Comment ça s'est passé.
Arrivée à l'aéroport Ngurah Rai de Denpasar un mardi matin, complètement décalée après 20 heures de vol. Taxi blanc sans compteur négocié à 180 000 IDR (11 euros) jusqu'à Ubud, route sinueuse sur 1h30. J'avais loué une chambre chez Ketut, une Balinaise qui tient deux petites maisons dans une ruelle derrière Jalan Raya. 250 000 IDR la nuit, ventilo et eau chaude aléatoire, mais courtyard avec plants de jasmin. Les trois premiers jours, j'ai traîné les pieds. Le jet-lag m'a collé un brouillard jusqu'à jeudi. J'ai quand même trainé jusqu'au marché de Gianyar en tuk-tuk (tarif local : 50 000 IDR). Là, assis sur un banc en plastique bleu, j'ai mangé un satay ayam chez une grand-mère sans nom, sauce cacahuète épaisse et poivre qui m'a pris la gorge. Meilleur que dans les resto touristiques du coin. Le vendeur à côté vendait de la papaye verte découpée en bâtons avec une sauce aigre-sucrée, je me suis brûlé l'intérieur des joues tellement c'était épicé. Rizières et levé de soleil ratéVendredi, levé à 4h45 pour les rizières de Tegallalang. Guide Agus trouvé via mon hôtel, 400 000 IDR pour 4 heures. On grimpe dans les champs dès 5h30, l'air frais du matin, la rosée trempe mes chaussures de rando bas de gamme. Lumière rose pâle sur les étages verts. C'est silencieux, juste le bruit des oiseaux. Agus me montre comment poussent le riz, me casse les pieds avec son anglais de niveau 3e mais c'est sincère. On croise un agriculteur local qui taille ses plants avec une petite faux. Il m'offre un verre de café balinais noir, amer, sucré au miel de palme : c'était dingue. Dimanche, j'ai tenté le lever de soleil au temple Tanah Lot. Arnaque complète. 30 euros pour une « visite guidée privée » avec un mec rencontré à la guesthouse. Arrivée sur place, on découvre que c'est un site touristique bondé, 500 personnes, pas de lever de soleil (il pleuvait des cordes), et le guide a disparu après 10 minutes, prétextant un appel. J'ai dû redescendre seule en trouvant un taxi de fortune. Amer. Nourriture et routinePendant le séjour, j'ai pris mes petits-déj au Warung Pulau Kelapa, une micro-gargote tenue par Nyoman et sa fille. Nasi goreng à 35 000 IDR, café local à 10 000 IDR. Je venais m'asseoir sur un tabouret en bois chaque matin vers 7h30, regarder les scooters passer, les vendeurs de fleurs installer leur étal devant la boutique d'à côté. Une odeur constante d'huile chaude de friture et de mèche d'encens depuis les petits autels hindous au coin des rues. J'ai suivi un cours de cuisine avec Ibu Made mercredi. Son école, c'est sa cuisine agrandie, table en teck, four traditionnel en terre. On prépare du poulet kécap, du sambal, des brèdes. Prix : 300 000 IDR avec les courses au marché Ubud incluses. Elle parle peu anglais, j'ai peu parlé indonésien. On s'est comprises par gestes et rires. À la fin, on mange ensemble, elle goûte, elle hoche la tête, elle sourit. Moment calme. Le curcuma frais ici sent sucré et terreux, rien à voir avec la poudre achetée en France. Retour et fatigueDernier jour : visite des temples Goa Gajah et Tegallalang à pied (erreur, 7 km sous 32°C). Arrêt au Sayan House pour un jus de goyave frais (50 000 IDR). Soirée au Warung Bodag Maliah, petite place en terrasse, roasted duck à 85 000 IDR. Musique live, un mec avec une guitare sèche qui joue des standards mauvais mais avec sincérité. Départ tôt jeudi vers l'aéroport via Perama shuttle (120 000 IDR). Embouteillage monstre, on arrive pile à temps pour le vol Batik Air vers Jakarta à 10h30.
Les bons plans repérés sur place.
Marché de Gianyar le matin (6h-8h30) : satay ayam chez la grand-mère sans enseigne, meilleur prix et vraie saveur
Tegallalang rice terraces avec Agus comme guide local (contacter via guesthouse), levé 5h30
Warung Pulau Kelapa : nasi goreng 35 000 IDR, place locale pas encore envahie par les touristes
Cours de cuisine chez Ibu Made (Ubud) : 300 000 IDR, 3 heures, vraie connexion
Temple Goa Gajah : 30 000 IDR d'entrée, architecture baroque hindoue, peu de monde le matin tôt
Photos — Ubud, Bali
Et au final.
Ubud m'a offert des moments vraiment présents loin du bruit (les rizières, le warung tous les matins avec les mêmes gens). Mais le tourisme de masse grignote tout, les prix montent, et il faut vraiment ruser pour éviter les arnaques. Je reviendrais, mais pas à la même saison.








