Comment ça s'est passé.
On a débarqué à Chisinau un lundi matin après un vol Air Moldova depuis Bucarest. L'aéroport, petit mais fonctionnel, nous a craché sur une route poussiéreuse vers le centre-ville. Notre taxi Yandex (oui, même en Moldavie) coûtait 80 lei pour rejoindre l'hôtel Irina sur la Piata Marii Adunari Nationale. Première surprise : la ville est plus grise qu'on ne l'imagine, avec des bâtiments soviétiques alignés comme des dents mal brossées. Lundi soir, repérage du marché Gara de Nord. Les étals débordaient de fruits de saison : fraises, cerises, tomates gonflées à bloc. J'ai goûté une fraise locale à 2 lei (0,10 €), sucrée mais avec un arrière-goût légèrement acide. Le bruit, c'était une cacophonie de vendeurs criards, des charrettes grinçantes, des enfants qui couraient entre les jambes des adultes. L'odeur ? Poissons fumés, chou fermenté, douceur mielleuse des gâteaux aux noix. Les caves de Milestii Mici : ma vraie déceptionMardi, on a loué une voiture (budget 180 lei/jour) pour se taper les 40 km jusqu'à Milestii Mici. Tout le monde vous dit « c'est le musée du vin le plus long du monde, 200 km de tunnels ». J'imaginais des voûtes gothiques, de la magie. En réalité ? Des tunnels creusés de façon chaotique, mal éclairés, qui sentent l'humidité moisie et le vin épais. La visite guidée (obligatoire, 150 lei) était en russe, j'ai rien capté. Le guide parlait vite, nous demandait de goûter des blancs et des rouges sans vraiment expliquer. Un blanc local, la Feteasca Alba, était bon, frais, à 80 lei la bouteille. Mais j'ai croisé un couple britannique qui disait « franchement, c'est un piège à touristes ». Ce qui m'a vraiment marqué positivement : la petit taverne à côté de la cave. Une maison ancienne reconvertie, avec une terrasse en bois branlante, des tables bancales. On y a mangé du mici (petits rouleaux de viande grillée) avec du pain, du fromage de chèvre blanc crémeux, et bu du vin rouge de producteur local. Coût total : 180 lei pour deux personnes. L'odeur des mici en train de cuire sur le charbon, ça c'était vrai. Le goût du fromage, légèrement salé, avec les herbes de montagne. Orheiul Vechi et la galère du minibusMercredi, tentative pour se rendre à Orheiul Vechi, le monastère perché sur une falaise. On a pris un minibus local depuis la gare routière Avtovokzal (le bâtiment marron dégueulasse au centre-ville). Aucune indication en anglais. Prix : 35 lei pour deux. Le minibus était bondé, la clim cassée. Trajet interminable avec trois arrêts impromptus. Un homme avec une poule vivante montait et descendait à chaque station. On est arrivés avec 45 minutes de retard, et le dernier minibus retour partait à 18h30. Panique. On a fait le site en courant, deux heures sur place. Orheiul Vechi vaut le coup (monastère sur la falaise depuis le 13e siècle), mais j'aurais dû louer une voiture plutôt que de jouer aux Moldaves avec les transports locaux. Chisinau à pied et ses surprisesJeudi, exploration à pied. La rue Stefan cel Mare, artère principale, avec ses cafés : Smoke Bar (le noir était correct, 15 lei), restaurants qui servaient des salades de betteraves sucrées bizarres. On a découvert la Cathédrale Natale, très belle, très imposante, sans cohue. La place de l'Église de la Mère de Dieu, le dimanche, était animée. Des gens s'arrêtaient pour bavarder. Un vieux m'a parlé en moldave, j'ai sourire bêtement. Vendredi midi, déjeuner au restaurant Placinta (spécialité locale : tarte salée avec fromage ou viande). Coût : 60 lei. Bonne, franchement. Pas transcendant, mais nourrissant, avec un goût terroir qu'on sent. Les points positifs malgré toutLes gens sont simples, non agressifs, souvent curieux envers les touristes.Le vin local, même s'il coûte rien, reste decent.Les prix : budget ultra-serré possible (30-40 euros/jour en mangeant local).Le coucher de soleil sur les collines moldaves depuis un point de vue routier, sans prénom pompeusement marketing, c'était juste sympa. Orange, rose pâle, silence des champs.
Les bons plans repérés sur place.
Marché Gara de Nord le lundi matin (fruits frais, ça sent fort, on en revient couvert de jus)
Taverne près de Milestii Mici (petits rouleaux mici grillés sur charbon, 90 lei/personne)
Orheiul Vechi le monastère à falaise (louer une voiture privée, pas le minibus)
Rue Stefan cel Mare pour un café au Smoke Bar (15 lei, noir correct)
Point de vue des champs moldaves au coucher du soleil (route entre Chisinau et Orhei, 30 km)
Photos — Chisinau
Et au final.
Chisinau n'est pas Bucarest ni Prague. C'est une ville grise, parfois décousue, où les services touristiques sont à des années-lumière des standards ouest-européens. Mais l'absence de folklore commercialisé à outrance et les prix l'en font justement intéressante. À condition d'aimer improviser et de ne pas chercher du confort hôtel 5 étoiles.








