Comment ça s'est passé.
On a débarqué à l'aéroport de Riga le 2 novembre à 14h15, après un vol Ryanair depuis Bordeaux qui a eu 35 minutes de retard. La file aux douanes était raisonnablement courte, mais j'ai attendu 20 minutes pour trouver le bus 22 qui m'emmènerait à Vidzemes Zentrs. Trois euros le ticket. L'automne letton, c'est gris, c'est humide, et ça pue l'eau stagnante près du canal. On s'est installés à l'hôtel Berga Bazaar, rue Kr. Barona, dans une ancienne manufacture rénovée en 2013. Les murs en pierre, la cour intérieure, l'odeur de café frais du bar au rez-de-chaussée le matin — ça change des franchises hôtelières. 89 euros la nuit, petit-déj compris. Première chose : explorer Vecriga, la vieille ville. Les façades Art nouveau à couper le... non, arrêtons. Les bâtiments en pierre datent de 1900-1910, couleur ochre et beige, avec des balcons en fonte. On en compte plus de 800 à Riga. C'est dense. C'est fou. J'ai commencé par le marché Central, Centrala Tirgus, construit en 1930 sur les anciens champs militaires. Quatre halles, des marchands qui crient en letton, des prix affichés en euros. J'ai acheté des smelt fumé (petits poissons) pour 2,50 euros la barquette, du pain noir (rupjmaize) à 1,20 euros, et des myrtilles surgelées. L'odeur de poisson cru et de fumée était presque écrasante. J'ai pas trop aimé la haleine du vendeur de hareng. Le premier soir, galère : je me suis trompée de numéro de tram. Riga a 8 lignes de trams. J'ai pris le 9 au lieu du 11, ce qui m'a menée en banlieue (Bolderaja). Perdue 45 minutes. Les panneaux ne sont pas en anglais, et les locaux parlent letton. Finalement, une jeune fille m'a montré sur Google Maps où j'étais. Elle parlait un français excellent. On a dîné au Lido, chaîne lettonne très populaire, boulevard Kr. Valdemara. Buffet à volonté pour 8,50 euros : pâtes, poisson, escalopes, légumes bouillis, compote. Rien d'extraordinaire, mais efficace et chaud. J'ai goûté le rupjmaize — ce pain noir au seigle — qui se marie bizarrement bien avec le jambon fumé (speķis). Jour 2 : visite de la cathédrale du Dôme (Doma baznica), rue Doma seta. Construite en 1211. L'orgue date de 1884, un monstre à 4000 tuyaux qui fait vibrer les côtes quand on l'écoute. C'est peut-être mon meilleur souvenir du voyage. L'entrée coûte 5 euros. Les bancs en bois sont usés, la lumière grise du matin qui passe par les vitraux... c'est tranquille. Pas bondé. Après, je me suis perdue volontairement dans les ruelles de Vecriga. Maisons médiévales, cours cachées, boutiques de vêtements tricotés (les pull-overs lettons à motifs sont partout). J'ai vu une école de danse classique à travers une fenêtre ouverte, des enfants qui sautaient sur une musique qu'on entendait à peine. Un moment bizarre, très vivant. Le point fort culinaire : Ala Pagrabs, rue Jauniela. Taverne de 1210, la plus vieille cave de Riga. Plafonds bas, murs en pierre noire, bougies partout, une odeur mélangée de bière, de soufre et de moisi. J'ai commandé un stew de cerf (briедis) à 13,50 euros, avec du pain noir. La portion était énorme. Le vin du pays était imbuvable (trop sucré), mais les bières locales (Baltika, Užavas) passaient bien. Soirée complète avec 3 bières et le repas : 35 euros pour deux. Jour 3-4 : j'ai exploré le quartier Art nouveau de Vaļņu iela et Ģertrūdes iela. Entre 30 et 40% du patrimoine architectural Art nouveau d'Europe se trouve à Riga. Les façades sont fascinantes : mascarons, têtes de lions, cariathes en stuc. Il pleuvait, donc pas de fou photographique, juste marcher et regarder. Un truc qu'on ignore souvent : le 16 novembre, c'est la Journée de l'indépendance lettonne. Les gens portaient des rubans rouges et blancs. Drapeaux partout. Les restaurants affichaient des menus spéciaux. J'ai raté les feux d'artifice de justesse en repartant le 15. Vers la fin du séjour, visite du château de Riga (Riga Pils), sur la rive gauche de la Daugava. Bâtiment blanc des années 1600, devenu le siège du Président. On pouvait juste voir l'extérieur. Les jardins étaient fermés en novembre. Les musées étaient fermés plusieurs jours pour cause de rénovation. J'avais prévu le Musée d'Art, mais impossible. Ça m'a agacée. J'ai passé une heure supplémentaire au Musée de l'Occupation (1940-1991), gratuit pour le rez-de-chaussée. C'est très dur, très politique, pas gai du tout. Mais nécessaire.
Les bons plans repérés sur place.
Cathédrale du Dôme (Doma baznica, rue Doma seta) : l'orgue à 4000 tuyaux vibre dans la poitrine, entrez avant 12h pour avoir de la lumière
Ala Pagrabs (rue Jauniela) : taverne de 1210, stew de cerf à 13,50 euros, bougies partout, odeur de moisi en 800 ans
Marché Central (Centrala Tirgus) : 4 halles, smelt fumé à 2,50 euros, le vacarme des vendeurs en letton
Façades Art nouveau rue Ģertrūdes iela : allez sous la pluie plutôt qu'au soleil, moins de touristes en november
Tram 11, direction Vecriga : gratis pour connaître la vraie vie locale, pas le circuit touristique
Photos — Riga
Et au final.
Riga m'a surprise. Je pensais trouver une capitale morte en novembre, un truc gris et touristique. C'est gris oui, c'est humide, mais c'est vivant. Les gens ne sourient pas, mais ils aident. Les prix sont bas, la nourriture honnête, et les façades valent vraiment le coup d'œil. Je n'ai pas aimé les galères logistiques et j'aurais voulu plus de musées ouverts. À refaire, mais en été.








