Comment ça s'est passé.
Arrivée à l'aéroport d'Incheon un mercredi à 14h30 via Korean Air. Je prends le Airport Railroad Express jusqu'à Seoul Station (6 800 won, 43 minutes), compartiment calme, climatisation glaciale. Première vraie respiration dehors : l'air est sec, mordant, avec cette senteur d'échappement automobile mêlée aux restes de grillades des petits restaurants en rez-de-chaussée. Logement au Hotel Skypark Central Myeongdong, chambre 1807, lit trop mou, mais fenêtre directe sur la rue piétonne. J'ai payé 78 euros la nuit pour cette vue. Premier repas au restaurant juste sous l'hôtel : soupe de kimchi (kimchi jjigae, 7 500 won), le bol brûle les doigts, les piments rouges chatouillent les narines, sensation confuse de douleur et plaisir. Le serveur parle 5 mots d'anglais, nous finissons par pointer sur le menu avec les doigts. Les jours de découverte : du classique au chaosJeudi matin, levé à 5h45 pour atteindre le Palais Gyeongbokgung avant la foule. Les gardes en costume traditionnel montent la garde, le thermomètre indique 3°C. Les bâtiments en bois rouge sang, les tuiles en céramique courbées, tout ça semblait immuable depuis des siècles. Tarif d'entrée : 3 000 won. On croise des couples de retraités coréens qui connaissent chaque recoin. Moment marquant : un vieux monsieur nous explique (via Google Translate en direct sur son téléphone) que son grand-père a vu ces murs avant la Guerre de Corée. On reste 20 minutes à écouter son histoire. Galère du jour : le bus n°7 que je devais prendre vers le Marché Myeongdong n'arrive pas à l'horaire de la app Naver. Après 25 minutes d'attente sous le froid, on prend un taxi (12 000 won). Le chauffeur klaxonne toutes les trois secondes, roule entre les files. C'est violent, efficace, terrifiant pour quelqu'un habitué aux trajets calmes européens. À Myeongdong, le choc des sens : des centaines de petits restaurants miteux sur plusieurs étages. Je teste le tteokbokki (gâteaux de riz épicés) chez un vendeur avec une file d'attente de 15 personnes. 4 000 won pour un bol. Le goût est volontairement brûlant, sucré aussi, déstabilisant. Les jeunes filles coréennes ont des cheveux pastel (bleu ciel, rose pâle), elles crient en riant sur les trottoirs. Nuits à Hongdae et réalitésVendredi soir, direction le quartier Hongdae avec métro ligne 2 (déjà 20h, les rames sont blindées). Bars dans les ruelle, techno assourdissante, les serveuses en short noir apportent des shoots sans qu'on les commande. Une bière coûte 5 000 won (3,50 euros), un verre de soju 4 000 won. On se retrouve au Club « Cacaotalk » (réputé, beaucoup de touristes français et australiens). Le DJ enchaîne les tracks K-pop remixées, les jeunes Coréens dansent en cercles extrêmement structurés, pas d'improvisation. Samedi : je réalise que j'ai un sérieux problème : un jour, on me conseille de visiter le Temple Jogyesa (gratuit), je m'y rends, mais un groupe de moines en orange est en prière silencieuse pendant 1h. Je dois attendre dehors, c'est long. Le soir, visite ratée de la Tour Namsan (9 000 won l'entrée) : il pleut, la brume cache tout, on voit rien. Dimanche matin, le Songjeong Beach à Busan (j'ai décidé de m'échapper pour un jour). Train KTX de Seoul Station à Busan : 55 euros, 2h40 de trajet, fauteuils ergonomiques, mais pas de vue mémorable, surtout de la banlieue. La plage elle-même en décembre ? Désertique, froide, vents à 40 km/h, plein de tempêtes. Je reste 1h30 et je repars. Dernier jour : café au Café Mamas à Gangnam, 6 000 won pour un cappuccino, les Coréens y travaillent leurs laptops pendant 4 heures sans commander autre chose. L'ambiance de travail silencieuse, presque religieuse.
Les bons plans repérés sur place.
Palais Gyeongbokgung au lever du jour : arriver avant 6h30 via le bus n°7 ou le taxi, évite les groupes de touristes.
Tteokbokki chez les vendeurs de rue à Myeongdong : demander « peu épicé » (go-chul-gi-da) sinon c'est l'attaque chimique directe.
Temple Jogyesa en semaine l'après-midi (pas le dimanche) : plus calme, moins de touristes, jardin zen époustouflant.
Nuit à Hongdae : clubs ouvert à 23h, musique de 2h du matin à 6h du matin, l'ambiance culmine après minuit.
Marché Namdaemun pour les vraies affaires : fruits secs, vêtements de contrefaçon, bruit et chaleur oppressante à 16h30.
Et au final.
Séoul m'a fasciné et dérangé. Le contraste entre la politesse glaciale des services et l'agressivité routière, entre les temples serein et les clubs hystériques. Je repartais épuisé, avec une meilleure compréhension de la Corée urbaine, mais j'aurais aimé comprendre pourquoi les gens semblent si pressés. À refaire, mais peut-être en mai quand il fera 20°C.







