Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à Amman le 14 mars en fin d'après-midi sur un vol Royal Jordanian Airways. L'aéroport Queen Alia était bondé, et nous avons patienté 45 minutes à la douane. Notre chauffeur privé, Karim, nous attendait avec une pancarte fatiguée. Il conduisait une Toyota Corolla blanche qui sentait l'eau de Cologne bon marché mélangée à la poussière du désert. La route vers Amman-centre nous a pris deux heures en bouchon. Première nuit à l'hôtel Kempinski Amman, chambre 512, avec vue sur le Jabal Al-Weibdeh. Prix : 85 euros. Le petit-déjeuner à 7 h était correct mais froid. Nous avons visité le Downtown d'Amman le lendemain matin, en montant les marches du Théâtre Romain. Les ruines datent de 161 après J.-C., paraît-il. Ce qui m'a vraiment frappée ? L'odeur acre du nougat grillé sur charbon de bois au marché de Souq Al-Balad, mélangée à celle du café cardamome. Un vendeur nous a vendu un kilo de dattes hachichs à 8 dinars jordaniens (10 euros) en nous assurant qu'elles venaient directement de la vallée du Jourdain. Elles n'étaient franchement pas exceptionnelles. Le 16 mars, départ pour Pétra en minibus avec un groupe de 8 touristes, via la compagnie Jett Bus (prix : 12 dinars par personne, départ 6 h du matin de la gare du Nord d'Amman). Nous avons pris du retard dès le départ : le chauffeur a dû attendre un couple allemand jusqu'à 6 h 45. Trois heures de route à travers un paysage de calcaire gris sale. Karim avait raison : c'était monotone avant le désert. Arrivée à Wadi Musa à 9 h 30. Nous avons dormi au Movenpick Resort Petra, chambre 204, vue sur les montagnes roses. 95 euros la nuit. Le responsable de l'établissement, Hassan, était extrêmement serviable. Il nous a conseillé d'entrer à Pétra dès 6 h le lendemain pour éviter la chaleur et les groupes. Il avait raison. Le 17 mars, levé à 5 h 15, petit-déjeuner avalé en silence au restaurant de l'hôtel (œuf au plat, pain pita, fromage blanc, café sucré). L'entrée du site coûte 50 dinars jordaniens (63 euros) pour deux jours. À 6 h 10, nous avons franchi le Siq, ce canyon de 1,2 km de long. La première fois qu'on aperçoit le Trésor (Al-Khazneh) nous a vraiment arrêtés net. C'est rose vif, couvert de traînées blanches. La façade fait 40 mètres de haut. Pas de photo qui rend justice. Nous avons sué à grosses gouttes malgré l'heure matinale. La température était déjà à 22 degrés à 7 h du matin. Nous avons visité le Monastère en fin de matinée, après avoir grimpé 850 marches de pierre. Les jambes brûlaient. Un gamin d'une douzaine d'années nous a proposé ses services de « guide officiel » : 20 dinars. Nous avons refusé poliment. Il est revenu trois fois. Finalement, nous avons cédé et lui avons donné 15 dinars à la fin. Il ne nous a rien appris que nous ne sachions déjà, mais il était sympathique. Le 18 mars, nous avons loué un 4x4 Nissan avec Karim pour deux jours de Wadi Rum. 140 dinars par jour avec essence comprise. Le désert rouge du Wadi Rum nous a attendus à 45 km au sud. Le chauffeur a arrêté le véhicule au pied d'une dune et nous a offert du café bédouin sucré à la cardamome dans des petites tasses sans anse. Amer et chaud. Ce moment-là, assis sur le sable rouge en silence, a été mon préféré du voyage. Karim a coupé le moteur. Rien que le vent. Nous avons passé la nuit au camp de tentes de Rum Stars Camp. 45 dinars la nuit avec dîner et petit-déjeuner. Les tentes avaient des vrais lits et des couvertures. Pas romantique mais fonctionnel. Le dîner était un zarb (agneau cuit sous terre avec riz et légumes) basique mais chaud. Le soir, un guide nous a parlé de la géologie du Wadi Rum pendant une demi-heure. Franchement, nous nous serions bien passés de pédagogie à ce moment-là. Le 19 mars, excursion à cheval. C'est là que j'ai eu une galère sérieuse. Le cheval qu'on m'a confié avait clairement une foulée qui lui faisait mal. Après 30 minutes, j'ai demandé à changer d'animal. Petit moment de tension avec le guide local, qui pensait que je critiquais son entreprise. Finalement, tout s'est arrangé, mais ça m'avait énervée. Il n'y a aucune raison de faire souffrir un animal pour faire plaisir à un touriste. Retour à Amman le 20 mars en bus. Visite d'un restau kebab convenable, le Hashem près du Souq, mercredi soir. Falafel, hummus, shawarma. 6 dinars pour deux. Le jeudi, vol de retour avec une heure de retard (surtaxe bagages imprévisible à l'enregistrement, 35 euros pour un sac supplémentaire). Arrivée à Lyon le vendredi matin.
Les bons plans repérés sur place.
Le Trésor (Al-Khazneh) à Pétra au lever du soleil, avant 6 h 30 pour éviter les groupes de 200 personnes
Nuit au Rum Stars Camp (Wadi Rum) avec café bédouin à la cardamome au coucher du soleil
Le Siq, le canyon d'accès à Pétra : 1,2 km de marche à travers des parois de roche rose de 200 mètres de haut
Souq Al-Balad à Amman pour le nougat et les épices (aller tôt le matin, vers 7 h)
Le Monastère (Ad-Deir) à Pétra : moins touristique que le Trésor et vue panoramique inégalée après 850 marches
Photos — Pétra / Wadi Rum
Et au final.
La Jordanie nous a marqués, surtout Pétra et le Wadi Rum. Le désert rouge était exactement ce qu'on espérait. Ce qui nous a moins impressionnés ? L'afflux touristique massif à Pétra dès 9 h du matin et les petits supplément « cachés » un peu partout (visites guidées obligatoires, tickets d'entrée pour les spots photo, etc.). À refaire, mais en mai plutôt qu'en mars pour la météo.
