Comment ça s'est passé.
Arrivée le 3 novembre à 6 h 15 au Changi Airport Terminal 3. Le vol avec Singapore Airlines a du retard de 2 h 30 à cause d'un problème hydraulique signalé au départ de Paris. Le terminal sent la résine de pin et la climatisation excessive. Quelques jurons échangés avec ma compagne sur le tapis roulant des bagages, mais déjà on voit par les baies vitrées les gratte-ciels qui scintillent. On prend le train de l'aéroport (MRT Changi Airport Line, SGD 3,75 par trajet) jusqu'à Bugis Station. C'est bondé à 8 h du matin, les corps se collent, ça sent le déodorant bon marché et le curry. Le carrelage beige du train est irréprochable, pas un papier par terre. On descend à Bugis pour trouver notre hôtel, le Kris Hotel (chambre double à SGD 89 par nuit). L'accueil est un peu cassant, le réceptionniste nous dit qu'il faudra attendre 15 h pour l'enregistrement. On pose les bagages dans le coffre et on sort. Les premières vraies découvertesLe quartier de Bugis, c'est du foutredi. Les petites ruelles avec les vendeurs de téléphones reconditionnés, les vendeuses de vêtements qu'on croise sous les tubes néon roses. On rentre par hasard dans le Bugis Junction, un centre commercial des années 90. À côté, il y a un marché vraiment intéressant, le Albert Centre Market, au dernier étage. Je prends des char kway teow (pâtes sautées avec crevettes et fèves germinées) pour SGD 4,50. C'est gras, c'est brûlé au bon endroit, la cuisinière ne dit rien mais elle regarde tous ses clients avec un petit sourire. Ma compagne goûte et dit que c'est du haut niveau pour un petit marché humide qui dégueule les condiments par les caniveaux. L'après-midi, on force à Marina Bay. On sort à la gare MRT Bayfront et là, d'un coup, les gratte-ciels prennent tout l'espace. Le Marina Bay Sands se dresse en face, blanc et géométrique, presque menaçant. On entre dans le ArtScience Museum (tarif adulte SGD 19,50). C'est un musée qui se prend pas au sérieux, des expos temporaires bizarres. Une exposition sur les failed inventions nous a bien fait rire, notamment le « frying pan » qui prétendait cuire à zéro huile. On achète un café dans le lobbying, mauvais à pleurer (SGD 7 pour un cappuccino tiédasse). Le soir, on mange au Lau Pa Sat, le vieux marché couvert historique convertis en food court (depuis 1894, enfin, convertis depuis 2012). On y va pour les satay skewers au marché de nuit qu'ils font après 18 h. Le kérosène des chalumeaux qui chauffent les bâtons grillés, c'est une odeur qu'on sent avant de voir. Cacahuètes grillées pilées, sauce dense de curry et noix de coco. SGD 1 le bâton. On en prend huit. À côté, la foule des travailleurs de l'import-export, des gars en costume qui détendent après le boulot. Ambiance compacte, pas de chichis. Le moment difficile : la galère MRTLe lendemain, on voulait aller à Sentosa Island en prenant la télécabine (Cable Car, très instagrammé). On a raté la correspondance MRT à Harbourfront Station à cause d'une fermeture inattendue de la ligne (travaux signalés nulle part en anglais correct). On s'est retrouvés à attendre 25 minutes sur le quai avec ma compagne qui transpire à grosses gouttes. La climatisation ne fonctionnait pas à cet étage. Une femme âgée à côté de nous s'est plainte auprès d'un agent qui a haussé les épaules. Finalement, on a pris un taxi (le Grab App, SGD 18 jusqu'au Terminal). La conductrice roulait vite, trop vite même, et on s'est accrochés aux poignées. Moment de tension réel. Mais Sentosa, une fois sur place, ça valait le coup. La plage de Siloso, c'est pas la Méditerranée. C'est petit, étroit, bondé de touristes. Mais l'eau est chaude (environ 28-29 °C), le sable fin blanc. On a loué des transats (SGD 18 les deux). On s'est acheté des laksa dans la petite cabane de nourriture : soupe de nouilles au lait de coco, piment rouge, poisson. SGD 5,50. C'était bon de manger couché les pieds dans le sable. Chinatown et le side sombreOn a passé un après-midi à Chinatown. Les lampes rouges, les herboristeries qui sentent la terre séchée et les écorces. Le temple de Thean Hou (gratuit, donations acceptées) était rempli de fumée d'encens bleu-gris. C'est une sensation enveloppante, étouffante presque. La femme qui tenait un petit magasin de souvenirs à côté du temple nous a essayé de nous vendre des faux objets antiques, clairement. Elle voulait SGD 320 pour une statue en bronze. On a dit non. Elle a eu l'air contrariée mais pas agressive. Le soir, dans une petite ruelle, on s'est pris une arnaque mineuse dans un bar à karaoké clandestin. On est entrés pour commander deux bières, et le mec nous a amené une table avec un plateau à SGD 140 (« frais de table » non mentionnés à l'entrée). Deux bières à SGD 12 pièce. Le calcul ne tenait pas du tout. On a payé SGD 80, on s'est levés, on est partis. Le barman a crié quelque chose qu'on a pas bien entendu. C'est petit mais c'est agaçant. Singapour a une réputation d'honnêteté, et c'est vrai pour 99 % des endroits, mais il y a des arnaqueurs même ici. Derniers jours : Nature et routineLes deux derniers jours, on a flâné moins. On a pris le bus 158 (SGD 1,15) jusqu'à Gardens by the Bay. Les deux dômes de verre géant, c'est d'une architecture carrément impressionnante, rien à redire. À l'intérieur, il y a des créations horticoles bizarres, des arbres virtuels éclairés. On y est allé le soir pour le spectacle lumineux (18 h 45 et 20 h 45). Gratuit si tu restes dehors. SGD 28 la personne pour rentrer dans les dômes. Le dernier matin, on s'est levés tôt (5 h 45) pour attraper le lever du soleil depuis le rooftop du Marina Bay Sands (accès par le pool si tu es client de l'hôtel, sinon entrée à SGD 26 aux observations decks). En vrai, le ciel était gris rose, très pollution urbaine visible. Pas magique. Mais c'est vrai que Singapour se montrait doucement, les petits bateaux qui bougent dans la baie, les gratte-ciels qui deviennent nets.
Les bons plans repérés sur place.
Albert Centre Market (dernier étage, Bugis) : char kway teow SGD 4,50, ambiance de vrai marché couvert
Lau Pa Sat satay grillée la nuit (Raffles Place) : SGD 1 le bâton, fumée de kérosène et cacahuète
Plage de Siloso à Sentosa Island : eau chaude 28-29°C, laksa à SGD 5,50, petit mais agréable
Cable Car jusqu'à Sentosa (si tu évites les galères MRT) : vue sur le détroit avec Malaisie
Gardens by the Bay le soir : spectacle gratuit à 20 h 45, impressionnant en vrai
Photos — Singapour (île principale)
Et au final.
Singapour, c'est pas une destination qui t'écrase d'émotions. C'est une ville-État efficace, propre, un peu froide. Les moments sympas, c'était dans les petits marchés, avec la nourriture et les gens. Les points moins bons : trop cher comparé aux voisins, pas de vraie nature sauvage, très touristique, et certains petits arnaqueurs quand même. Je reviendrais, mais pas pour les monuments—plutôt pour manger et se perdre dans les ruelles.
