Comment ça s'est passé.
Arrivée à 6h45 à Keflavík avec Icelandair, l'aéroport sentait le café froid et les rues mouillées. J'ai pris le bus Flybus n°55 jusqu'à Reykjavik centrum pour 2700 ISK (19 euros). Première galère : la voiture de location chez Hertz avait une batterie faible, j'ai perdu 45 minutes à demander un remplacement. J'ai dormi deux nuits à l'hôtel Borg Hotel, place Austurvöllur, chambres correctes mais le wifi était de la merde. Au restaurant Dill Restaurant (Laugavegur), j'ai mangé du ling fumé avec du raifort pour 3200 ISK, excellent. Le lendemain matin, levé à 5h pour attraper le bus Reykjavik Excursions numéro 1 en direction du parc de Thingvellir, j'ai pris un café au Café Loki (5 minutes à pied de l'hôtel) : brioche à la rhubarbe et café noir, 1850 ISK. L'odeur de beurre chaud de la boulangerie m'a suivi dehors. Geysers et cascades : la vraie Islande bruyanteRoute 1 vers le nord, puis route 35 vers Geysir. À 7h30, j'ai vu le geyser Strokkur cracher de l'eau bouillante avec un bruit de tonnerre souterrain. Température ressentie : -2°C, gants trempés. Le petit geyser Geysir lui-même ne jaillit que quelques fois par an, c'était décevant de voir juste une mare fumante. J'ai acheté une soupe de poisson au Geysir Center pour 2400 ISK, tiède et écoeurante. Cascade de Gullfoss : j'y suis arrivé à 10h, il y avait déjà 200 touristes. L'eau de cette chute tombe sur 32 mètres d'un seul coup. On sent la puissance brute, pas juste visuellement, le bruit vous traverse le corps. J'ai glissé en descendant les marches mouillées, genou égratifié, pas grave mais ça m'a énervé. Jökulsárlón et la solitude glacialeTrois jours plus tard, route 1 plein sud vers le glacier Vatnajökull. Arrêt à Skaftafell : randonnée de 2 heures vers la langue glaciaire, chemin bien balisé mais la fin était un champ de pierres noires. Température : -8°C avec le vent, j'ai dû mettre un deuxième pull. L'air était sec, même l'intérieur de mon nez glaçait. Jökulsárlón en fin d'après-midi à 15h30, lever du soleil prévu à 15h45 en décembre. Le lagon était calme, des icebergs flottaient dedans, bleus et gris sale. J'ai pris une excursion en bateau amphibie avec Jökulsárlón Boat Tours (4900 ISK pour 30 minutes). Le moteur faisait un bruit de tracteur, mais c'était magn... non, c'était juste fort et beau. Silence sur l'eau, quelques otaries de mer en haut de la rive. Camping et mauvaise préparationJ'ai voulu rester en Camping Jökulsárlón pour économiser, grosse erreur. Le camping était fermé en décembre pour la saison d'hiver. J'ai dû rouler vers le village de Höfn (15 km) en pleine nuit, pas de gps stable, 45 minutes à zigzaguer. Nuit à l'hôtel Höfn Inn, chambre froide avec chauffage bruyant, 15 000 ISK pour une nuit. Restaurant Pakkhús à Höfn, fruits de mer frais : homard fermier et crevettes pour 4200 ISK, excellentes. Bière artisanale Einstök à 1200 ISK, miel et blé. Le serveur parlait parfait français, m'a expliqué que beaucoup de Français venaient en autobus. Retour vers le noir et le bleuRoute 1 vers l'ouest, arrêt à Skaftafell Inn pour une soupe de mouton islandaise (2200 ISK), chaleureuse. Glacier Vatnajökull visible à l'horizon, immense bloc blanc qui écrase le paysage. Dernière nuit à Reykjavik, Hotel Midgard, quartier ouest, plus tranquille, vue sur la baie de Faxaflói. Restaurant Grandi Fiskmarkaðir au port, fish and chips pour 2800 ISK, friture grasse mais correct. Pendant le repas, un camion de pêche a déchargé sa cargaison de 50 mètres, odeur salée et poisson cru mélangé. Température globale : -2 à -10°C selon l'altitude et le vent, l'air sec brûle la peau et les lèvres.Moment marquant : les icebergs de Jökulsárlón en fin d'après-midi, quand le ciel est devenu violet-orange pour 20 minutes (coucher de soleil décembre). Silence complet.Grosse déception : beaucoup de routes secondaires malpavées, voiture a vibré pendant 3 heures vers Mývatn.
Les bons plans repérés sur place.
Geyser Strokkur au parc Geysir : jaillissement d'eau bouillante vers 10h du matin, bruit de tonnerre souterrain
Lagon de Jökulsárlón en fin d'après-midi : icebergs bleus qui flottent, accès par route 1 depuis Höfn
Cascade Gullfoss : chute brutale de 32 mètres, senteur d'eau froide et humidité brute
Café Loki à Reykjavik (Laugavegur) : brioche rhubarbe et café noir, vue sur la rue animée
Route 1 entre Höfn et Vík : 200 km de paysage noir volcanique sans un bâtiment, climat délibérément hostile
Photos — Reykjavik et région Sud-Est
Et au final.
L'Islande en décembre, c'est une vraie épreuve physique. La beauté brute des geysers et des glaciers compense presque les 300 euros de l'essence et les 18 000 ISK de frais impromptus. Je n'y retournerais pas en hiver, les routes sont dangereuses et l'obscurité permanente pèse.
