Comment ça s'est passé.
Nous avons débarqué à l'aéroport d'Incheon un mardi matin, complètement décalés. Le bus express n° 6015 nous a menés jusqu'à Gangnam en 75 minutes pour 14 000 wons. Premier choc : l'odeur du smog, mélange étrange de gaz d'échappement et d'huile de friture. Rien à voir avec les photos Instagram du guidebook. L'hôtel, le Stay Hotel Myeongdong, était correct mais minuscule. Chambre 512, tellement exiguë qu'on ne pouvait ouvrir nos deux valises en même temps. Première nuit chaotique : décalage horaire + sirènes à 3 h du matin (alerte bidon pour test national, apparemment habituel). Jours 2-3 : le choc du métroMercredi, nous nous sommes jetés dans la ligne 2 du métro de Séoul. C'est là qu'on a vraiment compris la densité : des corps compressés, des ados qui dormaient debout, et des femmes avec des masques surgélés sur le visage (tendance beauté coréenne). Nous avons débarqué à Gangnam Station, pris un verre de yuzu citron à 7 500 wons dans un convenience store GS25. Le goût était aigre, presque chimique, mais addictif. Le marché de Myeongdong était un piège touristique assumé. Foule dense, vendeurs agressifs avec leurs crevettes grillées. Nous avons craqué pour des tteokbokki (gâteaux de riz épicés) à 5 000 wons chez un vendeur sans nom près de Uniqlo. Ces boulettes étaient littéralement brûlantes, on s'est presque ébouillantés la langue. Le vendeur a rigolé en nous voyant faire la grimace. Jour 4 : la galère du temple JogyesaNous voulions découvrir la « vraie Corée ». Direction le temple Jogyesa dans le quartier de Jongno-gu. Erreur de correspondance à la station Myeongdong : nous avons pris la mauvaise direction et nous nous sommes retrouvés à Sadang au bout de 30 minutes. Un homme coréen d'environ 60 ans nous a aidés, gesticulant et parlant rapidement. Pas franchement aimable, mais efficace. Une fois au temple, nous avons découvert que c'était un jour de cérémonie bouddhiste, fermé aux touristes. Déçus. Nous avons marché jusqu'à Insadong, rue piétonne avec ses petites galeries et ses cafés touristiques. Un samgyetang (soupe au ginseng) nous a coûté 18 000 wons au restaurant Tosokchon. C'était savoureux, légèrement amer avec des notes de ginseng sec. La température était parfaite pour novembre, juste assez chaude pour réchauffer les mains autour du bol. Jour 5-6 : Bukchon et la vraie découverteBukchon Hanok Village était moins bondé qu'attendu. Des maisons en bois blanc et noir, des petites ruelles, des rues montantes. Nous avons trouvé un petit café caché, Mok-at, sans clients, tenu par une femme âgée. Elle nous a servi un café filtre lentement, pendant 5 minutes exactes. Aucun touristique, juste du vrai. Trois euros. Moment de calme rare. À Ewha Womans University, nous avons repéré des vitrines de boutiques alternatives et des street artists. C'est là que nous avons vraiment senti quelque chose : des jeunes Coréens créatifs, loin des clichés K-pop. Un restaurant végétarien clandestin au sous-sol proposait des bibimbap sans œuf à 9 000 wons. Nous l'avons trouvé par hasard en suivant une fille avec un t-shirt de groupe alternatif. Jours 7-10 : chaînes, temples et nostalgieNous avons visité Gyeongbokgung Palace. Les gardes en costumes Joseon étaient figés, presque effrayants. Le palais lui-même était bien restauré, peut-être trop. À la sortie, street food de tteokbokki, gâteaux de riz coréens dans une sauce rouge et sucrée à 4 500 wons. Nous en avons mangé deux portions. Le quartier de Hongdae était plus vivant, plus graffitis, plus cafés hipster. Peut-être trop branché pour nous. Les prix avaient grimpé (cappuccino à 6 euros), la foule était plus jeune et branchée. Nous nous sommes sentis hors place. Dernier jour, nous avons pris un taxi pour Namsan. Vue sur la ville depuis la tour N Seoul Tower, fermée pour travaux. Petit hôtel de thé en bas, thé au gingembre chaud, 8 000 wons. Nous regardions les gens s'agiter en bas, tranquilles pour une fois. L'odeur du gingembre était douce et apaisante, presque médicale. Les trajets en métro ont été physiquement éprouvants. Pas de places assises, toujours debout, même 20 minutes. Les femmes enceintes ou âgées ont des sièges réservés, respectés. Les Coréens ne sourient pas, ne parlent pas fort. C'est déroutant quand on vient d'Europe.
Les bons plans repérés sur place.
Bus express n° 6015 depuis Incheon : vraie vie locale, 75 min pour 14 000 wons
Tteokbokki chez le vendeur sans nom à Myeongdong : brûlant, authentique, 5 000 wons
Café Mok-at à Bukchon : filtré à la main par une femme âgée, silence de temple urbain
Ligne 2 du métro aux heures de pointe : l'endroit où les touristes comprennent vraiment la densité
Insadong pour Samgyetang au restaurant Tosokchon : soupe au ginseng chaude, 18 000 wons
Photos — Séoul
Et au final.
Séoul n'est pas touristique mais surpeuplée. Nous avons eu des moments d'authenticité, loin des attractions principales, dans les petits restos sans enseignes et les cafés cachés. Le prix était raisonnable, sauf pour les zones touristiques. Par contre, la barrière linguistique a été plus difficile que prévu, et nous aurions aimé un peu plus de sourires.








