Comment ça s'est passé.
On a atterri à l'aéroport Piarco de Port-of-Spain un lundi soir à 20h30, complètement cramés. Le chauffeur de taxi AVA Cars nous a demandé 80 TT$ pour atteindre l'hôtel Coblentz Avenue Guest House dans le quartier de St. Ann's. La route était noire, l'air chaud et collant, ça sentait l'essence et la fleur de frangipanier mélangées. Première choc : le prix des choses. Un repas au restaurant Tamnak Thai, rue Frederick Street, ça tourne autour de 150-180 TT$ par plat, et c'est pas donné. Le mercredi, on s'est levés tôt, vers 5h, pour explorer le marché dominical de Queen's Park Savannah, même si on y était mercredi. C'était fermé, bien sûr. Fail numéro un. On a dû se rabattre sur le Red House Market pour acheter des fruits : mangues, noix de coco, plantains. L'odeur de poisson frais et de curry flottait partout, presque oppressante. Une femme nous a offert de goûter à son achard de mangue fait maison, gratuit. Petit moment sympa, mais on a senti qu'elle nous jaugeait en tant que touristes. Port-of-Spain : la ville qui ne dort qu'à moitié On a passé trois jours à Port-of-Spain. Le Queen's Park Savannah, c'est le cœur vert de la ville, immense. On y a vu des enfants jouer au cricket en fin d'après-midi, des gens qui promenaient des chiens de race. Le National Museum and Art Gallery, rue Frederick Street, vaut le coup pour comprendre l'histoire de l'esclavage et de l'indépendance, même si c'était un peu glauque comme sensation. Entrée : 25 TT$. Le samedi, on a pris le bus route 1 (compagnie PTSC) depuis le terminal Independence Square pour aller à Maraval Beach. Le bus était bondé, climatisation limite, mais ça coûtait 3 TT$ par personne. La plage elle-même est petite, sale en bordure, avec des vendeurs qui nous ont harcelés pour des massages et des bijoux en coquillage. Pas terrible. On a mangé au restaurant Solimar, derrière le port. Fruits de mer corrects, une assiette de camarons grillés avec du riz à 220 TT$. La bière locale, Carib, est bonne, 50 TT$ au bar. On a découvert une petite ruelle avec des bars de musique live, mais la musique calypsienne n'était pas pour nous à minuit passé. Le bruit, c'était incessant, énervant à la longue. Tobago : l'île qui calme On s'est pris une navette inter-îles sur le ferry TransCare Trinidad and Tobago le jeudi à 7h du matin. Trajet de 2h30, 75 TT$ en cabine. Le bateau oscillait pas mal, plusieurs touristes avaient l'air malades. Arrivée à Scarborough à 9h30. On a loué une voiture chez Rollock's Rentals pour 250 TT$ par jour. Première route vers Store Bay, la plage la plus connue : du sable blanc, eau turquoise, c'est vrai. Là, on a mangé un curry de poulet local au kiosk numero 7 de l'établissement pour 60 TT$, bon marché mais pas fameux. Les vendeurs ambulants vendaient des bijoux tressés et des boissons à base de rhum. On aurait aimé trouver plus de tranquillité, mais la plage était couverte de touristes de croisière. On a dormi deux nuits au Arcadian Court Hotel à Scarborough, chambre avec vue sur la baie, 350 TT$ par nuit. Le petit-déjeuner au buffet comprenait du pain d'épices local appelé doubles. C'est lourd, sucré. On s'est enfoncés à l'intérieur de l'île pour découvrir Argyle Waterfall, une cascade cachée dans la forêt. La route était mauvaise, le sentier glissant. Température : humide, environ 32°C. L'odeur de terre humide et de végétation tropicale était intense. On a croisé un randonneur local qui a payé pour notre droit de passage au propriétaire du terrain : 30 TT$ pour deux. La cascade était petite, souvent à sec pendant certains mois. Déçu franchement. Le dimanche, avant de repartir, on s'est arrêtés à Pigeon Point, une plage plus élégante avec entrance fee (50 TT$ par personne). C'était plus tranquille. On a nagé, la température de l'eau était parfaite, presque 28°C, salée mais pas trop. Un pain blessé local (sandwich pain d'épices avec curry de poulet) coûtait 50 TT$ à la cabine numéro 3. Meilleur souvenir du voyage : s'asseoir sur le sable en silence au coucher du soleil, sans personne autour. Détails pratiques qui comptent Devise : Trinidad and Tobago Dollar (TT$). 1 EUR ≈ 7-7,50 TT$. Les ATM sont nombreux à Port-of-Spain mais introuvables à TobagoÉlectricité : 110V et 220V, prises américaines. Apporter adaptateurSécurité : Port-of-Spain après la nuit, non. Tobago oui. On s'est fait reconnaître deux fois par des pickpockets en rue Frederick, rien d'agressif mais flippantNourriture : les doubles (pain frit fourré de curry) sont partout, 15-20 TT$. Les arepa aussi. La nourriture indienne (Trinidad a une forte communauté indienne) est savoureuse mais très épicéeTransport : le ferry entre les îles peut être retardé. On a attendu 45 minutes de plus un jour sans explication. Apporter une bonne patience
Les bons plans repérés sur place.
Queen's Park Savannah, Port-of-Spain : l'immense parc urbain, idéal pour une marche le matin vers 6h avant la chaleur
Pigeon Point Beach, Tobago : la seule plage vraiment calme et propre de Tobago, accès payant mais vaut le détour
Solimar Restaurant : fruits de mer frais en bord de port à Port-of-Spain, camarons grillés de qualité
Ferry TransCare Trinidad-Tobago : expérience elle-même, à faire même si houleuse, 2h30 de traversée avec vue sur les deux îles
Marché rouge de Port-of-Spain : chaos organisé où trouver épices locales, fruits tropicaux à vrais prix de marché sans surfacturage touristique
Photos — Port-of-Spain / Tobago
Et au final.
Trinidad et Tobago, c'est du voyage authentique, mais il faut aimer l'improvisation et ne pas chercher du cinq étoiles. Port-of-Spain est sale, bruyante, excitante. Tobago est plus détendante. Ce qui nous a déplu : les prix touristiques qui flambent soudain, la sensation d'être « pris » à plusieurs endroits. Mais les gens sont généralement accueillants, la nourriture est bonne, et les paysages naturels valent le coup si on les cherche loin des sentiers balisés.
