Comment ça s'est passé.
Arrivée à Queenstown le 12 mars après 21 heures de vol avec Air New Zealand. Dès la sortie de l'aéroport, l'air glacé du Queenstown Airport nous frappe — c'est l'automne austral et on sent déjà que les montagnes ne rigolent pas. Taxi jusqu'à l'Absoloot Hostel sur Mall Street (60 NZD la nuit en dortoir). Le propriétaire, un Kiwi d'une soixantaine d'années, nous explique qu'on aurait dû réserver la veille pour éviter les prix peak season. Jour 1-3 : Autour de QueenstownOn commence par le classique Ben Lomond Track, 13 km A/R, départ à 5 h du matin du parking de Skyline. C'est là qu'on comprend vraiment pourquoi les Néo-Zélandais sont fous de randos. Le sentier est bien entretenu (contrairement à ce qu'on avait lu sur des forums), mais sacrément raide. À 1 500 mètres d'altitude, le vent siffle tellement qu'on doit crier pour se parler. Aucun paysage à couper le souffle ici — juste des collines pelées, du brouillard par moments, et nos jambes qui brûlent. Retour vers 14 h, affamés. On se rue au Rātā Burger (coin Mall Street et Coronet Street) : burger agneau et chips = 28 NZD. C'est gras, c'est bon, c'est ce qu'il nous faut. Le jour 2, on flâne dans Queenstown proper. The Mall, c'est une ruelle piétonne remplie de magasins de souvenirs pour touristes. On y croise des groupes de Français, des Espagnols, des Australiens. L'odeur du coffee et du gras des fish and chips flotte partout — on en reprend d'ailleurs au Kermadecs (18 NZD). On passe aussi par le Queenstown Museum (20 NZD l'entrée, 10 h-17 h) : un peu vieillot, des panneaux sur la ruée vers l'or du XIXe siècle et les films tournés en NZ. Rien de transcendant, mais c'est un jour où il pleut donc bon calcul stratégique. Jour 3, on tente le Cecil Peak Station Trekking (125 NZD par personne) — une balade à cheval dans les domaines privés. C'est ici qu'arrive notre première véritable tuile : le guide nous dit que le groupe a été surréservé, et on doit attendre une heure à l'entrée sous la pluie avant que les chevaux ne soient disponibles. Pas de café, pas de couvert. Du temps perdu. La balade elle-même dure 2 h, c'est joli mais sans plus. Notre cheval, un nommé Rusty, passe son temps à traîner les pattes. On rentre cramés et mouillés. Jour 4-7 : Milford Sound et FiordlandOn réserve une excursion Milford Sound day tour avec Fantail Tours (189 NZD). Départ à 6 h 15 du Village Green bus depot. Quatre heures de route dans un minibus avec huit autres touristes — deux couples allemands, une mère et sa fille anglaise, un mec seul de Montréal. Le paysage entre Queenstown et Milford change au fur et à mesure : on passe de collines arides à des forêts de pins, puis à des chaos rocheux absolus. Le long du Lake Te Anau, c'est effectivement spectaculaire, mais les commentaires du guide sont de la poudre aux yeux — il rabâche les mêmes infos depuis trois mois. L'arrivée au Milford Sound vers 11 h : on embarque sur un catamaran de 50 places. L'eau du fjord est noire, presque huileuse, et le vent qui descend des falaises de 1 200 mètres souffle glacé. On a froid même en polaire. L'odeur de sel et de mouette morts est assez présente — pas très romantique. La cruise dure 1 h 40, on passe sous le Bowden Falls (la pluie crée une sorte de brume bizarre), et on voit une otarie sur les rochers. Rien ne se passe vraiment, mais c'est pas pour autant ennuyeux. On mange un sandwich avocado-fromage dégueu vendu à bord (16 NZD) et on se demande comment on va rentrer en voiture dans 4 heures. Arrivée à Queenstown à 20 h 30. Complètement K.O. Jour 8-12 : Glenorchy, Arrowtown, WanakaOn loue une voiture Toyota Corolla à l'Ace Rental Car (49 NZD/jour) — le type nous dit que les routes de la West Coast sont « un peu chaotiques » mais bon, il dit ça à tout le monde. On décide de sortir de Queenstown et on remonte vers Glenorchy, petit village de 400 habitants à 45 km au nord. À Glenorchy, on explore le Paradise Trail, 11 km aller simple le long d'une rivière turquoise (oui, les eaux de montagne sont vraiment comme sur les photos). On croise un groupe de touristes asiatiques qui font un photoshoot de mariage en complet veston — en pleine randos. Surréaliste. On continue vers Arrowtown, petite ville de 2 200 habitants célèbre pour ses arbres en automne (on est un peu tard, c'est déjà passé). On dort à l'Arrowtown Top 10 (75 NZD la chambre double), on mange au Rātā Skiing Club Café (pâtes pesto, 22 NZD). Le proprio nous parle de son fils qui a dû quitter la NZ pour trouver du boulot — c'est un sujet qui revient souvent, la Nouvelle-Zélande c'est beau mais l'emploi est tendu. On traverse le Haast Pass pour descendre vers la West Coast — c'est ici que la voiture commence à faire des bruits bizarres. À Wanaka (1 600 km² de lac de montagne), on cherche un mécanicien. On en trouve un au Wanaka Motor Centre. Faux alerte, c'était juste un tuyau mal fixé. 35 NZD. On dort à Wanaka Backpackers on Park (65 NZD). Jour 13-18 : West Coast, Haast, Fox GlacierDe Wanaka, on descend la Highway 6 vers la côte ouest. C'est un jour où la météo se gâte — pluie continue, vent. La route serpente dans des forêts de hêtres. À Haast, petite station-service au milieu de nulle part (50 habitants), on prend un café au Haast World Heritage Hotel — ancien pub, murs couverts de photos de pêcheurs. La barista nous dit que l'hiver les routes ferment des fois deux jours d'affilée. On sent le goût salé de l'air marin en arrivant près de la côte. On arrive au Fox Glacier après 2 h de route. C'est un village touristique banal (300 habitants, chaînes de motels). On rés une excursion Fox Glacier Heli Tours (399 NZD par personne) — moment marquant pour le portefeuille et pour les émotions. Helicopter de 4 places. On survole la Southern Alps, on atterrit sur le glacier lui-même. La sensation en descendant du hélico, le bruit du rotor qui s'arrête, et puis juste le silence immense. La glace sous nos pieds est bleue là où elle s'est compactée pendant 100 ans. Notre guide nous montre les fissures : la glace recule de 100 mètres par an à cause du changement climatique. C'est un peu déprimant comme info, même si le paysage est fou. On dort à l'Ivory Towers Hotel (80 NZD), on mange un fish and chips énorme chez Plateau Café (19 NZD). Le soir, on voit une partie des Southern Stars (la constellation) — zéro pollution lumineuse. Les trois jours suivants, on fait du hiking autour du glacier. Lake Matheson Walk (4,5 km, 1 h 20) : un petit circuit calm avec reflets de montagnes. Great Walk Copland TrackJour 19-21 : Retour vers Queenstown, départOn remonte par le même chemin. La route de Haast à Queenstown se fait en une seule journée (450 km, 5 h 30 de route). On arrête au Wanaka Coffee House pour se réveiller (cappuccino 5,50 NZD). On arrive à Queenstown vers 18 h, on rend la voiture — pas de dégâts, on récupère la caution (500 NZD bloqués). Le soir, dernier repas au Skyline Restaurant (panorama sur la vallée, plat 38 NZD) — bon mais surfacé touristique. Vol QT Airways pour Christchurch le jour 21 à 14 h 55.
Les bons plans repérés sur place.
Milford Sound : embarquer au moins 2h avant midi pour éviter la foule, l'eau vaut le coup même quand c'est gris
Ben Lomond Track depuis Queenstown : départ 5h du matin, retour 14h, crampes garanties mais vue des alpes depuis le sommet
Fox Glacier Heli Tours : 399 NZD c'est cher mais atterrir sur la glace et la sentir sous les pieds change la perspective
Lake Matheson Walk : circuit court et facile près de Fox, parfait pour récupérer entre deux gros efforts
Glenorchy Paradise Trail : 11 km facile, eau turquoise, zéro foule (partir avant 9h)
Et au final.
Trois semaines en Nouvelle-Zélande, c'est assez pour comprendre pourquoi les gens y restent : les paysages sonnent juste, les randos sont bien balisées, les Kiwis sont sympas. Par contre, c'est cher (nourriture, essence, logement), il faut s'armer de patience pour les petites galères (bouchons, réservations surpeuplées, météo imprévisible), et le tourisme de masse commence vraiment à peser. La West Coast était plus belle et plus calme que Queenstown, on aurait aimé passer 10 jours là-bas au lieu de 3.