Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport Amilcar Cabral de Sal le 14 mars vers 16h30, après 6 heures de vol avec TACV depuis Lisbonne. L'air chaud et sec nous a frappés immédiatement—une chaleur de four, pas désagréable, juste prenante. Le chauffeur de taxi affichait 3 500 escudos cap-verdiens pour Praia (environ 32 euros) sans compteur, ce qui nous a vaguement agacés, mais nous avons accepté. Nous avons passé 5 jours à Praia, capitale de Santiago. Logés à l'hôtel Oasis Praia (route de Sucupira, chambre 45 euros/nuit avec clim qui ronronnait sans arrêt), nous avons exploré le marché municipal en fin d'après-midi. Le spectacle olfactif était intense : mélange de poisson séché, mangues trop mûres, essence de diesel. Les femmes vendaient le cachupa (ragoût traditionnel de maïs et haricots) à 250 escudos. Nous en avons mangé au restaurant Fogo & Mar, en bord de mer, vers 18h : plat correct, goût de cumin prononcé, mais viande de poulet filandreuse. Les grands momentsLe dimanche 17, nous nous sommes levés à 5h30 pour voir le lever du soleil sur la Praia da Gamboa, une plage au sud de la ville. À 6h, le ciel était rose orangé, les quelques pêcheurs commençaient à tirer leurs filets. La mer était étonnamment froide (20°C estimé) malgré la latitude. C'était un moment tranquille, sans foule, presque vide—exactement ce que nous cherchions. Nous avons pris un aluguer (minibus collectif, numéro 47-B selon le chauffeur) pour Santa Maria, sur l'île de Sal, trajet de 2h30 avec 5 arrêts imprévus. Une galère : le chauffeur a déclaré qu'il y avait un « petit détour » pour chercher un passager. Nous avons perdu 45 minutes. À Santa Maria, nous avons loué une chambre chez Dona Zina, guesthouse modeste avec ventilateur au plafond, 40 euros/nuit. La plage principale était surpeuplée de touristes allemands et britanniques—décevant. Les déceptionsSal nous a frustré. Attendus sur un paradis blanc, nous avons trouvé des plages commerciales avec resorts all-inclusive fermés sur eux-mêmes. Le restaurant Tortuga, situé sur la promenade de Santa Maria, servait un arroz à marisco (riz aux fruits de mer) fade à 1 200 escudos (11 euros) : bouillon sans goût, crevettes trop cuites. Les petits bars de rues proposaient la grog (rhum local brûlant) à 150 escudos, et nous avons sympathisé avec un barman qui nous a expliqué la vie difficile des insulaires durant la sécheresse. Son témoignage a cassé un peu l'ambiance « touriste » qu'on ressentait partout. Retour à Praia pour les 3 derniers jours. Nous avons visité l'Igreja da Nossa Senhora da Graça, chapelle du XVIe siècle, fermée l'après-midi sans horaires affichés. Nous nous sommes contentés de la photographie extérieure. Le quartier da Achada, plus résidentiel, était plus vrai, moins pépite, simplement humain. Nous avons mangé un broa (pain de maïs) chez une boulangerie sans enseigne près du marché, pain dense et sec, 50 escudos, mangé en marchant. Le dernier soir, à la terrasse du café Palmarejo, nous avons bu un vin blanc du pays (mauvais, trop sucré, 600 escudos) et observé les enfants qui jouaient au foot dans la rue. Aucune agitation, juste la vie. C'est ce qui restera : pas des souvenirs spectaculaires, mais des fragments vrais—la texture du pain, la voix du barman, la fatigue du chauffeur de minibus.
Les bons plans repérés sur place.
Marché municipal de Praia (le matin tôt) : poissons séchés, tomates, mangues ; ambiance chaotique mais vraie
Restaurant Fogo & Mar, Praia : vue sur l'océan depuis la terrasse, cachupa correct (250 escudos)
Playa da Gamboa, Santiago : lever du soleil sans touristes, filets de pêche, silence
Minibus aluguer n°47-B pour Sal : expérience locale, voir la vie hors des circuits balisés (mais prenez du temps supplémentaire)
Café Palmarejo, Praia : vin blanc passable mais cadre authentique, observation de la rue
Photos — Praia (Santiago) & Santa Maria (Sal)
Et au final.
Cap Vert, c'est pas un séjour claquant. Le pays est pauvre, les touristes y viennent surtout pour les plages ou le windsurf. Nous avons aimé Praia pour son côté brut, moins touristique. Sal nous a laissés froids. Ce qu'on aurait moins aimé : les horaires aléatoires (restaurants, attractions fermés sans prévenir), les prix gonflés pour les étrangers, l'absence vraie de vie nocturne. À refaire, nous aurions accordé plus de temps à l'île de Santo Antão, paraît-il plus verte et moins commerciale.
