Approche tibétaine

Détails de ce carnet de voyage :

1252 photos Pas de video 10 avis Par vico France
le 10 décembre 2015 à 15h04

Lieu en rapport avec ce carnet :

Pays :Chine ChineCarte Chine
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Présentation du carnet de voyage

Type de voyage : Circuit
But du séjour : Se cultiver / découvrir
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Description et avis sur le voyage :

Description du sejour :

Depuis plusieurs années nous avions envie d'aller au Tibet, ce rêve s'est finalement concrétisé en 2015.
Après nous être beaucoup documentés, notre choix s'est porté sur un circuit de 23 jours ( du 25 octobre au 16 novembre 2015) qui partait de Pékin, et se terminait au Népal, à Kathmandu.
Malheureusement, suite aux tremblements de terre qui ont sévi dans l’Himalaya en avril dernier, la frontière sur la Route de l’Amitié (Lhassa-Kathmandu), n’était pas encore ouverte au tourisme au moment de notre départ, et de ce fait notre voyage a été modifié.
Pour nous il se divise en deux parties: la Chine et le Tibet.
Il a commencé par les visites des deux capitales historiques de l’Empire du Milieu, Pékin et Xian et de leurs environs.
Il a continué par l’Amdo, une des anciennes régions du Tibet Historique (ou Grand Tibet), souvent méconnue, et qui nous a permis une bonne acclimatation avant de rejoindre la mythique Lhassa par le train le plus haut du monde.
Nous avons ensuite poursuivi avec la traversée de l’Himalaya à la découverte des points forts du Tibet, "le Toit du monde".
Accompagnés d'une spécialiste française du Tibet, et ayant la chance d'être un petit groupe de huit personnes, voici le déroulement du programme:

1er jour : Paris-Pékin

Envol vers Pékin sur vol régulier après 2 heures de retard à Roissy.

2ème jour : Pékin

Arrivée dans la soirée, premières impressions de nuit de la "capitale du nord" avec la place Tian'anmen et un marché nocturne.

3ème jour : Pékin

Nous commençons la journée par la visite du Temple du Ciel et ses jardins.
D'époque Ming il est la transposition terrestre de la cosmogonie chinoise.
Ensuite visite du Temple des Lamas pour une première approche du Bouddhisme Lamaïste.

4ème jour : Pékin-Datong train de nuit

Dès le matin, visite de la Cité Interdite: du palais de l’Union, des appartements privés de Qianlong, du palais de l’Harmonie ... un plongeon à l’époque des grands empereurs de Chine.
En début d'après-midi départ en bus privé pour aller découvrir l’incontournable Grande Muraille, "le dragon de dix mille lis" (le li étant une ancienne mesure chinoise et dix mille symbolisant l'infini), à partir d’un des tronçons les moins fréquentés et des plus impressionnants: Jinshanling.
Transfert à la gare dans la soirée pour rejoindre Datong en train couchettes.

5ème jour : Datong- Pingyao

Visite de l’un des plus beaux ensembles de sculptures bouddhiques de Chine, les grottes de Yungang classées au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Dans l’après-midi visite de l’impressionnant monastère Bouddhiste de Huayan.

6ème jour : Datong- Pingyao

Départ en train dans la matinée pour rejoindre Pingyao.
Première découverte de cette ville musée et nuit dans une maison traditionnelle au cœur de la vieille ville classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.

7ème jour : Pingyao-Xian

Visite de cette ville pittoresque où le temps semble s’être arrêté.
En fin d'après-midi balade sur les murailles d’enceinte de la ville.
Transfert à la gare en soirée pour prendre un train rapide (2h) pour Xian.

8ème jour : Xian

Matinée consacrée à la visite de la très célèbre armée enterrée de l’empereur Qin Shuang, où plus d’un millier de soldats ont été découverts et exposés au public.
Retour sur Xian pour profiter de la ville.

9ème jour : Xian-Train de nuit pour Lanzhou

Visite de la Grande Pagode de l’Oie Sauvage, édifiée en 652 dans un monastère qui accueillit Xuanzang, le plus célèbre des moines-pèlerins.
Dans l'après-midi visite du quartier Hui et de la Grande Mosquée (la plus grande et mieux préservée des premières mosquées de Chine), qui combine le style chinois et musulman.
Transfert à la gare en soirée et train de nuit couchettes pour Lanzhou.

10ème jour : Lanzhou-Xiahe

Lanzhou, dans la province du Gansu, est une étape sur le chemin qui mène au monde tibétain. C'était aussi une étape importante sur la route de la Soie.
Route vers Bingling et découverte de ses fameuses grottes des mille Bouddhas géants dont celui de 27m.
Après Linxia, capitale de la minorité musulmane chinoise Hui, on entre dans le pays tibétain de l’Amdo, une des trois régions traditionnelles du Tibet avec ses premiers chortens et lamaseries.
Arrivée à Xiahe en fin de journée.

11ème jour : Xiahe (3 049m d'altitude)

Xiahe est une petite ville de pèlerinage tibétain qui a su garder son authenticité. Elle est située dans la préfecture autonome tibétaine de Gannan de la province chinoise du Gansu.
Le matin, petite marche pour effectuer le Kora (promenade méditative tibétaine ) en se fondant aux pèlerins tibétains le long des moulins à prières.
Après le petit-déjeuner, visite du monastère de Labrang, un des six principaux monastères tibétains de la secte des Bonnets Jaunes ou Gelugpa à laquelle appartient le quatorzième dalaï-lama, Tenzin Gyatso.
Fondé en 1709, il abrite encore 1400 moines.
Les six grands monastères Gelugpa sont ceux de Ganden, de Drepung, de Sera ( proches de Lhassa), de Tashilhunpo, de Kumbum et celui de Labrang.
Dans l’après-midi, continuation de la visite avec le Barkhang, l’imprimerie traditionnelle du monastère (malheureusement fermée ce jour-là) et du Gongtang Chorten, haut de 31mètres, d’où l’on a une vue splendide sur le monastère.

12ème jour : Xiahe-Taer'si

Route grandiose vers Taer’si à travers des paysages de steppes, où les nomades tibétains et leurs troupeaux de yacks établissent leurs campements d’été.
Après le passage d’un col à 3 648m, le paysage change et la steppe se transforme en montagnes et canyons .
Arrivée à l’hôtel à Taer’si en soirée.

13ème jour : Xining-Lhassa (Tibet) en train

Taer’si est connue pour son très important monastère, le Kumbum, un des six autres grands monastères de l'école gélugpa. Il a été édifié par la mère de Djé Tsongkhapa (1357-1419), le fondateur de la secte des Bonnets Jaunes, pour marquer son lieu de naissance.
C’est également le lieu où naquit la tradition de la sculpture en beurre de yacks.
L’exploratrice et écrivain Alexandra David Neel y séjourna de juillet 1918 à février 1921, avant de se rendre à Lhassa.
Visite du monastère en matinée et transfert à Xinning pour embarquer dans l’après-midi sur le train le plus haut du monde en direction du Tibet.
Dîner et nuit dans le train en couchette 1ère classe.

14ème jour : Lhassa (3 660m d’altitude)

Découverte des grandioses paysages sauvages du Tibet à bord du train "le dragon de fer qui danse sur le Toit du monde" où la plupart du trajet se fait à plus de 4 000 mètres d’altitude et dont le point culminant est à 5 072 mètres, c’est la voie ferrée la plus haute du monde.
Arrivée dans l’après-midi à Lhassa après 21 heures de train et première découverte autour de notre hôtel, dans la vieille ville tibétaine.

15ème jour 15 : Lhassa-Ganden-Lhassa

Capitale historique du Tibet, Lhassa reste le cœur et l’âme du Tibet.
Visite du Potala, palais des Dalaï Lamas qui domine la ville.
Dans l'après-midi visite du monastère de Ganden édifié en 1409 par le grand moine Tsongkhapa.
Ganden apparaît comme un nid d’aigle, d’où l’on jouit d’une vue imprenable sur la vallée environnante.
Contrairement à ce qui se passe dans les autres monastères, le titre d’abbé de Ganden (Ganden Tripa) ne se transmet ni par hérédité, ni par réincarnation mais en fonction de l’érudition et de la valeur des candidats.
Nuit à Lhassa.

16ème jour : Lhassa

Tôt le matin visite du temple du Jokhang (appelé aussi Tsug Lakhang), centre spirituel du Tibet qui attire toujours des milliers de pèlerins qui se prosternent devant lui.
Balade dans le quartier du Barkhor, la vieille ville tibétaine et de son bazar où l’on trouve de nombreuses échoppes d’artisanat tibétain.
Dans l’après-midi, découverte des moines débatteurs au monastère de Sera dans les environs de Lhassa.
Nuit à Lhassa.

17ème jour : Lhassa-Samye-Tsedang (3 450m d’altitude)

Départ vers la vallée de Yarlung Tsangpo (Brahmapoutre en Inde) pour rejoindre la ville de Tsedang.
En route, arrêt pour effectuer la visite du monastère de Samye, le premier monastère du Tibet, construit en 775 sur les principes des mandalas.
Dans l’après-midi, excursion vers le Yumbulagang, le premier palais royal tibétain de la dynastie Yarlung (VIIe - IXe siècle). Ce bâtiment (aujourd’hui reconstruit) était considéré comme le plus ancien du Tibet. Il surplombe des paysages de cultures dans une vallée grandiose.
Nuit à l’hôtel à Tsedang.

18ème jour : Tsedang-Gyantse (4 040m d’altitude)

Le matin, route à travers le pays U-Tsang, passage du col Kamba-la (4 797 m) et découverte du magnifique lac Yamdrock aux eaux turquoises ( 4 488 m).
Après avoir longé le lac sur sa partie nord, passage du col Karo-La à 5 013m qui offre une vue splendide sur les glaciers.
Arrivée à Gyantsé en fin d’après-midi.

19ème jour : Gyantse-Shigatse (3 900m d’altitude)

Découverte de la ville de Gyantse qui a gardé son caractère traditionnel tibétain.
Cette ville, située au carrefour de routes commerciales vers l'Inde, le Bhoutan et le Népal, fut une ville de première importance dans l’histoire tibétaine à partir du XIVe siècle.
Visite du monastère de Pelkhor Chöde, édifié au XVe siècle avec son superbe Gyantse Kumbum (le Chorten aux Cent Mille Images).
Balade dans la vieille ville tibétaine encore conservée.
Déjeuner à Lhatse et arrivée en début d’après-midi à Shigatse (3 900 m d’altitude), la deuxième ville du Tibet.
Nuit à l’hôtel à Shigatse.

20ème jour : Shigatse-Baber (4 300m d’altitude)

Ancienne capitale du royaume de Tsang, Shigatse est dominée par la forteresse "Shigatse Dzong".
Visite du magnifique monastère Tashilhumpo au pied de la forteresse, fondé au XVe siècle, il était le siège du Panchen Lama (deuxième personnage de la hiérarchie bouddhiste lamaïste après le Dalaï Lama).
Départ sur la spectaculaire "Route de l’Amitié" (Lhassa-Kathmandu), qui permet d’admirer des sommets parmi les plus hauts du monde.
Passage du col Gyalstok-La à 5 248m et première vue sur le toit du monde, l’Everest.
Arrivée à l’hôtel Baber en soirée.

21ème jour : Baber- Shigatse

Retour vers Shigatse et visite du monastère forteresse de Sakya.
Siège de l'école Sakyapa du bouddhisme tibétain, il a été fondé en 1073 par Khön Könchog Gyalpo (1034-1102), premier Sakya Trizin (trizi : titulaire du trône) et membre de la noble et puissante famille Khön.
Le courant Sakya a conservé le principe de la transmission héréditaire : le 41èmeSakya Trizin, hiérarque principal du courant, est toujours un descendant du clan Khön.
Nuit à l’hôtel à Shigatse.

22ème jour : Shigatse – Lhassa (280km)

Nous voici arrivés au terme de notre voyage, nous reprenons une dernière fois la route jusqu'à Lhassa afin de gagner l'aéroport international pour rentrer en France.

23ème jour : Paris

Arrivée en France à Roissy Charles De Gaulle.

Dans les albums qui vont suivre, je vous parlerai plus en détail de ces monastères et de ses moines, des belles rencontres que nous avons faites avec le peuple tibétain.
Sachez que dans la plupart des monastères les photos sont interdites à l'intérieur, bien que les touristes chinois ne se privent d'en faire avec leur portable (pour eux ce ne sont pas des appareils photos!).
Celles que vous verrez sont permises ou bien autorisées contre paiement comme dans les monastères de Tashilumpo, de Sakya ou de Gyantse.


A ne pas rater sur place :

Par vico France
  • Lhassa, capitale sacrée du Tibet
  • La vallée de Yarlung Tsangpo et ses monastères
  • Le pays U-Tsang, ses montagnes enneigées et le lac Yamdrock et le lac

Avis global sur le séjour :

Avis global : Très bienTrès bienTrès bienTrès bienTrès bienTrès bienTrès bienTrès bienTrès bienTrès bien
Sachant ce que vit le peuple tibétain, ce voyage nous a particulièrement émus.
De par leur ferveur religieuse et leur culture, on ne peut rester insensible à leur histoire qui s'inscrit dans un long combat fait de drames successifs depuis tant d'années.
Cela restera l'un de nos plus beaux voyages, d'autant plus que nous avons eu la chance de bénéficier d'un temps magnifique tout au long de notre séjour.



Albums photos du voyage :

29 albums photos sont reliés à ce carnet de voyage :
Chine-02 Pékin: le Temple du Ciel et le Temple des Lamas
Ce matin retour à pied au sud-est de la place Tian'anmen pour aller visiter le Temple du Ciel (classé au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1998).
Situé au milieu du parcTiantian, il a été construit en 1420 sous le règne de l'Empereur Yongle, de la dynastie Ming, puis sous la dynastie Qing. Il forme un ensemble majestueux de bâtiments dédiés au culte.
Son agencement global, comme celui de chaque édifice, symbolise la relation entre le Ciel et la Terre – le monde humain et le monde divin – essence de la cosmogonie chinoise, ainsi que le rôle particulier des empereurs dans cette relation.
Véritable illustration de la cosmologie chinoise et emblème de la ville de Pékin, il était destiné à offrir aux empereurs de Chine, considérés comme les Fils du Ciel, une passerelle vers le monde céleste.
Après cette visite, nous prenons le métro pour nous rendre au Temple des Lamas (ou Yonghegong), connu également sous le nom de Lamaserie de l’Harmonie et de la Paix; c'est l'un des plus grands temples de Pékin.
Construit en 1694 par l'empereur Kangxi ( 3ème empereur de la dynastie Mandchou Qing ) comme résidence pour son fils le prince Yin Zhen.
Lorsque ce dernier lui succéda sur le trône en 1723, le nouvel empereur s'installa dans la Cité Interdite, il prit le nom de Yong Zheng et rebaptisa son ancienne demeure le Palais de l'Harmonie. Il fit aussi remplacer les tuiles vernissées vertes par des jaunes, la couleur impériale. En 1744, son successeur, l'empereur Qianlong transforma le palais en lamaserie en l'offrant au moines tibétains. Il devient le lieu de culte lamaïste le plus important hors du Grand Tibet.
Au temps de sa splendeur (XVIIIe et XIXe siècles), le monastère hébergea des centaines de lamas tibétains, de moines chinois, mongols et mandchous
Actuellement, des religieux (environ 70) mongols et tibétains vivent ici: en effet, le temple a survécu à la Révolution culturelle grâce à l'intervention du Premier ministre Zhou Enlai. Il a été rouvert au public en 1981.
52 photos
Chine-03 Pékin: La Cité interdite
Siège du pouvoir suprême pendant plus de cinq siècles (1416-1911), la Cité interdite est l'héritage culturel et d'architecture le plus important légué par les dynasties Ming et Quing. Son nom complet est la "Cité pourpre interdite", en référence à la petite étoile violette dans l'astronomie chinoise, c'est-à-dire l'étoile polaire de l'astronomie occidentale.
Avant 1924, année où elle a été ouverte au public, personne d’autre que l’empereur et sa cour n’avait le droit de s’en approcher ni même de la regarder, d'où son nom de "Cité interdite".
Les travaux du palais impérial commencèrent en 1407 pour s'achever en 1420, sous le commandement de Yongle, 3ème empereur de la dynastie Ming.
200 000 ouvriers travaillèrent d'arrache-pied pour édifier les dizaines de palais, les milliers de pièces, les douves, et les remparts.
Vingt-quatre empereurs et leur cour s'y sont succédés, quatorze de la dynastie Ming et dix de la dynastie Qing, jusqu’à Puyi (1906-1967), le dernier empereur, déchu à la proclamation de la République de Chine le 1er janvier 1912; néanmoins il résida dans la Cité jusqu'en 1924 (Puyi est décédé sans descendance).
La Cité s’étend sur plus de 72 hectares, compte 980 bâtiments abritant selon la légende 9 999 pièces (8 704, d'après une étude menée en 1973). Le chiffre de 9 999 s’explique par le fait que selon la tradition, seules les divinités avaient le droit de construire un palais comprenant 10 000 pièces. Les hommes, de ce fait, essayaient de se rapprocher aussi près que possible de leur idéal de perfection. Le nombre 10 000 représente symboliquement "une infinité dénombrable" en Chine.
L'architecture générale de la cité est basée sur le même plan que les maisons traditionnelles de Pékin, les siheyuan.
L'ensemble est divisé en deux parties: au sud, la cour extérieure (partie officielle) qui abritait le siège du gouvernement, au nord, la cour intérieure (partie privée), regroupant les appartements de la famille impériale. Il faut imaginer une vie entière cloîtrée derrière un mur d'enceinte, sans paysage, sans connaissance du monde extérieur. Les concubines rentraient dans le Palais Impérial dès l'âge de 14 ou 15 ans pour ne jamais plus en ressortir.
Certains empereurs, coupés de la réalité, ont perdu le sens des responsabilités politiques, laissant le pouvoir de décision aux eunuques.
Depuis 1987, la Cité interdite est inscrite sur la Liste du Patrimoine Mondial de l'Unesco.


37 photos
Chine-08: Xi'an, l'armée enterrée
Dans la matinée, nous prenons la route pour nous rendre sur le site (à 42 km de Xi'an) de l'armée enterrée de terre cuite du premier empereur, Qin Shi Huangdi (Qin se prononce T'sin, d'où la possible origine du mot Chine).
En 231 av.J.C., le suzerain du royaume de Qin décida d'unifier la Chine morcelée en royaumes et devint ainsi le premier empereur de Chine (221-210 av. J.C.).
Au delà de la conquête militaire, son oeuvre consista également à unifier l'écriture, les poids et mesures, la monnaie, les travaux de la Grande Muraille..., et la construction de son tombeau.
Le mausolée, de 115 m de haut, comprend d'une part le tombeau de l'empereur ( non encore fouillé), d'autre part les fosses où se trouvent les vestiges ensevelis de milliers de soldats de terre cuite. L'ensemble s'étend sur environ 56,25 km².
La construction de la nécropole a nécessité trente-six ans et plus de 700 000 ouvriers.
Actuellement, trois fosses ont été partiellement dégagées et ouvertes au public :
- la fosse N°1 a été découverte en 1974 et ouverte au public en 1980. C'est un cultivateur, Yang Zhifa, qui, en creusant un puits, a découvert la tête d'un guerrier et des pointes de flèches en bronze,
- la fosse N°2 a été découverte en 1976 et ouverte également en 1994. Le site fut pillé par Xiang Yu (le 2ème empereur), à peine quatre ans après la mort de Qin Shi Huangdi, pour récupérer les armes (réelles) des soldats de terre cuite. Cette fosse abrite des chars, des cavaliers et des fantassins au nombre de 1 300. Quatre belles statues sont exposées dans une salle du musée attenant,
- la fosse N°3 a été découverte plus tardivement, c’est la plus petite et la plus profonde. On y trouve environ 68 soldats et un char de guerre. Certains archéologues pensent qu'il s'agirait du commandement de l'armée enterrée.
Des bâtiments ont été construits au-dessus des trois premières fosses pour les protéger, les archéologues en ont trouvé de nouvelles.
En revanche, la tombe de l'empereur, située à environ 1,5 km à l'ouest, et recouverte d'un tumulus, n'a pas encore été fouillée par les archéologues. L'État souhaite attendre le développement de technologies qui garantissent que le contenu, en particulier la momie de l'empereur, ne subira aucun dommage. De plus, les archéologues cherchent à s'assurer que les pièges et les trappes équipées d'arbalètes, installées, pense-t-on, par l'empereur pour protéger sa dépouille des pillards, ne constituent pas un danger.
L’UNESCO a inscrit le site au Patrimoine Mondial en 1987.
23 photos
Chine-10: Bingling Si, des grottes au bord de l'eau
Lanzhou, sur la route de la Soie, est une ancienne cité dont la fondation, sous la dynastie des Han, remonte à 2 000 ans. C’est aujourd’hui la capitale de la province du Gansu.
Considérée comme la ville la plus polluée de Chine, il semblerait, d'après le gouvernement chinois, que ça ne soit plus le cas. Toutefois il est fortement déconseillé de s'y rendre au printemps; situées dans une cuvette, les usines, et en particulier les raffineries de pétrole, rejettent leur nuages toxiques dans l’atmosphère. Nous ne faisons qu'y passer.
Après une heure de route, pour rejoindre l'embarcadère (à 70 km de la ville de Lanzhou), nous prenons un petit bateau pour nous rendre sur le site des grottes de Bingling Si, appelées aussi les "Grottes aux Mille Bouddhas".
L'ensemble est composé de 183 grottes contenant 694 statues de pierre, 82 statues d'argile, stûpas et peintures murales. Un tour de force commencé sous la dynastie des Wei du Nord qui a continué pendant plus de 1 000 ans.
Redécouvertes en 1952 et ouvertes au public en 1980, elles furent longtemps préservées des guerres et des pillages à cause de l'inaccessibilité du lieu. Depuis la construction d'un barrage a proximité en 1967 et la montée des eaux conséquente, on peut maintenant accéder à ces grottes par bateau.
Fresques et statues constituent une des merveilles de l’art bouddhique rupestre.

41 photos
Chine-01 Pékin: Place Tian'anmen
Voici quelques photos prises le soir même de notre arrivée à Pékin.
Après avoir déposé nos bagages à l'hôtel, nous partons pour une première découverte de la place Tian'anmen.
Cette fameuse place nous l'avions déjà vu lors d'un précédent voyage en 1993.
Toujours aussi impressionnante, elle couvre une superficie de plus de 40 hectares. Il va d'ailleurs falloir emprunter les passages souterrains pour nous rendre d'un point à un autre car pas question de traverser à pieds, la nuit la place est fermée.
Elles est absolument vide, seules des voitures de police sont en stationnement.
Il nous faudra également passer plusieurs fois sous des portiques de sécurité avec détection de nos sacs aux rayons X.
Après avoir marché un bon moment, nous arrivons dans un marché pour nous restaurer, puis nous rentrons à l'hôtel en bus car après 11 heures de vol et un décalage horaire de 7 heures nous avons envie d'une bonne nuit de sommeil.
Le programme des jours suivants sera dense et nous aurons l'occasion de retrouver cette place dès le lendemain matin.
15 photos
Chine-04 Pékin: La Grande Muraille
La Grande Muraille ("le dragon de dix mille li") est un passage quasi obligé pour quiconque vient en Chine.
Il existe plusieurs tronçons pour les visites:
- Badaling (à 70km de Pékin) est le plus touristique et le plus accessible,
- Mutianyu (à 90km de Pékin), est assez sauvage,
- Simatai (à 110km de Pékin), est l'un des plus authentiques mais ponctué de parties très abruptes,
- Jinshanling (à 120 km de Pékin), est comparable à Simatai mais en moins fréquenté, c'est donc ce dernier que nous choisissons.
C'est la structure architecturale la plus importante jamais construite par l’Homme à la fois en longueur, en surface et en masse; sa longueur totale serait de 6 700 km.
Des études par satellite ont montré que de nombreux segments, d'une longueur totale d'environ 1 000 kilomètres, étaient de nos jours enfouis sous terre.
Populairement, on désigne sous le nom de "Grande Muraille" la partie construite durant la dynastie Ming (2 700 km à vol d'oiseau), entre Shanhaiguan (province du Hebei), qui marque l'extrémité orientale de la Grande Muraille au point où elle rejoint la mer de Bohai, et Jiayuguan (province du Gansu), qui marque l'extrémité occidentale.
Sa construction a débuté dès l'époque des Printemps et des Automnes (770-476 av. J.-C.), puis pendant la période des Royaumes Combattants (475 à 221 avant J.C.), pour se protéger des incursions des tribus mongoles.
En 221 av. J.-C., le premier empereur, Qin Shi Huangdi (celui dont le tombeau renfermait 8000 soldats en argile grandeur nature à Xian), décide d'unifier les portions déjà existantes afin de poursuivre sa politique d'expansionnisme. Son tracé reprenait des tronçons de murs défensifs plus anciens, qui furent ainsi réunis, prolongés et consolidés.
Entre 206 av. J.-C. et 220 apr. J.-C., la dynastie Han continue la construction de la Muraille.
C'est sous la dynastie Ming (1368-1644) que la Muraille prend sa forme actuelle pour empêcher les armées mongoles et mandchoues d'envahir la Chine.
1598 voit l'achèvement de la Grande Muraille, dans la région située au nord de Lanzhou.
La Grande Muraille de Chine est inscrite sur la liste du Patrimoine Mondial de l'UNESCO depuis 1987.

25 photos
Chine-05: Datong: Grottes de Yungang et monastères Huayans
Après une nuit en train-couchettes, arrivée à Datong dans la province du Shanxi.
Nommée Pingcheng pendant la dynastie Han, Datong fut capitale sous les Wei du Nord (386-534) mais perdit en 494 son rang au profit de Luoyang. Elle fut renommée Datong en 1048.
A 16 km à l'ouest de Datong, nous allons découvrir les grottes de Yungang taillées dans les falaises de grès de la Montagne de Wuzhou. C'est l’un des quatre plus célèbres sites de sculptures rupestres bouddhiques de Chine.
Leur construction a été initiée en 453 sous la dynastie des Wei, sous les ordres du moine Tanyao et s’est poursuivie jusqu’à la dynastie des Tang.
On distingue trois périodes:
- période ancienne (460-465) qui comprend 5 grottes principales (numérotées de 16 à 20) qui ont été creusées sous la direction du moine Tanyao. Elles abritent des statues géantes (13 à 15m de hauteur),
- période moyenne (vers 471-494),
- période récente (494-525).
D'est en ouest sur environ 1 km de long, ces grottes, au nombre de 252, renferment près de 51 000 statues de bouddhas, bohisattvas et gandharvas sculptées à même la pierre, d’un style architectural mélangeant à la fois l’art traditionnel chinois et les influences étrangères amenées par la Route de la Soie, lien de contact entre les civilisations de l’Occident et de l’Orient.
Quarante cinq grottes sont ouvertes au public. Certaines (notamment la N°5 et N°6) sont particulièrement impressionnantes car très colorées et finement détaillées, malheureusement les photos sont interdites.
Les grottes de Yungang sont inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2001.

De retour à Datong, visite du monastère Huayan, signifiant "Guirlande de Fleurs".
Construit sous la dynastie des Liao au cours du XIe siècle, il ne formait qu’un monastère mais au début du XVIe siècle, il a été divisé en deux monastères distincts.
Le premier, appelé Shang Hua Yan, date de 1038. Il a été en parti détruit mais il subsiste encore une très belle bibliothèque. Dans la salle principale du monastère, la salle Mahâvîra, se dressent cinq bouddhas dorés de taille impressionnante, entourés de nombreuses statues de soldats et de bodhisattvas (photos interdites).
Le deuxième monastère, nommé Xia Hua Yan est doté d’un toit original. A l’intérieur, il est décoré de très jolies peintures datant de la dynastie Qing ainsi que de statues de l’époque Ming.
49 photos
Chine-06: Pingyao, un voyage dans le passé
Visiter Pingyao c'est faire un saut dans le passé: abritée derrière ses remparts d'origine elle a réussi à conserver son histoire intacte.
A deux reprises, sous les empereurs Ming puis avec les Qing, la cité Han a connu l'opulence. En 1824, date de création de la Banque Rishengchang, elle devient la capitale financière de toute la Chine et le restera jusqu'à l'aube du XXe siècle.
Pékin ayant repris les marchés financiers de cette petite ville provinciale, elle tomba dans l'oubli et la décrépitude. C'est ce qui la sauvera des exactions des gardes rouges pendant la Révolution culturelle.
A la fin des années 80, l'accélération du développement économique aboutit à la destruction hâtive d'une partie du patrimoine à travers le pays. Pingyao y échappe grâce à l'influence conjuguée d'un professeur d'urbanisme de Shangai, Ruan Yisan, du cinéaste Zhang Yimou qui tourne "Epouses et concubines" dans la région, et à la prise de conscience de la manne financière liée au tourisme.
Classée en 1986 par les Chinois, elle est inscrite au patrimoine de l'UNESCO depuis 1997.
Le lendemain de notre arrivée, nous débutons la journée par la visite de quelques-unes des nombreuses anciennes résidences, appelées siheyuan (près de 3 800), datant des dynasties Ming (1368-1644) et Qing (1644-1912).
Nous continuons avec la visite de 2 temples (à voir dans le prochain album), en attendant je vous invite pour une balade sur les remparts de la ville.
La forteresse est entourée de douves et la muraille, longue de 6km, est percée de 7 portes : 1 au nord, 2 au sud, 2 à l’orient, 2 à l’occident. Les 3 000 créneaux et 72 tours de guet font écho aux 72 sages et 3 000 disciples de Confucius.
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Chine-07: Pingyao, temples et bâtiments officiels
Pyngyao renferme plusieurs temples bouddhistes, taoïstes et confucéens.
Après la visite des demeures anciennes, le 1er jour, nous allons au temple des Dieux de la Cité.
Le lendemain nous partons visiter le temple de Confucius, le plus ancien bâtiment de Pingyao et nous terminons par la visite d'un Yamen (l'ancien siège du gouvernement).
Après dîner transfert à la gare pour prendre un train rapide (2h) pour Xian.
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Chine-09: Xi'an, capitale de la Chine ancestrale
Autrefois appelée Chang’an (Paix Eternelle), Xi'an (Paix Occidentale) a une histoire de plus de 3 000 ans, et possède encore son enceinte fortifiée datant de l'époque Ming.
Elle connut les heures de gloire de la dynastie des Han (206 av. JC.- 8 apr. JC.), puis de celle des Tang (618-907). Elle n'a d'équivalent que Rome ou Byzance.
Capitale de l'empire de Chine, elle fut également capitale de l'ancienne route de la Soie. C'est là que des marchands, venus d'Asie Centrale, se rassemblaient avant de prendre la route de l'ouest, de traverser les déserts les plus redoutés de la planète et d'escalader les plus hauts sommets du monde. Ceux sont ces mêmes marchands qui ont introduit l'islam en Chine; leurs descendants, les Hui, pratiquent l'islam sunnite. Le terme Hui est originaire du mot en mandarin "Huihui", un terme utilisé dans un premier temps sous la dynastie Yuan pour décrire les personnes venant d'Asie centrale, de Perse ou des pays arabes et qui résidaient en Chine (des musulmans vivent dans toutes les régions de Chine: Ouïghours, Kazakhs, Dongxiang, Kirghizes, Salars, Tadjiks, Ouzbeks, Bonan et Tatares).

De retour en ville, après la visite de l'armée enterrée, balade et dîner dans la quartier musulman où les ruelles fleurent bon les épices, et où vivent plus de 30 000 mille Hui.

Le lendemain nous visitons la grande pagode de l'Oie Sauvage, emblème de la ville de Xi’an.
Erigée en 652, sous la dynastie Tang, par l’empereur Xuan Zong (618-907), elle comportait cinq étages. Elle a été reconstruite en 704, pendant le règne de l'impératrice Wu Zetian et sa façade en briques a été restaurée pendant la dynastie Ming.

L'après-midi, nous retournons dans le quartier musulman pour découvrir la Grande Mosquée.
Cette mosquée est l’une des plus grandes et plus anciennes mosquées de Chine. Erigée en 742 sous la dynastie Tang, elle allie traditions musulmanes et chinoises: on y retrouve l’ensemble des lieux d’une mosquée, mais disséminés dans plusieurs pavillons agrémentés de parterres et de bosquets.
Elle a probablement été fondée par l'amiral Cheng Ho, le fils d'une famille musulmane prestigieuse et Hajj.

Lors d'un précédent voyage, en 1993, nous avions eu l'occasion de découvrir Xi'an, c'est avec beaucoup de plaisir que nous avons retrouvé cette ville pendant deux jours.



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Chine-11: Xiahe, monastère de Labrang (1)
En arrivant à Xiahe (2 960m), dans la province du Gansu, j'ai la sensation de quitter la Chine car nous entrons dans le pays tibétain de l'Amdo (Tibet oriental).
Pour mieux asseoir son autorité sur la région et pour éviter tout retour en arrière, après son annexion en 1959, le régime chinois redessina le Tibet en 1965, en l'amputant des provinces de l'Amdo (intégrée dans les provinces du Qinghai, du Gansu et du Sichuan) et du Kham (une partie du territoire est partagé entre les provinces du Sichuan et du Yunnan). Les noms de ses deux vastes régions ont ainsi été rayés des cartes chinoises et près de 4 millions de Tibétains se sont retrouvés hors des frontières de la "région autonome".
Pour autant, les habitants ont gardé leurs traditions et leur inaltérable ferveur religieuse en est la preuve.
Xiahe est connu pour le monastère de Labrang, l’un des six grands monastères Gelugpa (Bonnets Jaunes), école du bouddhisme tibétain, dont le Dalai Lama est l’autorité spirituelle.
Ce monastère, fondé en 1709 par le premier Jamyang Zhaypa , Ngawang Tsondru (1648-1722), accueille le plus grand nombre de moines en dehors de la région autonome du Tibet (à son apogée le monastère accueillait près de 4 000 moines), environ 1000 moines y vivraient actuellement.
Labrang abrite six collèges ou instituts monastiques (appelés tratsangs) enseignant la médecine tibétaine, la haute et basse théologie, l'astrologie, l'enseignement du bouddhisme ésotérique et le droit.
Fermé en 1958 par les autorités chinoises, le monastère a été ré-ouvert comme monastère fonctionnel par le 10e Panchen Lama en 1980. A tous moments la région peut être interdite aux voyageurs étrangers en cas de révoltes ou de contestations tibétaines (en 2008 et 2012).
Notre hôtel tibétain est situé tout près du monastère et dès le lendemain matin, avant le petit-déjeuner, nous entamons le kora (promenade méditative tibétaine) en nous fondant aux pèlerins le long des moulins à prières.
Dans la matinée nous retournons dans la cité monastique, c'est un éblouissement.
La visite des principaux bâtiments, le temple Manjushri, le Serkung (temple d'or ) et la principale salle de prière (salle des Grands Sutras), ne peut s'effectuer que dans le cadre d'une visite guidée en anglais. A l'intérieur, les photos sont interdites.

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Chine-12: Xiahe (2 960m), monastère de Labrang (2)
Le monastère de Labrang, porte bien son nom de "petit Tibet", il couvre une superficie de 87 hectares et j'aurais aimé rester un peu plus longtemps pour le découvrir entièrement.
Poursuivons la visite ( sans photos à l'intérieur) avec l'Institut de Médecine (la médecine tibétaine est maintenant enseignée à l'hôpital de médecine tibétaine de Xiahe), le temple de Manjushri, le Serkung (le Temple d'Or), la principale salle de prières (la Salle des Grands Sutras), et la Pagode Gongtang avec son monumental chörten doré.
Mais grande déception, au moment de visiter le Barkhang (l'imprimerie), nous apprenons que celui-ci est fermé, pourquoi? Nous ne le saurons pas. Les moines impriment encore aujourd’hui de façon traditionnelle, sur du papier de riz, des textes sacrés et profanes.
Dans son livre, "Au pays des brigands gentilshommes" (1933), Alexandra David-Néel évoque son séjour à Labrang en mars 1921.
Je suis tombée sous le charme de ce monastère avec ses bâtiments aux couleurs chaudes ou blanchis à la chaux et ses toits dorés. Il semble actuellement bien tranquille, mais il est l'objet d'une surveillance accrue, espérons que moines et population puissent vivre sereinement.
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Chine-13: Le village de Bajiao
Nous prenons la route vers Taer’si à travers un paysage de steppes, où les nomades tibétains et leurs troupeaux de yaks établissent leurs campements d’été.
Après le passage d’un col à 3 648m, le paysage change et la steppe se transforme en montagnes et canyons.
A une trentaine de kilomètres de Xiahe, nous arrivons dans le village fortifié de Bajiao, entouré de falaises abruptes.
C'est un village datant de la dynastie Han (221-207 avt JC), vieux de plus de 2000 ans. Il a conservé de l’époque des invasions mongoles des remparts dodécagonaux, en forme de croix, en terre de plus de 10 m de haut, des portes permettaient d'y pénétrer. Bajiao fut un centre prospère d'échanges de produits agricoles et d'élevage.
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Chine-14: Le monastère Bön de Tseway
Avant de quitter la région de l'Amdo, nous allons au gompa (monastère) Bön de Tseway.
C'est l’un des 350 temples existants de la religion bön et l'un des rares de la province du Gansu. Détruit pendant la Révolution culturelle il a été reconstruit en 1982.
Cette religion pré-bouddhique comportait des éléments animistes et tantriques aux origines mal connues, mais certains rites et textes Bön furent intégrés au Bouddhisme quand il s'est s’est répandu.
"Ce n'est qu'au VII siècle après J.C. que le bouddhisme fut introduit au Tibet. Le "Toit du Monde" est en effet l'une des dernières grandes nations asiatiques à s'être convertie à cette tradition. La conversion du peuple tibétain fut rapide et complète. La religion bön qui existait dans le pays et qui occupait une place importante dans le quotidien des tibétains, fut beaucoup moins pratiquée et donc ainsi quelque peu oubliée. Cette religion fait pourtant partie intégrante de l'identité tibétaine et ceci est si vrai et essentiel dans l'histoire de ce peuple que Sa Sainteté le Dalaï Lama et le gouvernement en exil, l'ont officiellement reconnue en 1987 comme étant la 5ème école tibétaine". (Extraits d'une interview donnée par le Lopön Tenzin Namdak, l'un des grands maîtres actuels de cette tradition).
Cette reconnaissance officielle a été accueillie avec soulagement par la population bönpo après des siècles de rejet. Cette cinquième école spirituelle tibétaine inclut le Bön ancien, le Yungdrung Bön et le nouveau Bön.
S'il existe des monastères bön dans tout le Tibet, la plus forte concentration se situe dans la région du Kham et la région du Mont Kailash. Au Tibet central, le siège principal du bön est le monastère de Yundrung Tashinling, près de Shigasté.
Les deux principaux monastères bönpos Menri (fondé en 1405) et Yungdrung Ling (fondé en 1834) ont été détruits au Tibet après 1959. Les réfugiés sont d'abord allés à Dolanji, en Inde puis aussi à Katmandou, au Népal, à partir de 1986. Sa Sainteté Lungtok Tenpai Nyima Rinpoche est le chef spirituel du monastère de Menri à Dolanji, et Yongdzin Tenzin Namdak Rinpoche est le fondateur du monastère de Triten Norbutse à Katmandou.
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Chine-15: Monastère tibétain de Kumbum
Surprise ce matin au réveil, il a neigé dans la nuit. C'est sous un ciel gris et une pluie fine que nous partons pour la visite du monastère de Kumbum (à 2 600m d'altitude), situé à 25 km de Xining, capitale de la province de Qinghai (dans l'Amdo, ancienne région du Tibet historique).
Le premier temple du monastère a été édifié en 1560 par Oser Gyamtso, à la demande du IIIème Dalaï-Lama, sur le lieu de naissance présumé de Tsongkhapa (né en 1357), fondateur de la secte des Bonnets Jaunes. C'est l'un des six grands monastères de l'école Gelugpa du bouddhisme tibétain (les autres monastères étant Labrang, Sera, Drepung, Ganden et Tashilumpo), à laquelle appartient l'actuel dalaï-lama,Tenzin Gyatso, né le 6 juillet 1935 à Taktser (Hongya), tout près du monastère, accentuant ainsi son importance aux yeux des tibétains.
La légende affirme qu'à l'endroit où Tsongkhapa est né, du sang serait tombé sur le sol et un arbre de santal blanc aurait poussé. Par son pouvoir, Tsongkhapa aurait marqué chacune des 100 000 feuilles de cet arbre d’images de déités tibétaines. D'ailleurs "Kumbum" signifie en tibétain "Cent Mille Images".
Pendant la période communiste, le monastère a été fermé un certain temps, mais les bâtiments furent protégés pendant la Révolution culturelle. D'importants travaux de restauration ont été entrepris, à la suite du tremblement de terre de 1990.
Le complexe monastique regroupe plusieurs bâtiments dont les plus importants sont: Le Chorten de 13 mètres de haut, le Grand Pavillon au Toit d'Or, le Petit Pavillon au Toit d'Or, le Temple de la Longévité, le Pavillon de la Méditation, le Pavillon de Maitreya (Bouddha du Futur), le Pavillon des Neuf Salles, le Pavillon des sculptures de beurre de yaks, etc... Neuf salles sont ouvertes au public, les photos sont interdites à l'intérieur.
Le père Régis Évariste Huc (1er juin 1813- 27 mars 1860), religieux français de l'ordre des Lazaristes, qui fut missionnaire en Chine au XIXe siècle, y séjourna avec quelques compagnons en 1845. Il perfectionna sa pratique de l'écriture et de la langue tibétaine et étudia le bouddhisme. Il évoque longuement ce séjour dans son livre "Souvenirs d'un voyage dans la Tartarie et le Thibet" (Tibet est parfois orthographié "Thibet", notamment dans les récits de voyages).
Lorsque l'exploratrice française Alexandra David-Neel (1868-1969) y résida avec Aphur Yongden (en 1914, elle rencontre le jeune Aphur Yongden au Sikkim, âgé de 15 ans, dont elle fera son fils adoptif en 1929) de juillet 1918 à février 1921, le monastère comptait 3 800 moines.
Même si le monastère comporte de beaux monuments, les Chinois ont considérablement transformé le site en musée pour touristes.
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Tibet-16:Lhassa par le train le plus haut du monde
En début d'après-midi, départ pour rejoindre la gare de Xining. Après avoir traversé l'immense parking, nous devons prendre la file d'attente pour les vérifications d'identité et de permis de séjour au Tibet. La foule de voyageurs est impressionnante, heureusement nous arrivons à trouver une place assise dans la salle d'attente.
Vers 16 heures, et après un énième contrôle, nous embarquons à bord du train, "le dragon de fer qui danse sur le Toit du monde".
Le tronçon Xining Lhassa comprend 960km de voie ferrée à plus de 4 000m d’altitude. Tanggula, à 5072m, est la plus haute gare du monde (le record précédant était de 4 829 m détenu par le train de la Sierra, à la gare de Ticlio, au Pérou), et le tunnel de Fenghuoshan, à 4 905m, le tunnel le plus haut du monde.
Plus de 80% de la voie est construite sur du pergélisol (permafrost), c’est à dire sur des terres gelées la plupart du temps et pour lesquelles il a fallu tenir compte, lors de la construction de la voie, des dégels partiels.
La voie ferrée qui relie Pékin à Lhassa sur 4 064km a été inaugurée le 1er juillet 2006 par Ju Jintao, administrateur du Tibet de 1988 à 1992 et président de la République Populaire de Chine du 15 mars 2003 au 14 mars 2013. Une extension de la ligne de Lhassa à Shigatsé, la deuxième plus grande ville de la Région Autonome du Tibet est entrée officiellement en service le 15 août 2014.
La ligne de chemin de fer n'est pas du goût de l'Inde en raison des implications militaires et du renforcement potentiel de l'armée chinoise déjà importante au Tibet. Des observateurs étrangers craignent que cette ligne ne favorise une immigration en provenance du reste de la Chine (notamment de Chinois de l'ethnie Han) et qu'elle n'amène les Tibétains à devenir minoritaires. On craint également que le gouvernement n'utilise la ligne pour renforcer sa présence militaire dans la région, et qu'il n'augmente l'exploitation des ressources naturelles avec tous les risques que cela représente pour l'environnement fragile du Tibet.
Nous nous installons dans notre compartiment en 1ère classe ("couchettes molles"), prévu pour 4 personnes, c'est un peu exigu avec les bagages. Une grosse couette nous attend pour la nuit et un système de distribution d’oxygène est installé à proximité de chaque couchette en cas de problème respiratoire. Tout le long du couloir des strapontins sont installés près des fenêtres, nous pouvons ainsi profiter du paysage. Le voyage va durer 21 heures pour effectuer 1 972 km .
Le train est pressurisé, isolé de l’extérieur, avec un système d’air conditionné puissant qui ventile un air enrichi en oxygène dans les couloirs. Impossible d’ouvrir la fenêtre pour prendre une photo lorsqu’il roule à 5 000m d’altitude!
Dans la nuit, je suis réveillée par un état un peu nauséeux; de ma couchette je regarde par la fenêtre, le spectacle est époustouflant: le ciel, éclairé par la lune, est totalement dégagé et constellé d'étoiles (pas mon appareil sous la main et je ne veux réveiller personne). Je me lève sans bruit et je vais dans le couloir, tout est calme. Un tableau indique la température, l'altitude et la vitesse du train. Le lendemain matin, le ciel est un peu nuageux mais nous pouvons profiter de la vue sur des sommets enneigés.
Nous arrivons à Lhassa sous un soleil éclatant; j'ai quitté la Chine pour entrer dans le monde tibétain...



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Tibet-17: Lhassa, le Potala (3 700m)
En sortant de la gare, la découverte de Lhassa me déconcerte, c'est un choc de découvrir que la capitale du Tibet est en majorité une ville chinoise (60% des habitants sont des Chinois de l'ethnie Han). D'ailleurs Lhassa vit à l'heure de Pékin, histoire de bien montrer qu'on est en Chine. Ce n'est qu'en pénétrant dans le quartier du Barkhor qu'on découvre l'âme tibétaine et la ferveur des pèlerins.
Restée longtemps interdite aux étrangers, Lhassa attire comme un aimant, le père Régis Évariste Huc et le père P. Joseph Gabet parviennent à Lhassa, le 20 janvier 1846, après 18 mois de voyage. Ils sont les premiers étrangers à se rendre à Lhassa depuis Thomas Manning en 1811-1812, et précèdent de 85 ans le passage de la première femme occidentale, Alexandra David-Néel.
Nous commençons notre journée par la visite du Potala, il ne faut pas arriver en retard car le billet n'est pas échangeable. Après les contrôles d'identités (ne pas oublier le passeport), la fouille des personnes et des sacs (les bouteilles emplies de liquides sont interdites), nous pouvons enfin pénétrer dans le palais-forteresse (dzong).
La première construction remonte au VIIe siècle, sous le règne du roi Songtsen Gampo, il fut ensuite reconstruit au XVIIe siècle par le 5e dalaï-lama, Lobsang Gyatso (1617-1682). Il devint le palais d'hiver des dalaï-lamas successifs (après la construction, au XVIIIe siècle, par le 7e dalaï-lama, Kelzang Gyatso, du Norbulingka, le palais d'été), jusqu'à la fuite en Inde du 14e dalaï-lama, Tenzin Gyatso, après le soulèvement contre l'armée chinoise, en 1959. Aujourd'hui, le palais est devenu un musée. Il est strictement interdit de faire des photos à l'intérieur, caméras de surveillance et gardiens sont là pour nous le rappeler.
Le Palais du Potala bénéficie d'une protection forte en tant que patrimoine national d'Etat Chinois depuis 1961, à l'initiative de Zhou Enlai. Grâce à cette protection, il a échappé au vandalisme lors de la révolution culturelle où plus de 6 000 monastères, lieux de culte et ermitages furent détruits. Malgré tout, plus de 7 000 volumes (certains pesant plus de 40kg) ont été emporté sur ordre des autorités chinoises.
Il est inscrit au Patrimoine Mondial de l'UNESCO depuis 1994.
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Tibet-18: Lhassa, monastère de Ganden (4 700m)
L'histoire du monastère de Ganden est une illustration frappante des récents tourments du Tibet.
C'est le premier monastère de l'école des guélugpa (appelés Secte des "Bonnets Jaunes") construit en 1409 par le fondateur même de la secte, Djé Tsongkhapa, qui en fut le premier abbé. Située à 35 km de Lhassa, cette université monastique a toujours été réputée pour son enseignement.
En 1966, les canons des gardes rouges encerclent Ganden et ses 2 000 moines. Pendant que les tanks bloquent l'unique route, canons et avions pilonnent le monastère pendant plusieurs jours. Les moines qui tentent de s'échapper sont mitraillés Des centaines de bâtiments de l'ancien monastère, il ne reste que quelques pans de murs avant que la reconstruction ne débute en 1986 à l'initiative des habitants, malgré les réticences des Chinois.
En mai 1996, nouveau drame: les Chinois poursuivant une campagne de nationalisation, entrent dans Ganden pour y faire retirer de force toutes les photos du dalaï-lama. Deux d'entre eux résistent et sont froidement abattus sur place. D'autres blessés tentent de s'enfuir, certains y parviennent, mais la plupart sont jetés en prison. Ceux autorisés à rester au monastère doivent se soumettre à des cours intensifs de "rééducation patriotique".
Contrairement aux autres monastères, le titre d'abbé de Ganden n'est pas issu de la réincarnation, mais l'Elu est choisi parmi les moines les plus éveillés des Gelugpa tous monastères confondus et sans ségrégation de classes. Il porte le titre de Tri Rinpoché ou Tripa. Personnages très influents, ces abbés furent parfois choisis comme régents jusqu'à la majorité du dalaï- lama. Son mandat dure 7 ans, le dernier en date a du fuir la répression pour rejoindre le Dalaï-lama en Inde. Aujourd'hui il reste à peine 300 moines et novices à Ganden (3 000 à son apogée).
A l'intérieur les photos ne sont pas autorisées et certaines salles étaient fermées.
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Tibet-19: Lhassa, le Barkhor et le temple du Jokhang
Trois cercles concentriques de prières font le tour du temple du Jokhang. L'un d'entre eux passe par le quartier du Barkhor où de nombreux pèlerins marchent pendant des journées entières en faisant tourner leurs moulins à prières.
Le monastère du Jokhang, temple le plus ancien du Tibet, est aussi l'édifice le plus sacré du pays. Édifié en 639, il abrite la statue du Bouddha (le Jowo), apportée par la princesse chinoise Wensheng (de la dynastie Tang et bouddhiste), l'une des deux épouses du roi Songtsen Gampo. Pouvoir contempler cette statue une fois dans sa vie est le souhait le plus cher de tout tibétain.
En 1959, lors de la révolte de Lhassa, les chars chinois détruisirent la façade du Jokhang, qui fut transformé en porcherie durant la Révolution culturelle. Il a été reconstruit depuis. En 2000 il a été inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO dans l' "ensemble historique du palais du Potala".
C'est là que le jeune dalaï-lama, alors âgé de 15 ans, et se préparant à ses examens, apprit l'invasion chinoise. C'est là aussi que le panchen-lama (2ème autorité après le dalaï-lama), revenant de 18 ans d'exil (et de lavage de cerveau) refusa par respect de s'asseoir sur le trône du dalaï-lama, lors d'une cérémonie du Nouvel An en 1987.
Le temple du Jokhang est un vaste complexe de chapelles, de cours et de bâtiments d'habitations et de services. Après avoir traversé un corridor étroit, on accède à une grande cour à ciel ouvert, au milieu se trouve le trône du Dalaï-lama, deux ouvertures latérales donnent accès à un corridor composé de centaines de moulins à prières pour y accomplir le parikrama, la circumambulation du Nangkhor. De part et d'autre de l'entrée du temple principal, des peintures décrivent le voyage de la princesse Wencheng jusqu'à Lhassa et son mariage avec le roi.
Au centre de la salle centrale s'élèvent quatre grandes statues; la salle est entourée de chapelles dédiées à différentes divinités (Tsongkhapa, Avalokiteshvara, Maitreya, Amitabha, Sakyamuni, Amitayus le bouddha de la longévité, aux bouddhas de médecine, aux trois rois Trisong Detsen, Songtsen Gampo et Ralpachen).
La chapelle principale du fond dédiée à Sakyamuni abrite le Jowo, une statue du Bouddha dans sa forme de gloire.
Bien sur les photos sont interdites à l'intérieur, mais nous avons eu la permission d'en faire quelques-unes de tibétains en costume.
C'est tôt, le matin, qu'il faut suivre les pèlerins qui se rendent au temple, le spectacle est envoûtant.
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Tibet-20: Lhassa, monastère de Sera
Situé à 5 km de Lhassa, au nord du temple du Jokhang, Sera est l'un des trois grands monastères de l'école Gelugpa (secte des Bonnets Jaunes) avec les monastères de Ganden et Drepung. Leur importance les fit appeler "les trois piliers du Tibet".
Le monastère a été fondé en 1419, par Jamchen Chojey, un disciple de Die Tsongkhapa (le fondateur de la branche Gelugpa du bouddhisme tibétain).
Comme les monastères de Drépung et Ganden, il comprend trois collèges:
- le Sera Mey Dratsang, construit en 1419 où est donnée l'instruction fondamentale aux moines,
- le Sera Je Dratsang, construit en 1435 qui est le plus grand des trois et réservé aux moines en voyage, notamment des moines mongols,
- le Ngagpa Dratsang, construit en 1559, qui est une école pour l'enseignement des tantras Gelugpa.
A son apogée il abritait plus de 5 000 moines et novices. Très endommagé, en 1947 lors de la répression gouvernementale tibétaine contre les partisans de Réting Rinpoché, en 1959 après l’intervention militaire chinoise au Tibet (ses collèges ont été partiellement détruits et des centaines de moines tués), puis sous la Révolution culturelle (1966-1977), le monastère a été restauré; il abritait environ 550 moines début 2008. Après les troubles au Tibet, en juin 2008, il n’en restait plus qu’une poignée. Actuellement, une centaine de moines occupe les lieux.
Un monastère du même nom a été refondé en exil, à Bylakuppe, près de Mysore( État du Karnataka) en Inde. Aucun des moines de l'université tantrique de Ngagpa Dratsang n'ayant survécu à l'invasion, seuls les collèges de Sera Mey et Sera Jey ont été refondés.
Avec ses allures de village, Sera constitue une visite très intéressante, en particulier les débats des moines dans le jardin du monastère auquel nous avons pu assister. Seules les photos à l'extérieur, sont autorisées.
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Tibet-21: Vallée du Yarlung
Ce matin, sous un soleil éclatant, départ par la vallée du Yarlung pour rejoindre Tsedeng.
La vallée du Yarlung, dans le Tibet Central, n'est autre que le nom tibétain du Brahmapoutre qui enserre le Namcha Parwa (7 756 m) et sort du pays pour aller se jeter dans le Gange. Elle n'abrite pas moins le premier village tibétain (en contrebas de Yumbulakang ou Yumbulalang), le palais où vécut le premier roi du Tibet ainsi que le premier monastère tibétain (Samye) que nous visiterons en cours de route. C'est aussi le berceau de la dynastie Yarlung des rois du Tibet.
Le fleuve parcourt trois pays différents et porte ainsi un nom différent suivant la partie de son cours, le Yarlung Tsangpo au Tibet, le Brahmapoutre dans sa partie indienne et enfin Jamuna dans sa partie bengalie. Il est navigable sur ses 1 290 derniers kilomètres.

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Tibet-22: Monastère de Samye (3 400 m)
Sur la route qui nous conduit au monastère de Samye, nous longeons la rive nord du Yarlung Tsangpo, dans la vallée du Yarlung.
Oasis au milieu des dunes, le monastère fut construit entre 775 et 779 par le roi yarlung Trisong Detsen avec l’aide de Santaraksita, un moine indien, et du maître indien Padmasambhava (Guru Rimpoché). C'est le plus ancien grand ensemble monastique du Tibet, de l'école des Anciens (Nyingpama, appelé aussi "Bonnets Rouges").
C'est ici qu'a eu lieu vers 790 le "Débat de Samye", débat qui devait déterminer si le bouddhisme tibétain naissant devait suivre la voie indienne basée sur l'étude ou la voie chinoise chan (Zen) orientée vers la contemplation: ce fut la voie indienne qui l'emporta.
Le monastère est conçu selon le plan d'un mandala. Dans les quatre directions, quatre temples évoquent les quatre continents, flanqués chacun de deux sous-continents: Aryapalo au sud (premier de tous les temples construits à Samye), Jampa à l'ouest (dédié à Maitreya, Jampel à l'est (dédié à Manjushri) et Jangchub Semkye au nord (utilisé comme entrepôt).
Aux quatre coins du temple central (Utse) se dressent quatre chörtens de couleurs différentes (noir, rouge, blanc et vert) qui représentent les 4 points cardinaux.
Samye fut un centre politique majeur aux VIIIe, IXe et Xe siècles.
Pendant la Révolution culturelle, il aurait, paraît-il, moins souffert que les autres monastères du Tibet central, mais en 1966 certains bâtiments ont été détruits par les Gardes rouges, des fresques criblées d'impacts de balles, tandis que poutres, visseries laissées à l'abandon furent récupérées par les habitants pour retaper leurs propres maisons. Heureusement, un vieil homme de la région avait encore d'anciennes photos de la charpente, et c'est ainsi que le toit a pu être reconstruit. Le monastère a été restauré en 1988-1989 et abrite actuellement une centaine de moines.
Le 10 février 2009, 9 moines suivant des études au monastère de Samye ont été condamnés à des peines de 2 à 15 ans de prison pour avoir participé aux brèves manifestations du 15 mars 2008 qui s'étaient tenues devant le siège principal administratif du gouvernement de Samyé. Le 19 mars 2008, un moine qui venait du monastère de Dorje Drak, Namdrol Khakyab, s'est suicidé laissant un message où il parlait de la répression du régime chinois, clamant l'innocence des autres moines du monastère et prenant l'entière responsabilité de la manifestation.
Photos autorisées à l'intérieur du monastère.
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Tibet-23: La forteresse de Yumbulagang (3 450m)
Perché sur une colline, le palais de Yumbulagang (ou Yumbu Lhakhang ou encore Yungbulakang) serait la plus ancienne forteresse (dzong) du Tibet.
Selon une légende de la religion bön, ce fut le premier bâtiment construit au Tibet sous le règne du premier roi mythique Nyatri Tsenpo, au IIe siècle av. J.-C., roi qui serait venu d'Inde chargé de textes bouddhiques en sanskrit.
Cinq générations plus tard, le 33e roi du Tibet, Songtsen Gampo (né vers 609-613 - mort en 650), unifia le Tibet et fonda Lhassa où il installa sa résidence principale et son administration, et fit construire le premier bâtiment du Palais du Potala.
Dix siècles après, sous le règne du Ve Dalaï-Lama (Lozang Gyatso (1617-1682), Yumbulagang devint un monastère de l'école Gelugpa du Bouddhisme tibétain. Totalement détruit au cours de la Révolution culturelle, l'ensemble fut reconstruit en 1982, d'après d'anciens plans. Les bâtiments furent consacrés par le Xe Panchen Lama ( 19 février 1938 - 28 janvier 1989) en 1984.
A l'intérieur, on peut voir des fresques retraçant l’histoire du premier roi tibétain ainsi que des statues du Bouddha Thiesung Sangjie, du premier Roi de Tibet Nyatri Tsenpo, du roi Songsten Gampo et d'autres personnages historiques (photos interdites).
Actuellement, cinq moines y résident encore.
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Tibet-24- N°2: A travers le pays U-Tsang (5 013m)
Cet après-midi, ce sont encore des paysages époustouflants qui nous attendent pour rejoindre la ville de Gyantse en passant par le col du Karo-La (5 013m) qui offre une vue splendide sur les glaciers à plus de 7 000m.
Le glacier Karola fait partie de la chaîne de l'Himalaya, mais reste encore loin du Mont Everest que nous aurons la chance de voir dans quelques jours.
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Tibet-24-N°1 : A travers le pays U-Tsang (5 013m)
Ce matin soleil et ciel bleu sont au rendez-vous pour cette journée inoubliable.
En effet, nous allons franchir 2 cols, le Kamba-La à 4 797m pour rejoindre le lac sacré Yamdrok-Tso (ou Yok-Yumtso) situé à 4 488m, et le Karo-La à 5 013m qui offre une vue splendide sur des glaciers à plus de 7 000m.
Le Yamdrok-Tso, le "lac turquoise", est un des trois plus grands lacs sacrés du Tibet. Les Tibétains l'ont préservé en tant que tel, pas d'habitations, pas de bateaux, pas de pêche, il est d'ailleurs interdit de manger les poissons qui sont aussi sacrés.
L'endroit est magnifique, et une fois encore nous entrons dans un autre monde.
Mais hélas la construction d'une centrale électrique sur le Yamdrok-Tso a débuté en 1989, l'année de la mort du 10e panchen-lama, Choekyi Gyaltsen, fortement opposé à ce projet qui entraînait notamment la disparition du village tibétain de Dramalung et des champs avoisinants. Elle est entrée en activité en 1997 et a été inaugurée en présence de Gyancain Norbu, reconnu par la République Populaire de Chine comme le successeur du 10e panchen-lama. Elle est située aux abords des berges du Yarlung Tsangpo (Brahmapoutre), 850 m en contrebas du lac, dont l'eau n'est pas renouvelée et qui pourrait, de ce fait, finir par s'assécher.
Pourtant d’après une ancienne prédiction, si le lac Yamdrok-Tso venait à être asséché, le Tibet, ayant perdu son symbole vital, cesserait d'être habitable.
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Tibet-25: Gyantsé et le monastère de Pelkhor Chöde (4 040m)
Dominée par un dzong (forteresse), Gyantsé (3 977m) est pour moi la plus jolie petite cité que j'ai pu visiter durant mon séjour au Tibet.
Située dans la vallée fertile du Nyang Chu, elle a conservé un quartier tibétain traditionnel à l’écart de la ville moderne chinoise.
Troisième ville du Tibet (après Lhassa et Shigatsé), elle fut prospère grâce à sa position stratégique, au croisement des routes caravanières reliant Lhassa au Sikkim et au Népal (la ville et le monastère percevaient une redevance sur les marchandises).
Le monastère de Pelkhor Chöde(ou palkhor Chöde ou Palcho), situé à 4 040m d'altitude, a été construit entre 1418 et 1425 par Rabten Kunsang Phagpa (un prince de Gyantsé), sous l'autorité de Kedrub Je, un des disciples de Tsongkhapa (fondateur de la branche gelugpa du bouddhisme tibétain).
À l’intérieur du mur d’enceinte, cohabitaient autrefois 16 collèges appartenant à trois écoles différentes: gelugpa, sakyapa et bütonpa (ou Zhalupa, une petite secte basée à Shalu); aujourd'hui, il ne reste plus qu'un seul collège.
Les halls et chapelles du temple principal (Tsuklakhang) ont traversé les siècles, dont la Révolution culturelle, sans dommages majeurs, semble t-il. Les intérieurs sont ornés de fresques et sculptures remarquables. Au fond de la salle d'assemblée, se trouve la chapelle la plus importante du temple (imposante trilogie des bouddha du Passé, Présent et Futur, entourée par 8 bodhisattva de 4 m de haut).
Dans la cour, le monastère possède le plus haut chörten, le Kumbum (édifié en 1427), et le plus connu du Tibet (chapelles en cours de restauration).
Photos autorisées à l'intérieur du monastère mais payantes.
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Tibet-26: Shigatse: Tashilhumpo (3 900m)
Deuxième ville du Tibet et ancienne capitale du Tsang (Tibet historique), Shigatsé compte environ 80 000 habitants, dont une majorité de Chinois. Elle possède un important patrimoine culturel et religieux.
Le monastère de Tashilhumpo, dont le nom tibétain signifie "toute la fortune et le bonheur rassemblés ici" ou "monceau de gloire", est situé sur une colline au centre de la ville. Il a été fondé en 1447 par le premier dalaï-lama Genden Drup ((1391-1475), disciple de Tsongkhapa, fondateur de l'école Gelugpa (Bonnets Jaunes). À son apogée, Tashilhumpo abritait près de 5000 moines contre environ 600 actuellement.
Tashilhumpo est le siège traditionnel des panchen-lamas ("grand érudit") successifs, deuxième autorité spirituelle du bouddhisme tibétain après le dalaï-lama ("océan de sagesse").
En 1642, le Vème dalaï-lama accorda à son précepteur et abbé du monastère, Lobsang Chogyi Gyaltsen, le titre de quatrième réincarnation du panchen-Lama. Ainsi, du IVème au Xème, les panchen-lamas vécurent ici et tous y demeurent enterrés.
Longtemps, les pouvoirs politiques et richesses des panchen-lamas ont crû. Ces derniers possédaient d'immenses domaines sur lesquels vivaient des milliers de nomades. Fatalement, ces richesses ont fini par entrer en concurrence avec celles des dalaï-lamas. Les Chinois ont habilement tiré parti de ces joutes tibétaines.
Le 28 janvier 1989, le XXème Panchen Lama, Lobsang Choekyi Gyaltsen, mourut ici, six jours après un discours anti-chinois. Son décès servit de catalyseur à de puissantes rebellions.
En 1995, le XIème panchen-lama, Gendhun Choekyi Nyima (né le 25 avril 1989), est reconnu par le dalaï-lama (voir photo N°29 de l'albumTibet-21: Vallée du Yarlung). Il est aussitôt placé en résidence surveillée avec sa famille par le régime chinois, ce qui en fait le plus jeune prisonnier politique au monde. Gyancain Norbu (né le 13 février 1990), a été désigné le 29 novembre 1995 par le gouvernement chinois comme le XIe panchen-lama du Tibet. Les Tibétains en exil et ceux de l'intérieur ne l'ont jamais accepté, et ce jeune homme, qui n'est en rien responsable dans cette histoire, ne loge pas au monastère mais dans un nouveau palais inaccessible au public .
Pas de photos des intérieurs car la moindre photo est payante et atteint des sommets astronomiques.
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Tibet-27: La Route de l'Amitié (5 248m)
Aujourd'hui départ sur la spectaculaire Route de l’Amitié (Friendship Highway), entre Shigatse et Baber, qui permet d’admirer des sommets parmi les plus hauts du monde (+ de 8 000m d'altitude).
La route qui relie Lhassa-Katmandu est mythique; longue de 948 km, elle offre un superbe aperçu du pays des neiges.
Le contraste entre ces reliefs grandioses, ces routes difficiles et la tranquillité des villages est saisissant.
Initialement, notre circuit devait nous conduire jusqu'à Khatmandu, malheureusement les séismes d'avril 2014 ne nous ont pas permis de franchir la frontière entre la Chine et le Népal; néanmoins cette journée reste inoubliable pour nous.
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Tibet-28: Monastère de Sakya (4 300 m)
Nous arrivons au terme de notre circuit et la visite du monastère de Sakya va clore ce merveilleux voyage.
Situé à 4 300 m d'altitude, ce monastère, siège de l'école Sakyapa du bouddhisme tibétain, a été fondé en 1073 par Könchog Gyelpo (1034-1102), premier Sakya Trizin et membre de la noble et puissante famille Khön.
Il prit son essor au XIe siècle, grâce à l’impulsion de cinq maîtres successifs appelés les "Cinq Patriarches Sakya". Le quatrième, Sakya Pandita (1182-1251), fut le plus célèbre des cinq, son activité et sa renommée s’étendant jusqu’en Chine et en Mongolie.
En 1247, le khan mongol Göden fait du supérieur du monastère le vice-roi du Tibet. Depuis, le chef spirituel de la secte a régné sur la région située à l'ouest de Shigatse.
L'actuel Sakya Trizin, détenteur du Trône des Sakya et sa 41e incarnation s'est exilé du Tibet en 1959 et réside aujourd'hui à Dehra Dun en Inde. Comme tous les chefs de lignée Sakya, il est marié. Il a deux fils et le plus jeune, Dungsey Gyana Vajra né le 5 juillet 1979 à Dehra Dun, est moine et dirige le monastère de Sakya construit en Inde.
Après cette visite, retour sur Shigatse afin de boucler nos valises.
Le lendemain matin, départ en car pour rejoindre l'aéroport de Lhassa; le ciel étant bien dégagé nous pourrons, une dernière fois, admirer les sommets himalayens.

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L'avis des membres :

Ordre des messages :
 
Très bienTrès bienTrès bienTrès bienTrès bienTrès bienTrès bienTrès bienTrès bienTrès bien | Par Atoum91 France | le jeudi 10 décembre 2015 à 17h21

Merci Denise pour ce carnet très complet à la hauteur, si je puis dire, de ce très beau voyage dans une région que j'affectionne tout particulièrement !
 
Très bienTrès bienTrès bienTrès bienTrès bienTrès bienTrès bienTrès bienTrès bienTrès bien | Par darel Canada | le vendredi 11 décembre 2015 à 00h20

Cet avais quel travail ... bravo
 
Très bienTrès bienTrès bienTrès bienTrès bienTrès bienTrès bienTrès bienTrès bienTrès bien | Par kinkaku France | le vendredi 11 décembre 2015 à 15h43

Quel magnifique voyage ! Merci pour cet excellent carnet !
 
Très bienTrès bienTrès bienTrès bienTrès bienTrès bienTrès bienTrès bienTrès bienTrès bien | Par Babouche France | le samedi 12 décembre 2015 à 18h14

Des journées bien remplies mais surtout une destination riche en "apprentissage" religieux, culturel et beaucoup d'émotion. Merci Denise pour ce carnet
 
Très bienTrès bienTrès bienTrès bienTrès bienTrès bienTrès bienTrès bienTrès bienTrès bien | Par moi danièle France | le samedi 12 décembre 2015 à 21h06

Superbe Denise ton carnet , j'
Quelle beau voyage , ou , un jour , j'aimerais aller
J'attend avec grande impatience tes photos
A bientôt Denise
 
Par globetrotteuse France | le dimanche 13 décembre 2015 à 11h03

Tres beau carnet de voyage tres detaillé .
Super , je vais partir en voyage avec toi tout au long de tes albums
 
Par vico France | le dimanche 13 décembre 2015 à 11h40

Merci à vous pour votre passage.
 
Très bienTrès bienTrès bienTrès bienTrès bienTrès bienTrès bienTrès bienTrès bienTrès bien | Par nicoviet France | le vendredi 25 mars 2016 à 20h35

Superbe voyage et excellent carnet ! j'ai voyagé au Népal , en Chine de l'est et au Yunnan , mon rêve est de visiter le Tibet ! Merci
 
Très bienTrès bienTrès bienTrès bienTrès bienTrès bienTrès bienTrès bienTrès bienTrès bien | Par Fanfan89 France | le samedi 02 avril 2016 à 17h58

Merci pour ce très beau carnet maintenant j'ai hâte de regarder les photos qui vont me faire voyager.
 
Par vico France | le samedi 02 avril 2016 à 19h37

Merci à vous deux.

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