Comment ça s'est passé.
On a atterri à Changi Airport un jeudi matin à 6 h 30. L'aéroport était déjà bondé. Le Terminal 3, c'est du spectacle : piscine au toit, jardins intérieurs, l'air glacé par la clim. On a pris la MRT ligne vert foncé (East-West Line) jusqu'à Outram Park, puis changement vers la ligne rouge. Le ticket coûtait 2,50 SGD. Quarante minutes plus tard, on arrivait à notre hôtel, le Fragrance Hotel à Bugis, une chambre à 68 SGD par nuit avec un lit cassant et une douche qui coulait n'importe comment. Mais bon, c'était propre. Le premier choc, c'était l'humidité. Genre vraiment viscérale, collante, qui te rentre dans la peau et la chemise en deux minutes de marche. Et puis les odeurs : le parfum des encens dans les temples hindous du quartier de Little India mélangé aux gaz d'échappement des taxis. On a mal au nez au début. Little India et les premiers pas On a traîné jusqu'à Serangoon Road, le cœur de Little India. Les façades jaunes, les guirlandes, les bougies devant les petits autels. On s'est arrêtés au restaurant Komala Vilas vers 11 h du matin. J'ai commandé un dosa masala (carbo végétal farci d'épices et de pommes de terre) et un lassi, environ 6 SGD. C'était bon, les saveurs frappaient direct : le curcuma, la moutarde noire, le gingembre. Le lassi était onctueux, acide juste ce qu'il faut. À côté, un type vendait des guirlandes de fleurs pour 3 SGD. On s'est chargées comme des touristes qui ne savent pas ce qu'elles font avec huit colliers de jasmin autour du cou. Mais là, première galère : on voulait voir le temple Sri Mariamman. On y est allées vers 14 h 30. Fermeture pour prière de l'après-midi. On a attendu une demi-heure dehors en suant à grosses gouttes. Quand les portes se sont réouvertes, l'intérieur était frais, avec juste cette odeur d'encens qui flotte partout. Les statues colorées au toit avec des dizaines de petits dieux en céramique. Impressionnant, mais rien que ça valait pas d'attendre. Marina Bay Sands et le côté plastique Le deuxième jour, on s'est concentrées sur Marina Bay. On a pris un selfie idiote devant le Marina Bay Sands (15 SGD juste pour regarder une terrasse bondée de couples). Puis direction le Botanical Gardens, juste à côté. Entrée gratuite. C'était l'endroit le moins touristique de notre séjour. Des ados en uniforme scolaire qui traînaient, des retraités qui faisaient du tai-chi près du lac. On a mangé un sandwich au café du musée, 12 SGD, pas bon du tout, pain sec. ArtScience Museum ensuite. On était fatiguées, honnêtement. Entrée 19 SGD. Les expos étaient minimalistes, trop conceptuelles pour nous. On est restées 45 minutes et c'était déjà trop. Marina Bay, c'est spectaculaire en photo, mais il y a peu à faire en vrai une fois qu'on a traîné un peu. Chinatown et son dédale Le jour 3 a commencé dans le chaos de Chinatown. Smith Street, c'est un labyrinthe étroit avec des vendeurs ambulants, des boutiques de souvenirs remplies de nounours, de petites statues de dragons. On s'est perdues volontairement, ce qui était l'une des bonnes décisions du voyage. Une ruelle coincée entre deux buildings nous a menées à un café minuscule sans enseigne. Deux tables, une mamie qui faisait bouillir de l'eau dans une vieille casserole. On lui a fait comprendre qu'on voulait du café (gestes, sourires idiots). Elle nous a donné un kopi (café avec du lait concentré) pour 2,50 SGD chacune. C'était une vraie connexion humaine, pas du tout comme le reste de la ville. Temple Thean Hou juste à côté. Entrée gratuite. Le plus grand temple chinois de Singapour. Trois étages, des centaines de petites lampes rouges, l'odeur des bâtons d'encens partout. Une femme nous a proposé de consulter un oracle. On a pas compris ce qu'elle disait, mais elle nous a donné un bâton avec un numéro et a montré une liste de traductions. Pas sérieux, mais c'était marrant. Pulau Ubin et le moment oui On a pris un jour pour aller à Pulau Ubin, une petite île à côté. Taxi jusqu'à Changi Point Ferry, puis ferry à 2,50 SGD chacune (10 minutes, 20 personnes avec du poulet à emporter qui sentait fort). On a loué des vélos à 8 SGD par jour. C'était flou, mouche. Le sentier passait par la jungle de mangroves. On s'est arrêtées à Chek Jawa Wetlands. Plateforme en bois au-dessus de l'eau. Étoiles de mer, petits crustacés bizarres, des hérons gris qui volaient bas. Zéro touristes. Juste nous deux, la chaleur de 32°C qui nous écrasait, et le silence. On s'est assises une heure là, on a rien fait, c'était vraiment le meilleur moment du voyage. Galère culinaire et départ Dernier jour, on voulait goûter la fameuse rue des vendeurs de bouffe à Lau Pa Sat. On y est allées un vendredi soir vers 18 h. Monde de fou. On a commandé des satays (viande grillée avec sauce arachide) à un vendeur sans menu, juste en pointant. 12 SGD pour six piques. Un autre vendeur nous a roulées sur des nems : il a dit 5 SGD, au final il nous en a données trois au lieu de quatre. On a pas gueulé, trop fatiguées et trop bouffées par les moustiques. On a quitté Singapour le dimanche matin par Singapore Airlines. L'aéroport Changi, encore plus orderly qu'à l'arrivée.
Les bons plans repérés sur place.
Pulau Ubin et ses mangroves via ferry depuis Changi Point (2,50 SGD, louez un vélo sur l'île)
Café anonyme de Chinatown sur une ruelle entre Smith Street et New Bridge Road (kopi fait maison à 2,50 SGD)
Marché de Chinatown, Smith Street le soir pour des satays frais (entre 10 et 15 SGD pour trois piques)
Sri Mariamman Temple à Little India, visitez vers 16 h quand les prières sont finies (entrée gratuite)
Temple Thean Hou à Chinatown, le plus grand, trois étages, gratuit, juste avant le coucher du soleil
Photos — Singapour (île principale)
Et au final.
Singapour, c'est dépaysant mais pas vraiment vivant. Les monuments sont lisses, les gratte-ciels hyper beaux à regarder la nuit, mais on s'est ennuyées plusieurs jours. Les gens sont corrects mais distants. L'argent la rend trop stérile parfois. Pulau Ubin a sauvé le voyage. On la recommande pour une courte visite (5-7 jours max), pas plus.
