Comment ça s'est passé.
Nous avons débarqué à l'aéroport de Copenhague (Kastrup Airport) un mardi matin gris, 6 °C affichés au thermomètre. Le métro automatisé nous a menés directement à Nørreport Station, une ligne qu'on a prise en boucle pendant une semaine. L'hôtel Tivoli, situé face au parc éponyme, nous a logés au troisième étage avec une vue sur les manèges rouilles de novembre. Première impression : la ville sent le froid humide et les pâtisseries fraîchement sorties du four. Dès le mercredi, nous avons loué deux vélos chez Donkey Bike (48 DKK la journée, soit 6,50 euros) et traversé les rues en pavé de Nyhavn. Nyhavn, c'est moins la carte postale qu'on imagine : des touristes qui se prennent en selfie devant les maisons colorées, des prix de bar de station balnéaire (une bière Carlsberg à 65 DKK), et des restaurants pièges partout. Mais nous avons déniché Café Nyhavn 17, où la serveuse nous a recommandé le smørrebrød au hareng fumé : pain de seigle dense, hareng filet, œuf cru, oignons rouges, 89 DKK. Le goût iodé du hareng cru nous a surpris, pas désagréable, un peu époustouflant. C'est comme ça qu'on comprend qu'on n'est pas en France. Le moment difficile : le Tivoli en hors-saisonNous avions lu que le Tivoli était « incontournable », alors nous avons acheté des tickets en ligne (99 DKK par personne). Jeudi, entrée à 14 h : le parc était fermé en majorité. Trois attractions seulement fonctionnaient. Une femme du guichet nous a expliqué sans sourire que novembre, c'était trop tôt pour les illuminations de Noël (qui débutaient fin novembre) et trop tard pour la saison d'été. Nous nous sommes sentis bêtes. Une galère classique de voyageur mal informé. Nous avons quand même bu un chocolat chaud épais au Café Katz (45 DKK) et marché dans les allées, et franchement, c'était moins stressant que ce qu'on imaginait. Le silence du parc vide avait quelque chose d'étrange. Vendredi, nous avons pris le S-tog (train régional, billet 24 DKK) jusqu'à Helsingør pour visiter le château de Kronborg. Le trajet dure 45 minutes, la ligne côtière est grise et plate, avec des maisons de banlieue défilant. Le château résonne fort à l'intérieur, l'air y est froid et légèrement moisi. Nous avons monté les escaliers des souterrains et croisé une statue de géant géante qui représente Holger le Danois. Les salles princières sont vides hors-saison, presque tristes. La nourriture, vraiment localeSamedi, petit-déjeuner au café Granola, Jaegersborggade (un smashed avocado sur pain complet, 78 DKK, miel danois en extra). Nous avons aimé cette rue, moins touristique que Nyhavn, avec des friperies et des petits bars. Un marché couvert, Torvehallerne, nous a occupés deux heures : fromages locaux, poisson fumé, pains aux graines. Un homme nous a donné à goûter du leverpostej (pâté de foie) sur crackers, gratuit, son petit commerce de charcuterie. C'était gras, intense, pas mauvais mais lourd à 10 h du matin. Dimanche, nous avons mangé anguille fumée (roget ål) à Restauration Kan+Må, rue Wildersgade : 189 DKK pour un assiette avec pommes de terre et betteraves. L'anguille était molle, chaude, étonnamment douce. Les Danois considèrent ça comme leur plat national en novembre. Nous avons goûté, nous n'avons pas adopté. Le lundi, musée Ny Carlsberg Glyptotek : collections de sculptures gréco-romaines, quelques tableaux impressionnistes. Gratuit le jeudi pour les chômeurs et les étudiants, 110 DKK pour nous. Trois heures de marche dans le silence. La tentation était forte de tout quitter pour s'asseoir dans la verrerie tropicale du musée, tant la chaleur humide contrastait avec Copenhague dehors. Mercredi matin, nous avons repris le métro direction Kastrup, le goût salé des smørrebrød encore en bouche. Huit jours, c'était juste assez pour comprendre que Copenhague se visite mieux en été, que novembre c'est gris, que les vélos sont rois même sous la pluie, et que les Danois parlent tous anglais donc aucune barrière de langue.
Les bons plans repérés sur place.
Smørrebrød chez Café Nyhavn 17 : hareng fumé sur pain de seigle noir, une vraie découverte culinaire locale
Louer un vélo chez Donkey Bike et traverser Nørrebro en fin d'après-midi : c'est là qu'on voit les Copenhaguois réels
Kronborg Castle à Helsingør en S-tog : moins connu que le château, moins touristique, silhouette impressionnante sur le détroit
Torvehallerne Market pour le fromage danois et l'anguille fumée : l'endroit où mangent les gens du coin
Musée Ny Carlsberg Glyptotek : collections gréco-romaines exceptionnelles, accueil chaleureux, rarement bondé
Photos — Copenhague
Et au final.
Copenhague nous a plu pour son rythme cyclable, sa gastronomie sérieuse et ses gens discrets. Nous avons juste mal choisi la saison : novembre, c'est déjà l'automne vide, avant l'hiver festif. À refaire en mai.








