Comment ça s'est passé.
Nous avons débarqué à Port of Spain un lundi matin, après un vol Caribbean Airlines depuis la Barbade. L'aéroport Piarco était bondé, climatisation défaillante, et la queue à la douane a duré plus d'une heure. Premier choc : l'humidité. Dès les portes ouvertes, 32°C et 85 % d'humidité nous ont frappés de plein fouet. La chemise m'a collé au dos avant même d'avoir quitté le terminal. Premiers pas à Port of Spain Nous avons pris un taxi depuis l'aéroport (35 TT$ pour le centre, soit environ 5€). Le chauffeur, Curtis, nous a déposés à l'hôtel Hilton Port of Spain dans le quartier de Nook Avenue. La réception a confirmé : février, c'était presque trop tard pour le Carnaval. Nous avions juste raté les deux jours principaux. Le mercredi matin, nous avons décidé d'explorer le marché central. Nous nous sommes levés à 6 h pour éviter la cohue. Le marché du Port of Spain sentait l'épice broyée, la coriandre fraîche mélangée à l'odeur âcre des fruits trop mûrs. Nous avons acheté du callaloo — une sorte d'épinards locaux — pour 8 TT$ la botte. Un moment marquant : un vendeur de roti, un homme d'environ 70 ans assis sous un auvent bleu passé, m'a proposé un « dhalpuri roti » (roti farci de lentilles) pour 12 TT$ (2€). J'ai mangé en m'appuyant contre son petit étal, et il m'a raconté 40 années de marché sans jamais partir en vacances. Son histoire m'a resté. Le midi, première galère : nous avons pris le bus Trinidad & Tobago Public Transport Service (route 2 depuis Nook Avenue) pour aller à la Savannah, le grand espace vert du centre. Le bus s'est arrêté six fois en dehors du parcours prévu. Les contrôleurs de bord naviguaient entre les arrêts à la volée sans respecter de vrai horaire. Trajet annoncé : 20 minutes. Temps réel : 47 minutes. Trinidad : la chaleur, le reggae et les complications Le jeudi, nous avons loué une voiture chez Thrifty (450 TT$ par jour, soit 65€) pour explorer l'île. Route en épingle jusqu'à Maraval, puis vers les Pigeon Peak Waterfall dans la région nord. La route était bosselée, les panneaux quasi illisibles, et nous nous sommes trompés de sortie deux fois. À Maraval, nous avons mangé dans un restaurant routier, le « Laksmi's Kitchen » : un curry de poulet (90 TT$, soit 13€), riz, et un verre de « bojo » (jus de mélange sucré maison) pour 35 TT$. C'était bon, mais le chef a refusé de nous donner la recette, même pas un indice. Les cascades de Pigeon Peak valaient le détour malgré l'effort. Eau fraîche, odeur de mousse humide, et quasiment personne. La bonne surprise après des jours de foule à Port of Spain. Nous nous sommes assis deux heures juste à écouter le bruit de l'eau. Samedi après-midi, nous avons quitté Trinidad en ferry (compagnie « Port Authority Ferry ») pour Tobago. Le trajet a duré 2 h 45 au lieu des 2 h annoncées — une panne moteur mineure selon l'équipage. Une femme âgée à côté de moi dormait la tête contre le hublot. En arrivant à Scarborough, le port était vivant, bruyant, des vendeurs de fruits de mer grillés appellent depuis les petits restaurants en bois près du quai. Tobago : plus calme, mais pas parfait Nous avons logé trois nuits au Coco Reef Resort à Crown Point, c'était tranquille, chambres correctes (180 USD par nuit). Le lundi matin, nous nous sommes levés à 5 h 30 pour voir le lever du soleil sur Pigeon Point. La plage était vide, le ciel passait du noir bleu à l'orange en une demi-heure. Moment de paix rare. Nous avons nagé. L'eau était tiède, presque 28°C. Nous y sommes restés jusqu'à 7 h, avant l'arrivée des premiers touristes. Le musée du Carnaval de San Fernando (capitale historique de Trinidad) nous avait intéressés avant le voyage, mais nous n'avons pas eu le temps. Petit regret. À la place, nous avons passé un après-midi à Pigeon Point Heritage Park (entrée 10 TT$, soit 1.50€) : hamac, rhum punch au bar du resort (45 TT$), conversation avec d'autres voyageurs. Un couple de Toronto nous a expliqué que Tobago était « plus chilled » que Trinidad, plus touristique, moins authentique. Peut-être avaient-ils raison. Dernier jour : marché de Scarborough le matin. Piments, fruits de la passion, avocat. Nous avons acheté des épices à ramener pour 80 TT$. À l'aéroport, vol Caribbean Airlines retour : 2 h de retard, mais le personnel était souriant. Arrivée dense, organisation imprévisible, transports chaotiques Gens généreux, nourriture excellente, paysages variés Équilibre : pas paradisiaque, mais authentique et humain
Les bons plans repérés sur place.
Marché central de Port of Spain : arriver à 6 h du matin, le dhalpuri roti de ce vendeur octogénaire sous l'auvent bleu
Pigeon Peak Waterfall (nord de Trinidad, route sinueuse) : piscine naturelle vide, odeur de mousse
Ferry Port Authority Trinidad-Tobago (2 h 45, départ Chaguaramas) : traversée bruyante, vraie expérience locale
Pigeon Point Heritage Park (Tobago) : lever de soleil seul à 5 h 30, eau à 28°C, hamac inclus
Laksmi's Kitchen à Maraval : curry de poulet 90 TT$, refus du chef de donner la recette
Photos — Port of Spain, Trinidad et Tobago
Et au final.
Trinidad et Tobago, c'était intense, désordonné, chaleureux. Port of Spain peut frustrer avec ses transports imprévisibles et sa densité. Mais les rencontres au marché, les cascades de Pigeon Peak, et cette femme qui dormait paisiblement sur le ferry : ça reste. Tobago aurait mérité plus de temps, on s'y est trop peu attardés. On revient, mais en mai, hors saison touristique.








