Comment ça s'est passé.
Nous sommes arrivés à Chisinau un lundi matin par le vol Wizz Air W6 1205 en provenance de Budapest, 6h30 de retard sur l'horaire prévu. À la sortie de l'aéroport international de Chisinau, pas de pancarte avec notre nom, pas de véhicule de location comme prévu — la galère habituelle. Après 45 minutes d'appels en roumain approximatif, un chauffeur de taxi nous a trouvés au coffee shop Cube Coffee (cappuccino 25 lei, soit 1,30 €). Température de 34°C, humidity collante. Le trajet vers notre hôtel Noi a pris 20 minutes à cause d'une manifestation devant la Mairie de Chisinau, avenue Stefan cel Mare. Les panneaux routiers disparaissaient à certains carrefours, les feux étaient sporadiques. L'hôtel Noi, rue Puşkin 51, s'avère correct : chambre propre, petit-déj compris, réception parlant anglais. Une chance. Le soir même, nous avons marché jusqu'à Obor Market (marché central), où l'odeur âcre de poisson séché et de viande grillée prenait à la gorge dès l'entrée. Les légumes empilés en pyramides instables, les vendeurs qui criaient les prix en roumain. Une vieille femme nous a vendu un kilo de tomates pour 15 lei (0,75 €). Nous avons mangé des mici (petites saucisses grillées) chez un restaurateur sans enseigne, à même la ruelle : 3 mici, pain, moutarde, 40 lei (2 €). Le goût prononcé de la viande, presque violente, différente de ce qu'on connaît en France. Jour 2-3 : Les caves de Milești, un moment inattenduMercredi matin, nous avons loué une voiture Dacia Sandero chez Avis (rue 31 August, Chisinau). 45 € par jour. Direction Milești, à 40 km au sud, connue pour ses caves de vin. La route était correcte, la campagne moldave plate et jaune sous le soleil. Nous avons dû nous arrêter trois fois pour demander notre chemin : pas de GPS fiable, les noms des villages changeaient à chaque indications reçues. La cave Viile Vechi nous a accueillis vers 14h. Un guide, Stefan, nous a montré les galeries souterraines creusées dans le calcaire — frais, humides, l'odeur du vin mélangée à celle de la terre humide. Les fûts s'alignaient sur plusieurs kilomètres de passages. Un moment difficile à décrire, pas de dramaturgie, juste l'impression d'être écrasés par le temps et la construction humaine. Dégustation : Riesling 2020 (exceptionnel, cristallin), Cabernet local (2022). Le Riesling coûtait 8 € la bouteille sur place. Stefan nous a parlé du phylloxéra, des replantations des années 1990, l'effondrement du marché soviétique. Nous avons acheté trois bouteilles, payées 35 € au total — ce qui nous a semblé cadeau comparé aux prix français. Orheiul Vechi et le retour aux réalitésSamedi, excursion vers Orheiul Vechi, site archéologique 50 km au nord. Nous avons pris le minibus de la compagnie Ecoturism Orheiul (départ à 9h de la gare de minibus de Chisinau, rue Ismail). Trajet 2h15, passagers assis en trois sur des sièges prévus pour deux. Femme âgée à côté de nous qui mâchait bruyamment des graines de tournesol. L'odeur salée-amère s'accrochait aux vêtements. Le site lui-même : monastère du 13e siècle en ruine, grotte, vue sur le Dniestr. Escalade raide et peu entretenue. Au sommet, un petit musée gratuit (ou donation suggérée, 10 lei). Le gardien, Mihai, nous a montré des poteries excavées, des pièces de monnaie ottomanes. Pas de brochure, pas d'explications panneaux. Trois autres touristes allemands, c'est tout. Pique-nique acheté à Chisinau : pain, fromage Brânză de Sibiu (fromage blanc local, excellent, 12 lei le demi-kilo), raisins. Moment tranquille, vent qui rabattait la poussière en rafales. Le retour en minibus s'est compliqué : le chauffeur a pris une mauvaise route (conducteur ivre ? mal réveillé ? impossible à savoir), nous avons circulé 30 minutes en dehors des routes prévues. Panique légère, puis le chauffeur a vu une dame qui vendait des œufs sur le bord de la route, lui a demandé directions. Arrivée à Chisinau à 19h au lieu de 17h. Une vraie galère moldave, du genre qui devient drôle après coup. Détails de Chisinau, les derniers joursNous avons passé trois jours à traîner dans la capitale. Restaurant Lido (chaîne locale) : bortsch (soupe de betteraves), schnitzel poulet, compote, 80 lei (4 €). Correctement cuit, portions généreuses. Bar Old Empire (rue Bănulescu-Bodoni) : vin blanc local à la pression, 8 lei le verre (0,40 €). Des étudiants roumains qui parlaient fort en roumain, un mec qui lisait un journal en russe. Musée des Beaux-Arts (gratuit le mercredi, galerie de peintures moldaves du 19e-20e : sans intérêt particulier pour nous). Marché aux fleurs (dimanche matin, rue Alexandri) : des pots de géraniums, roses, tout à prix village. Femme qui nous a vendu un bouquet de fleurs sauvages jaunes pour 5 lei. Moment le moins sympa : une demande de « commission » discrète chez un restaurateur où nous avions mangé. Confusion sur l'addition, puis demande pour compléter un « pourboire obligatoire ». Nous avons refusé et quitté. Plus tard, nous avons compris qu'il y avait peut-être une vraie confusion. Les guides touristiques ne préparent pas à ces micro-tensions.
Les bons plans repérés sur place.
Caves de Milești (Viile Vechi) : les galeries souterraines de 2 km, dégustation de Riesling à 8 €
Marché Obor à Chisinau : mici grillées 40 lei, ambiance locales sans touristes
Orheiul Vechi : site archéologique en ruine avec vue sur le Dniestr, trajet en minibus chaotique inclus
Restaurant Lido : bortsch et portions moldaves à moins de 5 €
Bar Old Empire : vin blanc local à 0,40 € le verre, vrai prix local
Photos — Chisinau (avec escapades à Milești et Orheiul Vechi)
Et au final.
La Moldavie, c'est pas la Transylvanie roumaine. C'est plat, poussiéreux, humain sans être packagé. Les vins sont excellents, les gens réservis mais pas hostiles. Le chaos administratif et routier m'a plus usé que je ne l'aurais cru. À refaire, mais avec moins d'attentes touristiques.
