Comment ça s'est passé.
Levé à 5h30 pour grimper jusqu'à la Basilique del Voto Nacional. L'air était glacial à 2850 mètres, presque 8°C, et mes poumons ont mis du temps à s'adapter. Le panorama sur le centre historique de Quito depuis la terrasse valait chaque escalade : les toits rouges de la vieille ville s'étalaient sous un ciel gris-rose. J'ai avalé un café con leche à 1,50 USD au café Républica, juste en bas, avec un pain au fromage moelleux du boulanger d'à côté. Les trois premiers jours à Quito, j'ai flâné dans La Ronda, la ruelle pavée où les façades colorées semblent dater du 17e siècle. Le bruit des sabots des chevaux de tourisme résonnait contre les murs. Un vendeur de jus de canne m'a imposé un verre de jus de naranja frais : 0,75 USD, sucré à mort, mais authentique. Le Plaza Grande n'est qu'à quelques rues, avec le Palacio de Carondelet qui impose son silence derrière ses grilles blanches. La galère du bus interurbainPour monter à Otavalo (250 km nord), j'ai pris la compagnie de bus Cia, Terminal Terrestre à 7h du matin. Deux heures de retard sans explication. Finalement arrivé vers 15h, éreinté. Le trajet en lui-même offrait des vues sur les volcans Cotopaxi et Pichincha, mais le prix (9 USD aller simple) aurait pu inclure autre chose qu'une banquette en vinyle qui collait à la chaleur humide. Otavalo, en revanche, a justifié le détour malgré la fatigue. Le samedi matin, j'ai touché les ponchos tissés au marché indígena : les fibres étaient rêches, sentant la laine brute et la teinture naturelle. Les femmes quichua qui les vendaient portaient leurs cheveux nattés et parlaient en quichua entre elles. Un poncho bien fait coûtait 35-45 USD. J'en ai acheté un bleu foncé à rayures blanches pour 38 USD chez une vendeuse nommée Rosa, qui m'a montré les nœuds tissés à la main. Moment marquant : le repas chez une famille localeUne nuit, via une plateforme Airbnb, j'ai loué une chambre chez Mercedes, dans un petit village à 15 km d'Otavalo. Elle m'a invité à partager un dîner : locro (soupe de pommes de terre et viande), accompagné d'une côte de porc grillée et de maïs tendre. Le goût salé-riche du bouillon chaud, avec le maïs qui éclatait sous la dent, m'a rappelé qu'on mangeait très bien ici pour presque rien (le repas entier : 5 USD). Mercedes parlait peu l'espagnol, surtout le quichua. Ce silence partagé autour de la table était étrange, un peu malaisé au début, puis finalement reposant. Les cinq derniers jours, j'ai repéré les petits restaurants de Quito. Le ceviche de crevettes au Pim's (proche de la Plaza Foch) était à 12 USD, généreusement servi avec du jus de citron frais qui piquait les narines. Les patacones (bananes plantains frites) de la petite comida rápida près de la gare routière coûtaient 2 USD et étaient grasses comme il faut. La température moyenne en plaine est de 22°C, mais Quito à l'altitude reste frais. Point négatif : l'insécurité dans certains quartiers du sud (Guamani, Valle de los Chillos) m'a découragé d'explorer. Un taxi m'a conseillé d'éviter de sortir seul après 20h dans ces zones. J'ai respecté le conseil, ce qui a limité ma connaissance de la ville. Les gens sont prévenants, mais il ne faut pas naïf non plus.
Les bons plans repérés sur place.
Basilique del Voto Nacional (terrasse panoramique, levé à l'aube pour éviter la foule)
Marché d'Otavalo le samedi matin (ponchos tissés à la main, 35-45 USD, allez avant 9h)
La Ronda à Quito (ruelle pavée du centre, petits cafés, jus de canne frais à 0,75 USD)
Café Républica (coin Calle García Moreno, café con leche 1,50 USD, vue sur Basilique)
Route Cia bus vers Otavalo (vérifiez les horaires, souvent en retard mais paysage volcanique)
Et au final.
Douze jours c'était trop court et juste assez pour respirer l'altitude. Quito surprend par sa géographie vertigineuse et ses ruelles coloniales qui grincent sous les pas. Otavalo reste un passage obligé pour les marchés, mais j'aurais voulu plus de temps en montagne, loin des circuits de touristes.





