Comment ça s'est passé.
Levé à 5 h 30 à l'hôtel Cecilia de la rue Chile pour voir le soleil se lever sur le río Paraná depuis la terrasse. L'air était déjà chaud et humide, une moiteur qui s'accroche à la peau avant même d'avoir pris le café. Pas de réveil doux : les klaxons des camions de livraison commencent dès 5 h 45 dans le quartier du Centro. Asunción nous a d'abord frappés par son chaos organisé. Les rues étroites du vieux quartier, près de la Catedral Metropolitana, sont encombrées de vendeurs ambulants. J'ai goûté les chipa (petit pain au fromage, 2 000 guaraníes soit 0,25 €) encore tièdes chez une vendeuse à la porte de la cathédrale le matin du jour 2. C'était sucré, beurré, avec un goût de fromage blanc qui traîne en bouche. Les trois premiers jours : Centro et ReducciónLe bus ligne 30 nous a menés au Museo Nacional de Bellas Artes sur l'avenida España. Trajet chaotique : arrêts non signalisés, autres passagers qui crient leurs destinations, le climatiseur qui crachait un bruit de ferraille morte. Ticket : 2 500 guaraníes. Le musée vaut le détour pour voir les tableaux d'Autoridades Indígenas, mais l'accueil au guichet était glacial, presque agressif quand nous avons demandé en espagnol maladroit si une visite guidée était possible. Jour 3, excursion à la Reducción Jesuítica de Itá, à 45 km d'Asunción via la compagnie de bus Rysa (5 000 guaraníes par personne). La route en mauvais état, avec des nids-de-poule qui nous ont secoués pendant deux heures. Les ruines de l'église jésuite du XVIIe siècle se dressent encore, partiellement restaurées. Les murs de pierre rouge gardent une chaleur écrasante même en fin d'après-midi. L'odeur de terre mouillée, mélangée aux eucalyptus, était dominant. Nous avons payé 15 000 guaraníes pour l'accès et un guide basique (un homme d'une soixantaine d'années qui parlait vite et ne répondait pas aux questions précises). Galère majeure et repriseJour 4 : nous avions réservé une visite au Palacio de López pour 10 h 30. Arrivés à 10 h 15, on nous a refusé l'accès parce que notre réservation en ligne était mal enregistrée. Moment de tension réelle : le gardien nous a dit que nous devions revenir demain avec une nouvelle confirmación imprimée. Aucune flexibilité. Nous avons dû attendre 24 h, ce qui a gâché notre planning. Mais cela nous a poussés à explorer le quartier de San Blas, moins touristique, où nous avons découvert le restaurant Apeadero. Milanesas de pollo servies avec du riz et des frites pour 35 000 guaraníes (4,30 €). Le goût était simple, la viande coriace mais les frites parfaites. Derniers jours : Chaco et marchésJour 5, nous avons exploré le Mercado Cuatro, marché couvert du Centro. Bruit assourdissant, odeurs de viande crue, poisson et épices qui se battent en duel. Nous avons acheté des tejuelas (petits gâteaux au miel), des tereques (petits pains croustillants) et du tereré préparé sur place (boisson traditionnelle à base de yerba maté glacée, 3 000 guaraníes). Pas de révélation, mais une immersion dans le quotidien asunceño. Les jours 6 à 8 ont été consacrés au Chaco, region aride du nord. Bus de la compagnie Primero de Marzo à 6 h 30 du matin (départ décalé de 45 minutes sans explication). 8 heures de route sur un bus sans climatisation efficace. Nous avons dormi, c'était inévitable. Arrivée à Filadelfia, ville coloniale mennonite, vers 15 h. L'air était sec, radicalement différent d'Asunción. Nuit à l'hôtel Boquerón, chambres basiques mais propres. Restaurant de l'hôtel : poulet grillé avec arachides, bonne qualité, 40 000 guaraníes. Jour 7 au Chaco : visite du Museo Etnográfico de Filadelfia. Nous avons vu des outils chamacocos, des vêtements tissés, des explications sur la vie pré-hispanique. Entrée : 20 000 guaraníes. Le guide était compétent, passionné, contrairement à celui de la Reducción. L'après-midi, excursion en 4x4 dans le Parque Nacional Defensores del Chaco, mais nous n'avons pas vu la mégafaune qu'on nous avait promise. Jaguars et pumas restent introuvables. Jaguares, oui. Observés en photo. Déception mineure mais honnête. Retour à Asunción jour 8. Même bus, même heure de départ approximative. Jour 9, avant le départ, visite rapide de la Torre de Telecomunicaciones (vue sur la ville, 10 000 guaraníes pour l'ascenseur).
Les bons plans repérés sur place.
Cathédrale Métropolitaine d'Asunción (entrée libre, architecture coloniale imposante, vue sur le río Paraná depuis la plaza)
Reducción Jesuítica de Itá (ruines du XVIIe siècle, pierre rouge chaude au toucher, guide inclus, ~15 000 guaraníes)
Mercado Cuatro (marché couvert chaotique du Centro, tereré frais préparé sur place, imprévisible et vivant)
Filadelfia dans le Chaco (ville mennonite, air sec, architecture coloniale méconnue, à 8 h de bus)
Museo Etnográfico de Filadelfia (outils préhispaniques, guide passionné, 20 000 guaraníes)
Et au final.
Le Paraguay n'est pas une destination glamour. Asunción est bruyante, poussièreuse, avec une infrastructure touristique inégale. Mais nous avons apprecié son absence de cynisme, le caractère vrai des gens, les saveurs simples et diraines. Une semaine, c'est juste. Deux eussent été mieux. La bureaucratie du Palacio de López nous a frustré, et le Chaco, bien que différent, était moins spectaculaire que prévu.







