Comment ça s'est passé.
On a débarqué à Bratislava un mercredi matin par le vol Ryanair FR4821, arrivée 7 h 45 à l'aéroport M.R. Štefánika. Grosse erreur : on a cru qu'on pouvait prendre un taxi direct pour le centre. Arnaque classique. Le chauffeur nous a demandé 45 euros pour 9 km, alors que le bus 61 coûte 0,50 euro et met 25 minutes. La leçon : toujours prendre le bus depuis l'aéroport en Slovaquie. Notre hôtel, le Mamaison Sophie's Boutique Hotel, était nickel (chambre 215 : vue sur la vieille ville depuis le balcon). Petit-déj à 7 h 30 : café slovaque serré, vraiment noir et amer, accompagné de fromage blanc sucré local. Ce truc-là, je n'avais jamais goûté. La saveur légèrement acide m'a surpris, mais j'en ai repris deux jours après. Jour 1, on a flâné à la vieille ville de Bratislava. La place Hlavné námestie sent la fougère mouillée et les pavés humides. On s'est arrêtés au restaurant Modrý Salon pour le déjeuner : tripes à la slovaque (kysaté slezie), 8,50 euros. Franchement, c'était dégueulasse la première bouchée, trop « tripes » si tu veux mon avis, mais après trois cuillères, ça rentre. Le château de Bratislava (Bratislavský hrad) se visite, mais on n'a pas trop traîné : c'est un gros bâtiment blanc un peu vide, moins spectaculaire qu'on l'imaginait. On a pris un bus FlixBus vers les Tatras le jeudi (départ 8 h 30, gare routière ÚAN Bratislava, ligne FK3412). Cinq heures de trajet jusqu'à Poprad. Pendant ce temps, mon collègue dormait, moi j'observais les paysages : des villages avec des églises aux toits pointus, des forêts qui deviennent de plus en plus denses. À Poprad, on a loué une voiture Dacia à l'agence Hertz (40 euros/jour), et on a remonté vers Vysoké Tatry. Le moment marquant : on a randonnée au Morské Oko (l'Œil de la Mer) à 1 669 mètres. Levés à 5 h 30 de notre guesthouse Pod Tatrami, on a pris le remontoir à 6 h 45. Au sommet du lac gelé, 7 h 15 du matin, la température était de -3 degrés. Pas de vent, juste le silence des montagnes. L'eau était turquoise, la roche grise. Pendant deux minutes, on n'a entendu que nos respirations saccadées et le crissement de la neige sous les chaussures. C'était dingue. Pas poétique, pas magique, juste… fort. À Tatranská Lomnica, on a mangé au Goralský Čunč : bryndzové halušky (gnocchis au fromage de brebis), 6,90 euros. Le fromage coulait encore, salé juste comme il faut. Les frites croustillantes à côté. On a pris une bière Topvar à la pression, la bière locale de la région (2 euros, bien mieux que les prix français). Le serveur nous a parlé en allemand, puis en anglais en voyant notre tête perdue. Galère : quand on a demandé l'addition, on a attendu 20 minutes. Le gars avait oublié. Ça nous a énervés, mais bon, on était pas pressés. Jour 6, on a exploré le village de Ždiar. Les maisons en bois, les toits pentus, c'était vraiment sympa à observer. L'odeur du bois des chalets mélangée à celle du feu de cheminée flottait partout. Les habitants vendaient des souvenirs sculptés à la main : petits ours, petits chevaux (5-15 euros). On en a pris un, juste pour avoir un truc tangible du voyage. Retour à Bratislava le dimanche. On s'est perdus avec la voiture de location (elle avait un GPS pourri), et on a roulé 30 km hors de route avant de trouver le bon chemin. Trois euros de péage en plus sur l'autoroute. L'agence Hertz nous les a fait payer. Ça aussi, c'était une belle arnaque. Derniers deux jours : on a traîné dans les bars de Bratislava. Apparat à Staré Mesto (vieille pinte, chaise pourrie mais vraiment de bonne humeur), vodka slovaque à 2 euros le shot. On a aussi testé un restaurant fusion au Cafe Verne : bryndzové halušky réinventé avec truffes (18 euros). Un peu trop cher pour ce que c'était, mais l'expérience valait le coup.
Les bons plans repérés sur place.
Randonnée au Morské Oko dans les Tatras au lever du soleil (départ gare 6 h 45, petit-déj chaud emporté obligatoire)
Repas de bryndzové halušky à Tatranská Lomnica, chez Goralský Čunč (6,90 euros, fromage de brebis coulant)
Traverser la vieille ville de Bratislava à pied depuis la gare Bratislava-Glavná nádraždzie jusqu'à la place Hlavné námestie
Bus 61 depuis l'aéroport M.R. Štefánika (0,50 euro, 25 min, meilleur deal transport du pays)
Village de Ždiar avec ses maisons en bois : marcher, sentir la fumée des cheminées, acheter souvenirs locaux aux habitants
Photos — Bratislava et Haute Tatras
Et au final.
Slovaquie, c'est bon. Les gens sont sympas, la bouffe locale est étrange mais savoureuse une fois qu'on y goûte, et les Tatras valent vraiment le détour même si tu sues comme un animal. Les prix sont justes et les arnaqueurs existent (comme partout), mais faut juste savoir où poser les pieds. La seule déception vrai : Bratislava comme capitale, c'est moyen. Rien de méchant, juste pas assez dense.
