Comment ça s'est passé.
On a atterri à Beef Island le 14 février vers 15h30 avec Air Caraibes. L'aéroport est minuscule, presque un hangar. Pas de file d'attente, juste un mec en uniforme qui demande où on va. Direction Road Town en taxi : 25 USD pour 20 minutes de route sinueuse. Le chauffeur, Lloyd, sentait la cigarette bon marché et le rhum de la veille. Il nous a parlé non-stop des élections locales. Température : 28 degrés, humidité à 80%. On transpirait déjà. Première nuit à l'hôtel Myett's Garden, une petite guesthouse sur Main Street à Road Town. 95 USD la nuit, petit déj compris. Les murs fins, on entendait les voisins. Mais Suzanne à la réception était adorable, elle nous a filé des conseils pour ne pas nous faire arnacher aux restaurants touristiques. Le lendemain matin, levé à 5h30 pour observer le lever du soleil depuis Cane Garden Bay. Le ciel passait du violet au rose, puis orange. L'eau était lisse comme du verre. Un pêcheur local nous a offert un café instant tiède d'une thermos rouillée. Moment bizarre, sincère, pas romanesque du tout. On a loué une voiture chez Avis (40 USD/jour, plein essence inclus). Le problème : conduire à gauche sur des routes étroites. Ma femme stressait à chaque carrefour. À Sopers Hole, on s'est trompés trois fois avant de trouver Brandywine Bay Restaurant. On y est allés pour le dîner : mahi-mahi grillé (32 USD), salade de christophine (8 USD), bière Carib (5 USD). Le poisson avait un goût de sel marin, pas sucré. Le service était lent, on a attendu une heure entre la commande et l'arrivée du plat. Un couple à côté s'est plaint en anglais au serveur. Mais le coucher de soleil sur Sir Francis Drake Channel valait le coup d'attendre. Trois jours plus tard, excursion en catamaran vers Jost Van Dyke avec la compagnie Spicy Shark Tours (65 USD par personne). On a quitté le port de Road Town à 8h du matin. Le bateau s'est arrêté à White Bay, plage avec sable blanc très fin entre les orteils, eau turquoise. On aurait dit une carte postale clichée. Un jeune guideur nous a montré du doigt les poissons sous l'eau : sergents-majors bleus et jaunes. L'odeur du sel et du varech mouillé était omniprésente. À Foxy's Bar, on a bu des rum punch (4 USD) préparés avec du rhum blanc local très agressif. Deux gars de Boston à la table d'à côté racontaient leurs arnaches aux tables de poker de San Juan. Galère majeure : le 19 février, notre bateau de ferry pour Virgin Gorda a eu une panne mécanique. On a dû attendre trois heures assis sur des bancs en métal sous le soleil. Les gens criaient après le capitaine en français et espagnol. Une mère avec deux enfants pleurait. Finalement, on a pris un autre bateau à 15h. Ça nous a coûté une journée entière. Le ferry coûte 15 USD l'aller simple. À Tortola même, on a visité le fort Burt, vieille forteresse en pierre du 18e siècle. Pas grand-chose à l'intérieur : quelques canons rouillés, une plaque en cuivre à moitié illisible. Entrée libre. La vue sur Road Harbour était bien, on voyait les bateaux de voile arriver du large. Pour manger moins cher, on s'arrêtait au marché de Road Town le matin. Des femmes vendaient des mangues pour 2 USD le kilo, des avocats mous, de la coco râpée. On prenait ça pour le déjeuner. Goût sucré-acidulé des mangues, rien à voir avec celles de France. Ambiance bruyante, gens qui criaient d'un stand à l'autre. On s'est baignés à Smuggler's Cove au nord-ouest. L'eau était tiède, 27 degrés. Des rochers lisses à l'entrée, piscine naturelle protégée. Un seul couple américain présent ce jour-là. Pas de bars, pas de vendeurs. Juste le bruit des petites vagues.
Les bons plans repérés sur place.
Cane Garden Bay au lever du soleil : arriver avant 6h pour éviter le monde, eau calme et pêcheurs locaux sympathiques
Foxy's Bar à Jost Van Dyke : un classique, rum punch à 4 USD mais alc fort, terrasse en bois sur la plage
Brandywine Bay Restaurant : réservez à l'avance (284-494-5580), mahi-mahi frais, table avec vue sud-ouest
Marché de Road Town en matinée (mardi-jeudi meilleur jour) : mangues fraîches, prix locaux, bruit et vie réelle
Fort Burt à Road Town : gratuit, 30 min maxi, pierre du 18e siècle et vue sur le port
Et au final.
Les îles Vierges britanniques, c'est réel et beau, mais pas le paradis intemporel qu'on imaginait. Les petites guesthouses valent mieux que les hôtels de chaîne. Ce qu'on a moins aimé : les prix, même hors des zones touristiques, et l'absence totale de vie nocturne à Road Town le soir. On reviendrait, mais avec moins d'attentes.