Comment ça s'est passé.
Arrivée à l'aéroport de Dakar-Blaise Diagne à 14 h 30, après un vol Air Sénégal de 6 heures depuis Paris. La chaleur m'a frappé dès la sortie de l'avion : 34 °C, humidité écrasante. Un taxi blanc réglementaire m'a conduit au centre-ville pour 10 000 CFA (environ 15 euros). La route longue la baie ; en arrière-plan, les silhouettes des buildings du Plateau. Je me suis installé au Terrou-Bi, un petit hôtel de la rue Calmette avec balcon sur l'océan. 45 000 CFA la nuit (68 euros), petit-déjeuner inclus. La première nuit, les vagues m'ont réveillé à 3 h du matin — un son de tonnerre continu qui traverse les vitres. Le marché Kermel : chaos organiséMercredi matin, levé à 6 h pour explorer le marché Kermel. L'odeur m'a saisie avant même d'arriver : mélange de poisson séché, épices brûlées, et quelque chose de pourri sous les étals. Le marché est un labyrinthe de ruelles étouffantes. Des femmes vendaient des touffes de natte tressée (mille CFA), des tissus wax par mètres, des fruits à l'air douteux empilés n'importe comment. J'ai mangé un thiéboudienne au Restaurant Yoff pour 3 500 CFA (5 euros). Le plat était généreux, riz rouge avec du poisson-chat et légumes, mais très gras. L'eau était tiède. J'ai payé 2 euros de trop sans le vouloir — petite arnaque classique sur le rendu de monnaie. La vendeuse a disparu avant que je finisse de compter. Gorée, les murs roses, et la vraie histoireVendredi, je suis parti pour l'île de Gorée. Le ferry part de la gare maritime du port de Dakar, 8 h 30 précises. 5 000 CFA l'aller-retour (7,50 euros), traversée 20 minutes. Le bateau est bondé, affichage en français et wolof. Odeur d'eau salée mêlée aux gaz d'échappement du moteur diesel. Gorée, c'est vrai, est différent du continent. Les murs pastel rose poudré et bleu ciel contrastent avec les pavés défoncés. Aucune voiture, juste des chevaux et des charrettes. J'ai visité la Maison des Esclaves, construite au XVe siècle. Le guide, Samba, parlait de la traite avec une voix unie — pas dramatisée, factuelle. La petite porte de sortie des esclaves vers les bateaux m'a secoué. J'ai eu envie de pleurer sans vraiment comprendre pourquoi. Déjeuner au Café de la Paix : un yassa poulet pour 4 000 CFA (6 euros), sauce oignon-citron excellente. En face, deux hommes jouaient aux dames. Une femme sans jambes se traînait dans la rue pour mendier — j'ai donné 1 000 CFA. Moment difficile à digérer. Dakar moderne et ses contrastesDe retour à Dakar, j'ai passé deux jours au Plateau et au Marché Sandaga. Le Plateau est le centre administratif : immeubles modernes, ambassades, restaurants branchés. J'ai dîné au Yoff Café (rue Colombe) : burger sénégalais avec sauce piment maison, bière Flag locale (2 500 CFA). L'ambiance était décontractée, quelques expatriés français et des jeunes Dakarois en tenues impeccables. Sandaga, c'est un marché différent du Kermel. Plus structuré, plus touristique. On vous vend des sculptures en bois zébré (arnaque : prétendument taillé à la main, visiblement industriel), des vêtements wax neufs, des souvenirs. J'ai acheté un porte-clés en coquillage pour 500 CFA (regret immédiat). Un jour de pluie improvisé. J'aurais pu prévoir : juillet, c'est la saison humide. Les rues du Plateau ont inondé en deux heures. J'ai attendu à l'intérieur du Centre Culturel Blaise Senghor, climatisé à mort, trop froid. Là, exposition de photos d'Abdoulaye Sy sur la vie rurale au Sénégal. Magnifiques clichés en noir et blanc. Retour et regretsDernier jour : marché aux poissons au port de Dakar vers 5 h 30 du matin. Les pêcheurs ramènent les pirogues colorées. Odeur intense de poisson frais et d'algues. Un café au lait dans un gobelet en plastique (500 CFA) au petit restaurant de la plage. Excellent, sucré, fort. Vol retour à 16 h. L'aéroport est simple, rien d'extraordinaire.
Les bons plans repérés sur place.
Maison des Esclaves à Gorée (Île de Gorée) : petite porte historique, guide fiable (contactez Samba via la billetterie)
Thiéboudienne au Restaurant Yoff (Marché Kermel) : portion généreuse, 3 500 CFA
Café de la Paix (Gorée) : yassa poulet et vue sur la baie, petit-déj à 2 500 CFA
Ferry maritime Dakar-Gorée : 5 000 CFA, départ 8 h 30 fixes
Marché aux poissons du port (avant 6 h du matin) : couleur des pirogues et négociation en live
Photos — Dakar
Et au final.
Le Sénégal m'a marqué par sa directivité — les gens vous disent les choses sans détour. Dakar n'est pas « authentique » au sens touristique : c'est une vraie capitale africaine avec ses embouteillages, ses arnaqueurs, son insalubrité par endroits. Mais Gorée valait le détour et les rencontres ont été honnêtes. À refaire, mais en avril-mai, avant la chaleur folle.
