Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à Quito le 15 septembre à 14h30 sur le vol Iberia IB6845. L'aéroport de Mariscal Sucre était chaotique, les douaniers ont pris 45 minutes pour 20 personnes. Première déception : le taxi n'était pas celui commandé à l'hôtel, et le chauffeur s'est trompé deux fois avant d'arriver au Patio Andaluz, petit hôtel colonial dans le Centro Histórico. La chambre sentait l'humidité et le bois ciré ; j'ai ouvert la fenêtre sur la Calle García Moreno à 16h, juste à temps pour entendre les vendeurs de fruits qui criaient « frutas frescas » depuis la rue. Premiers jours à Quito : le Centre Historique et ses embûches Nous avons exploré la vieille ville à pied. La Basilica del Voto Nacional nous a pris deux heures, avec ses tours gothiques et la vue épuisante du haut des escaliers. J'ai eu le souffle court à 2 850 mètres d'altitude ; même au repos, j'ai senti mon cœur taper fort pendant deux jours. Au restaurant Casa Cultura, en bas de la rue Rocafuerte, nous avons mangé un locro de papas (ragoût de pommes de terre et fromage) pour 8 dollars. C'était lourd, goûteux, trop salé pour moi, mais Mélissa a adoré. Jeudi matin, levés à 5h30 pour la visite guidée au Marché San Francisco. Le guide, Carlos, nous a emmenés entre les étals : odeur saturée de coriandre, curcuma et viande crue. Nous avons goûté une empanada de queso chaude, sortie de la friteuse, à 1,50 dollars. Un moment honnête, sans filtre touristique. Mais on a reçu des regards appuyés quand on a demandé le prix en anglais ; Carlos nous a rappelé fermement qu'ici on parle d'abord espagnol. Samedi, nous voulions visiter la Mitad del Mundo (monument équateur à 22 km au nord). Les bus locaux sont impossibles si on n'a pas l'habitude : nous avons pris le bus 2B au terminus du Parque Bicentenario à 8h15, écrits sur un petit ticket rose. Deux femmes âgées nous ont cédé les sièges. Arrivés au monument à 9h50, déçus : c'est une tour touristique de béton gris entourée de petits restaurants de routiers. Nous avons mangé une cecina con yuca (viande salée et manioc frit) pour 7 dollars. Tarif touristique clairement affiché. L'Oriente : trois jours en jungle Nous avons pris un vol domestique TAME (TK 441, 7h20) lundi matin vers Coca. La piste d'atterrissage en terre rouge, la chaleur moite qui vous saute à la figure dès la porte de l'avion : 28°C et 90% d'humidité. Nous avions réservé un lodge communautaire Kichwa à 45 km de la ville, géré par la famille Alomoto. Deux heures de pirogue sur le rio Aguarico, guide Javier qui parlait bas et désignait les singes rouges avec discrétion. Au lodge, trois cabanes en bois, murs très fins. La nuit, les bruits : insectes invisibles, appels d'oiseaux inconnus, une fois un animal plus gros qui n'a pas sûrement pas cherché la bagarre. Nourriture simple mais très bonne : riz, poisson du jour (un bocachico), soupe de plantain. Pas de prix affiché ; nous avons payé 45 dollars par personne et par jour, tout inclus. Javier nous a montré des traces de jaguar le matin du mercredi ; jamais vu la bête, mais la tension dans le groupe était réelle. Le moment le plus fort : jeudi à l'aube, immersion dans la forêt avec les femmes Kichwa pour cueillir des racines médicinales. María, 67 ans, nous a montré comment reconnaître les plantes. Gout amer dans la bouche quand elle nous a fait mâcher une écorce pour la digestion. Pas de photo, pas de mise en scène. Deux heures de marche silencieuse. Une vraie conversation ensuite avec Javier : il m'a expliqué que le tourisme l'aide, mais que le pipeline pétrolier du côté nord détruit tout. Ambiance un peu lourde. Retour et repos Retour à Quito vendredi. Accélération cardiaque et mal de tête pendant 24h à cause du changement d'altitude. Nous avons passé samedi et dimanche au Café Cultura, petit hôtel-café rue Espejo où on paye 4 dollars le café mais où l'ambiance est calme. Lire, marcher doucement, manger des tamales le matin. Deux touristes canadiens nous ont dit que le moment le plus touristique de Quito, c'est ce café lui-même. Peut-être qu'ils ont raison. Dernier dîner au Zazu, restaurant à ciel ouvert sur les hauteurs de Mariscal. Vue assez belle sur les toits, lampes suspendues. Plat principal à 18 dollars. Qualité correcte, pas révolutionnaire. Décalage avec l'ensemble du voyage : le resto touristique aisé nous a paru très loin de María dans la forêt.
Les bons plans repérés sur place.
Marché San Francisco à Quito, tôt le matin (5h30), avec un guide local qui parle l'espagnol d'abord
Rio Aguarico depuis Coca, pirogue avec guide Javier du lodge Alomoto, trois jours complets en forêt Kichwa
Basilica del Voto Nacional, vue haute + escaliers qui essoufflent, restaurant Casa Cultura en bas pour le locro
Bus 2B local depuis Parque Bicentenario, ticket rose, experience de transport équatorien réel
Petit café Cultura rue Espejo pour se reposer et oublier le tourisme de masse
Photos — Quito
Et au final.
L'Équateur nous a donné ce qu'on cherchait : altitude, jungle, rencontres vraies, sentiment qu'on sortait des sentiers balisés. Mais Quito centre-ville reste très touristique et morcellement. Le coût total des 12 jours (2 300 euros à deux, vols compris) a vite rongé notre budget sur place. Je recommande le pays, mais en sortant des villes, c'est plus intéressant.






