Comment ça s'est passé.
On a atterri à Schiphol vers 14h, pris le train direct jusqu'à Amsterdam Central Station en 7 minutes. Déjà, l'odeur caractéristique de la gare — mélange de café bon marché et de métaux humides — m'a rappelé qu'on n'était pas en France. Notre hôtel, le Rembrandt House Museum Hotel, était deux rues à l'est du Museumsplein. Installation rapide, puis première vraie gaffe : on a loué des vélos chez MacBike sans demander comment fonctionnent les freins à rétropédalage. Mon copain a foncé droit dans un canal en essayant de s'arrêter près du Pont Magere. Heureusement, eau peu profonde, juste mouillé jusqu'aux genoux et très humilié. Les jours suivants, on s'est organisé. Le matin du deuxième jour, levés à 5h30 pour prendre la lumière sur le Singel en direction du Bloemenmarkt. Pas de touristes à cette heure. Les fleurs — tulipes rouges et blanches — étaient fermées dans leurs serres flottantes. On a attendu l'ouverture du marché à 8h, bu un koffie mit melk au Café de Jaren (2,50 euros, servi en vrai bol, pas tasse). Goût sucré, lait chaud versé directement dans le café. Parfait. Le musée Van Gogh a occupé une journée entière. Billet online (20 euros), file d'attente réduite. Là, moment très bizarre : en regardant Les Tournesols, j'ai remarqué qu'on voyait vraiment les craquelures de la peinture à travers le verre. Ça m'a fait sentir l'urgence du geste de Van Gogh, pas juste admirer une image. Étrange comme sensation. Pour manger, on a trouvé des portions respectables à prix hyper corrects chez Bordewijk (plat du jour à 14 euros : crevettes sauce ail et persil, pâtes faites maison). Un soir, arnaque classique au Café Amsterdam près de la gare : 8 euros pour un verre de rosé qui valait même pas la moitié. On a payé sans protester, erreur. Les bars touristiques jouent sur le passage constant. Le jour 5, balade à vélo jusqu'à Zaanse Schans (à 20 minutes en train depuis Amsterdam Central + 15 min à pied). Les moulins à vent fonctionnent encore, son grave et répétitif des mécanismes en bois. Température froide, humidité collante, vêtements qui pèsent lourd. On a goûté du fromage frais à la fromagerie du site (prix normal pour la Hollande : 18 euros pour 500g de Gouda semi-vieux). Saveur nette, légèrement poivrée. Le jour 7, on a pris l'excursion d'une journée jusqu'à Volendam via la compagnie TT Line Bus (billet retour 12 euros, départ à 9h du terminal Prins Hendrikkade). Petit village de pêcheurs, maisons colorées, mais complètement packagé pour touristes. Même les « habitants » qui posaient en costume traditionnel changeaient de vêtements à 17h. C'était honnêtement décevant. Chaque souvenir, même bon marché, coûtait le triple d'Amsterdam. Dernier jour, on a retraversé les canaux à pied, sans plans. Les rues se ressemblent toutes, mais c'est voulu. On s'est perdu sept fois, demandé deux directions à des habitants (très gentils, réponse en anglais sans qu'on demande). Dernière bière dans un petit café sans nom, Heineken servie tiède, carrelage bleu et blanc typiquement néerlandais au sol. Pas de WiFi, pas de prises de charge. C'était reposant.
Les bons plans repérés sur place.
Singel au lever du soleil, avant 8h — fleurs flottantes du Bloemenmarkt presque intactes
Train vers Zaanse Schans, moulins en fonctionnement réel — le son grave du bois qui tourne
Salle Van Gogh au musée — texture craquelée des Tournesols à travers le verre
Petit café sans chaîne près de la Prinsengracht, Heineken tiède et vrai silence
Faire les freins rétropédalage sur un vélo loué avant de se lancer sur les rues principales
Photos — Amsterdam
Et au final.
Amsterdam vaut vraiment le coup : vélus, canaux, musées sérieux. Mais c'est aussi bruyant, gris trois jours sur quatre, et cher dès qu'on s'écarte des grandes rues. Les touristes en masse gâchent un peu l'atmosphère. On repartirait, mais en mai au lieu d'octobre.
