Comment ça s'est passé.
Arrivée à Quito : le choc de l'altitudeNous avons atterri à l'aéroport Mariscal Sucre à 14h30. Immédiatement, en sortant de l'avion, l'air sec et frais nous a frappés. À 2 850 mètres d'altitude, chaque respiration demandait un effort. Notre guide nous avait prévenu, mais rien ne remplace cette sensation physique. L'hôtel Casa Cultura, dans le centre historique, était un bâtiment colonial du XVIIe siècle reconverti. Les murs épais gardaient une fraîcheur constante, presque froide après minuit. Le premier jour, nous avons flâné dans le marché de San Francisco. Les vendeurs criaient les prix des fruits tropicaux : papayas à 2 dollars, passion fruit à 1,50 dollar le kilo. L'odeur écrasante du cacao frais mélangée aux oignons et au piment nous a pris à la gorge. C'était vivant, chaotique, déconcertant. Nous avons commis l'erreur classique de négocier maladroitement avec une vendeuse de textiles ; elle a fermé son étal en nous voyant. Petit moment humiliant, mais qui m'a rappelé que le tourisme de prix cassé n'est pas bienvenu partout. Baños : la route des chutes et les premières vraies pluiesLe bus de la ligne Flota Pelileo nous a coûté 8 dollars pour 3 heures jusqu'à Baños. Le chauffeur conduisait comme s'il pilotait un avion de chasse sur une route de montagne. Virage après virage, les oreilles nous bourdonnaient. À Baños, nous avons logé à La Casa del Árbol, une guesthouse tenue par un Allemand exilé depuis 25 ans. Le premier matin, nous nous sommes levés à 5h45 pour voir le lever de soleil sur la cascade de la Virgen. Les vapeurs chaudes montaient du canyon, créant des reflets dorés. Puis les nuages ont tout caché. Déception, mais c'est ainsi. Le goût salé de la sueur sous la pluie torrentielle durant notre randonnée vers les chutes de Cabellera de la Novia : cette sensation qu'on ne peut plus différencier la pluie du corps. Nous avons glissé, nous nous sommes retrouvés avec de la boue jusqu'aux genoux. Le restaurant El Paisano, en bas de la rue principale, servait une soupe de tripes (menudo) à 2,50 dollars qui sentait les herbes aromatiques fermentées. Pas pour tous les palais, mais efficace contre l'épuisement. Tena et la jungle : l'immersion réelleLa descente en bus depuis Baños vers Tena a pris 4 heures. La forêt s'épaississait mètre après mètre. À Tena, nous avons réservé un tour de 3 jours à la cabane Yasuni Lodge avec un guide local, Jaime, qui parlait lentement et jamais sans raison. Il nous a montré des traces d'anaconda, des grenouilles des couleurs impossibles. L'humidité était telle que nous fermions les yeux sous l'eau de sueur. Les nuits résonnaient de cris de singes hurleurs, d'insectes à l'accordéon électronique. Une nuit, une araignée de la taille d'une main a traversé notre moustiquaire. Panique totale. Jaime a ri, l'a récupérée avec un verre et un carton, puis l'a relâchée dehors. Moment où j'ai réalisé qu'aucun guide ne vous prépare vraiment à vivre avec la nature. Le soir à Tena, nous avons mangé du poisson fumé servi avec du riz blanc et une sauce verte de piment et ail à la cocina de Doña Rosa. 5 dollars pour deux assiettes généreuses. Le poisson avait un goût de feu de bois, de fumée vraie, pas d'arôme marketing. Retour à Quito et épuisementLes trois derniers jours à Quito nous ont laissé peu d'énergie. Nous avons visité la Basilica del Voto Nacional, grimpé les 200 marches sous le soleil de midi. Les pigeons nous volaient les miettes du pain de maïs acheté au coin de Calle Mejía. Nous avons pris le téléférique TelefériQo qui monte à 4 050 mètres. Le froid là-haut était piquant, le ciel gris. Les photos qu'on en ramène ne rendent rien. Nos derniers repas : un café au lait épais à la Cafetería Española (2,50 dollars), des empanadas à la viande dans un comptoir sans nom près de la Plaza Foch. La nuit précédant le départ, l'anxiété du vol et la fatigue accumulée nous ont tenus éveillés.
Les bons plans repérés sur place.
Marché de San Francisco à Quito : arriver tôt (7h30) pour les papays fraîches et l'odeur du cacao en grains
Route Baños-Tena en bus local : apporter des mouchoirs, la route tourne 100 fois en 4 heures
Cabane Yasuni Lodge à Tena : guide Jaime spécialisé en reptiles, 3 jours/2 nuits à 450 dollars avec pension
Cascade Cabellera de la Novia près de Baños : partir avec des chaussures imperméables imperméable et en début de journée
TelefériQo de Quito : aller en fin d'après-midi quand la queue diminue, emporter un pull même en équateur
Photos — Quito, Baños, Tena
Et au final.
Quatorze jours en Équateur, c'est court et long à la fois. Nous quittons le pays épuisés mais vivifiés par des moments qu'aucun lissage marketing n'aurait pu créer. La jungle nous a demandé de l'humilité. Les routes nous ont déplu par moments. Les connexions humaines imprévisibles compensent.
