Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à Chișinău un mardi 14 h via Wizz Air, malheureusement avec une heure de retard. L'aéroport international est petit, fonctionnel, presque vide. Taxi vers l'Hôtel Radisson Blu : 25 lei (environ 1,30 euro—les prix sont étonnamment bas). La chambre sentait légèrement l'humidité, les radiateurs cognaient bruyamment à 22 h. Pas grave, on accepte. Premiers pas dans la capitale. Les immeubles Khrouchtchev gris dominent partout. Place Centrale avec la Cathédrale Natasha (architecture baroque rose pâle, incongruité soviétique à côté). Nous avons marché au hasard jusqu'à la Rue Lăpușneanu, cœur commerçant. Café Oblio nous a accueillis : cappuccino 12 lei, croissant au fromage 8 lei. L'odeur de levain frais et de café moulu flottait. Un moment simple mais qui m'a plu. Jour 3, direction les caves de Milești via minibus privé depuis la gare de Chișinău (gare routière centrale, derrière la cathédrale, ambiance chaotique mais sans arnaque). Environ 45 km, route poussiéreuse. Les caves Château Vatra sont souterraines, température constante 12-13 degrés. Visite guidée en anglais cassé mais enthousiaste. Dégustations : Riesling sec (36 lei), Merlot (28 lei). Le goût du vin moldave ? Plus acide, moins rond que les bordeaux français, mais honnête. Le guide nous a vendu trois bouteilles au prix fort. Retour à Chișinău. Nous voulions manger traditionnel. Restaurant Povestea Veche (Rue Stefan cel Mare, non loin de la Banque Centrale). Mici (petites brochettes) 45 lei, mamaliga (polenta) 18 lei, bière Cricova 20 lei. Odeur de viande grillée envahissant, son des verres qui s'entrechoquent aux tables voisines. Bon marché, portions énormes. Une femme à côté de nous s'est mise à pleurer en écoutant une chanson folklorique à la radio—moment bizarre, presque gênant, mais très réel. Jour 5, problème : nous avons loué une voiture Dacia Logan via AzuroCar (agence miteuse près de la gare). Contrat flou en français approximatif. Au retour, ils nous ont réclamé 80 lei pour une rayure « déjà là » selon nous. Galère classique, malentendu sur les conditions. Nous avons payé, c'était plus rapide que de discuter. Excursion à Orheiul Vechi : monastère rupestre en bord de dniestr, falaises grises, église peinte en bleu dedans. Petit musée local géré par une vieille dame vendant du vin maison dans des bouteilles sans étiquette (bon, 30 lei la bouteille). Route escarpée, voiture qui surchauffe légèrement—moment angoissant. Jours 7-9 à Chișinău. Marché central (Piața Centrală) : fruits et légumes empilés chaotiquement, vendeurs criant, odeur de terre mouillée et de fruits tropicaux stockés trop longtemps. Fromage de brebis local, tomates énormes à 3 lei le kilo. Bar irlandais Penthouse à côté du musée d'Art : Guinness 25 lei, ambiance expat ennuyeuse. Nous avons préféré le parc Ștefan cel Mare—coucher de soleil orange sale (pollution légère), bancs publics, gens qui promenaient des chiens mélangés. Musée National de Moldavie gratuit ou presque (8 lei), collections soviétiques impressionnantes malgré l'absence de climatisation. Après-midi étouffant. Nous avons quitté à 16 h, déçus par le manque de contexte moderne sur la scission transnistienne—sujet délicatement absent. Jour 10, retour à l'aéroport vers 11 h. Trajet de 30 min, Wizz Air à l'heure cette fois. Bilan : Chișinău n'a rien de spectaculaire à première vue. L'esthétique post-soviétique est brute, les infrastructures touristiques manquent de lustre. Mais le vin, les gens directs, les prix qui vous permettent de respirer—ça vaut le coup.
Les bons plans repérés sur place.
Caves Château Vatra à Milești : dégustation souterraine, température 12-13°C, Riesling sec à 36 lei
Marché central de Chișinău : fromage de brebis frais, tomates à 3 lei/kg, odeur de terre humide
Monastère d'Orheiul Vechi en bord de dniestr : petite église bleue rupestre, vin maison 30 lei
Restaurant Povestea Veche (Rue Stefan cel Mare) : mici grillés 45 lei, portion double d'un restaurant français
Parc Ștefan cel Mare au coucher du soleil : bancs publics, pas de foule, vue orange sale sur la capitale
Photos — Chișinău et région de Milești
Et au final.
La Moldavie m'a moins captivé que je l'espérais sur le plan architectural ou naturel. Chișinău reste grise et bancale. Cependant, c'est précisément cette absence de perfection qui l'a rendue honnête : un endroit vrai, pas un musée à ciel ouvert. À refaire pour les caves de Cotnari et la plaine viticole, mais pas dans l'espoir d'une révélation touristique.
