à l'entrée du village, avec patio intérieur et douche solaire. La proprio, Rosario, nous a dit tout de suite qu'il ne fallait pas déjà faire grand-chose le jour de l'arrivée. Elle avait raison. On a mangé à La Estaka, un restaurant local rue Caracoles, où on propose un excellent poisson blanc (corvina) pour 18 000 pesos — environ 20 euros. Le poisson sentait la mer, encore étonnant ici au milieu du désert. On a appris plus tard qu'il venait de Tocopilla, un port à 3h de route. Les dunes et le lever du soleil manquéLe lendemain, levé à 4h45 pour la Vallée de la Lune. Notre guide Javier, qui travaille pour Atacama Expeditions depuis 8 ans, nous a expliqué qu'il fallait être là avant 6h pour avoir les meilleures couleurs. En chemin dans son 4x4 Toyota, on s'est arrêtés à Las Tres Marías, trois roches énormes qui ressemblent effectivement à des silhouettes. À 6h15, on était sur les dunes. Le ciel était gris, vraiment gris. Javier a juré qu'en 8 ans, il n'avait jamais vu ça. On a attendu une heure. Finalement, le soleil a percé, mais sans cette explosion de rose et d'orange qu'on attendait. Galère. On a quand même eu la Valle de la Luna entière pour nous, avec ses formations rocheuses qui ressemblent vraiment à la surface lunaire — les couches de minéraux créent des bandes violettes, vertes, rouges. À cause de la déception du lever, ce moment a moins marqué. On a pris des empanadas (de queso y jamón) à une petite vendeuse ambulante vers 8h, à 2 500 pesos pièce. Elles étaient cuites à la main, on sentait encore la chaleur du four. Javier nous a montré comment les habitants utilisaient les roches pour bâtir : pas de ciment dans le désert, juste l'empilement. Les pierres avaient une texture rugueuse, presque vivante. Lagunas altiplánicas et le mal des altitudesLe jour 3, excursion aux lagunas altiplánicas. Départ à 7h avec Atacama Explorer, l'autre grosse agence du village. On monte vers 4 300 mètres d'altitude. À la Laguna Cejar, il y a tellement de sel qu'on flotte vraiment, sans effort. L'eau était glacée — 9°C selon le guide — mais le soleil chauffait la peau. Contraste étrange. Mon collègue Simon a eu du mal à respirer. Rien de grave, mais le mal d'altitude c'est réel. Il a fallu boire de l'eau et rester assis 10 minutes. Personne ne te prépare vraiment à cette sensation : ton corps se sent lourd, ta tête légère, tes gestes deviennent lents. Déjeuner au bord de la lagune Rouge (Laguna Roja) : sandwich poulet-avocat préparé par l'agence. Un peu sec, honnête. Le paysage, lui, était fou — l'eau d'une teinte rosée à cause des algues et des minéraux. Revenu vers 18h, épuisé mais vivant. Oasis et malentendu au restaurantOn a voulu manger chiliens un soir. On a réservé par l'hôtel à Patio Tapas, un lieu un peu touristique rue Caracoles. On a commandé en espagnol (moi j'avais révisé avant). Le serveur a mal compris nos quantités. On s'est retrouvés avec six assiettes pour deux personnes. Humiliant mais drôle. On a dû laisser la moitié. Ça nous a coûté 65 000 pesos. Les vins locaux étaient corrects — le carmenere de la région de Colchagua, à 12 000 pesos la bouteille. Le dernier jour, on a juste marché dans le village. San Pedro est petit, vraiment petit — tu peux tout visiter à pied en 2h. On s'est assis à la Iglesia San Pedro, construite en 1744 avec adobe et cactus. Le silence était total. On entendait juste les pas des autres touristes et le vent.
Les bons plans repérés sur place.
Vallée de la Lune (Vallei de la Luna) : rester 2h minimum pour vraiment sentir l'isolement, pas 1h
Laguna Cejar : arriver très tôt le matin avec Atacama Explorer pour éviter les groupes de 30 personnes
Restaurant La Estaka rue Caracoles : le corvina à 18 000 pesos, mangeable face au coucher de soleil du patio
Hôtel Atacama Sunset : petit déjeuner avec fruits frais, accès à la terrasse pour observer les étoiles (très peu de pollution lumineuse)
Geysers del Tatio : faire l'excursion 2h30 avant le lever du soleil depuis San Pedro, sinon tu arrives après les hordes de touristes
Photos — San Pedro de Atacama
Et au final.
Douze jours c'était suffisant pour absorber le désert, mais pas trop. Le Chili, c'est pas un pays où tu peux te reposer vraiment — l'altitude, le soleil, la sécheresse, ça demande de l'effort. Ce qu'on a moins aimé : le coût des excursions (très cher pour ce que c'est) et le manque d'authenticité du village, devenu un peu trop touristique. Mais l'Atacama reste un endroit où tu sens que tu n'es pas dans un décor — tu es vraiment au bout du monde.








