Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport Blaise Diagne de Dakar un mardi à 14 h 30, après un vol Air Sénégal depuis Paris. La chaleur nous a frappés dès la sortie de l'avion : 34°C, avec une humidité qui collait à la peau. Le taxi blanc que nous avons pris jusqu'à notre hôtel, le Radisson Blu Sea Plaza, coûtait 15 000 CFA (environ 23 euros), mais le trajet a duré deux heures au lieu de trente minutes à cause des embouteillages sur l'autoroute. Les trois premiers jours à Dakar, nous avons exploré le Plateau, la vieille ville avec ses rues étroites et ses façades pastel. Nous avons déjeuné au restaurant Le Ngor, situé sur l'île de Ngor : un tieboudienne (riz avec poisson et légumes) à 8 000 CFA. L'odeur du poisson grillé sur les braises du marché Kermel, juste à côté, était à la fois délicieuse et écrasante. Nous avons aussi visité la Maison des Esclaves sur l'île de Gorée, monument chargé d'histoire, mais franchement, les guides touristiques du port étaient agressifs avec leurs prix gonflés (3 000 CFA par personne). Saint-Louis : le vrai choc culturelNous avons pris un minibus (sept places, surpeuplé) pour Saint-Louis le jeudi matin. Le trajet : 280 km au nord, quatre heures de route avec trois arrêts. Le chauffeur a dû s'arrêter pour réparer un pneu crevé à Kaolack. Nous nous sommes retrouvés à attendre une heure sous le soleil brûlant dans un petit village, à boire du café touba (café épicé servi dans des petits gobelets en plastique) à 200 CFA. Le goût : une explosion de clous de girofle et de noix de muscade, sucrée et intense. Saint-Louis est un choc. Cette ville colonial française, avec ses maisons jaunes et rouges bâtis au bord du fleuve Sénégal, respire une torpeur tranquille. Nous avons logé à la Résidence Diamarek, une riad convertie en hôtel, à 45 000 CFA la nuit (69 euros). Le propriétaire, Samba, nous a invités à prendre le thé à la menthe chaque soir à 18 h sur la terrasse qui surplombait le fleuve. Le son des pirogues descendant le courant au coucher du soleil était presque hypnotisant. Nous avons passé deux jours à Saint-Louis. Le premier jour, nous avons visité le marché Viandis en fin d'après-midi. L'épicerie débordait de fruits tropicaux : mangues, papayes, noix de coco. Les vendeurs parlaient un français parfois approximatif. Nous avons acheté des fruits pour 2 000 CFA (une grosse mangue Alphonso) et grignoté dans une petite gargote : un plateau de thiéboudienne pour 5 000 CFA. C'était moins cher qu'à Dakar, mais pas meilleur. Le moment difficileLe deuxième jour à Saint-Louis, nous avons voulu louer des vélos pour faire le tour de la Langue de Barbarie. C'est une bande de sable qui ferme l'estuaire du fleuve. Nous avons trouvé un loueur, Moussa, qui nous a proposé des vélos pour 3 000 CFA chacun (4 heures). Arrivés à mi-parcours, le vélo de mon compagnon a eu un problème de chaîne. Moussa n'avait pas dit qu'il fallait l'appeler pour revenir. Nous avons dû marcher une heure sous le soleil pour regagner la ville. Arrivés au restaurant Le Café Sénégalais pour déjeuner, nous avons découvert que Moussa n'était pas intéressé par des excuses. Nous avons perdu l'argent. Une vraie galère. Retour vers Dakar et fin du voyageNous avons quitté Saint-Louis un dimanche. Le minibus pour Dakar était encore plus surchargé qu'à l'aller. Trois femmes avec leurs enfants, deux hommes d'affaires avec leurs mallettes, une cage de poules vivantes. L'odeur du poulet, mélangée à celle de la sueur et de l'essence, était assez écrasante. Arrivés à Dakar, nous avons passé les trois derniers jours à flâner dans la Médina, à visiter le musée IFAN au Plateau, et à nous reposer à la plage de Ngor avec ses étals de friture de poisson. Nous avons mangé notre dernier repas au restaurant Zest à Dakar, un endroit un peu chic avec un accent plus occidental. Le mafé de veau (sauce d'arachide) coûtait 10 500 CFA. C'était bon, mais franchement, le thiéboudienne bon marché en bord de route nous avait marqués davantage. Le bruit de la ville : klaxons continus, vendeurs qui crient, générateurs électriques ronronnant en arrière-plan. C'est le Sénégal urbain, pas calmant mais vivant.
Les bons plans repérés sur place.
Le marché Kermel à Dakar : le bruit du commerce, les odeurs mélangées de poisson fumé et d'épices, à visiter tôt le matin avant 9 h
La terrasse de la Résidence Diamarek à Saint-Louis au coucher du soleil (18 h) : vue sur le fleuve Sénégal depuis les chaises longues
Un thiéboudienne chez une vendeuse de rue en bord du marché Viandis à Saint-Louis : 5 000 CFA, simple mais fait maison
L'île de Gorée depuis le quai de Dakar : la Maison des Esclaves existe, mais préparez-vous aux guides un peu agressifs
Le café touba servi chaud dans un verre en plastique dans un minibus : 200 CFA, saveur sucre-épicée inattendue
Et au final.
Le Sénégal m'a surprise. J'attendais une destination exotique figée. J'ai trouvé un pays avec ses contradictions : des gens généreux, une culture vibrante, mais aussi une infrastructure touristique parfois approximative et des petites arnacles. Saint-Louis m'a marquée plus que Dakar, qui restait un peu chaotique. Je reviendrais, mais avec des attentes réajustées.