Comment ça s'est passé.
Nous avons quitté Amman le 15 mars à 6 h 30 pour prendre le bus Jett (compagnie locale fiable) en direction de Pétra. Trois heures de route cahoteuse sur la Highway 15, avec un arrêt à Madaba où l'odeur de l'huile d'olive envahissait les petits restaurants de rue. Le tarif : 12 dinars jordaniens par personne (environ 15 euros). À Pétra, nous avons logé à l'Edove Hotel, établissement trois étoiles correctement situé à 500 mètres de l'entrée principale. La chambre sentait l'humidité et le chlore. Lever à 5 h pour voir le Trésor sans la cohue touristique : nous avons traversé le Siq (gorge millénaire) en silence presque total, juste le bruit de nos pas sur la pierre rose. La fassade du Khazneh apparaît progressivement, et oui, c'est énorme, mais pas « magique » comme on dit partout. C'est surtout du calcaire travaillé, rose rougeâtre, avec des traces de suie noire au sommet. Première galère : le guichet d'entrée ferme les billets une heure avant la fermeture officielle du site. Nous l'avons appris à nos dépens en arrivant à 15 h 45 pour deux heures de visite. Tarif complet : 50 dinars par personne (65 euros). Nous avons dû revenir le lendemain matin. Le deuxième jour, nous avons grimpé jusqu'au Monastère (Al-Daïr). Deux heures de randonnée intense, mains moites, jambes qui brûlent. La vue sur les formations rocheuses depuis le haut vaut vraiment le coup. Nous avons mangé un hummus maison au restaurant Cleopatra, situé en bas du site principal. Assiette complète avec pain : 8 dinars. Le goût était salé, un peu trop, mais les pois chiches fondaient. Vers Wadi Rum. Nous avons réservé une excursion de quatre heures avec Omar, un bédouin qui conduit une Jeep Toyota depuis 1998. Il fumait constamment des cigarettes Marlboro. Départ à 14 h, retour à 18 h 30. Prix : 50 dinars par personne. Le désert est effectivement rouge, très rouge, avec des roches qui émergent comme des tours de guet. Omar nous a emmenés au coucher de soleil près de Burdah Rock Bridge. La température a chuté brutalement après 17 h, passant de 28°C à 18°C en une heure. Nous n'avions pas assez de pulls. Le soir, nous avons dormi dans un Bedouin Camp trois kilomètres avant Rum village. Tentes avec matelas, chauffage au gaz. Dîner de mansaf (agneau braisé dans une sauce au yaourt) servi à 20 h dans la tente commune. Bon, mais gras. Une dizaine de touristes autour du feu, guitare incluse. Cliché complet, mais sincèrement cool. Jour suivant : retour à Amman en bus Nord (ligne 450, très régulière). Nous avons terminé nos derniers jours à Amman, visité le Musée Archéologique Jordanien (entrée : 3 dinars, 4 euros). Vitrines poussiéreuses, mais les statues nabatéennes valent le détour. Dernier repas au restaurant Al-Reef, petite place à côté de la Citadelle : foie d'agneau grillé avec oignons, environ 10 dinars. Fort en goût, fumant, copieux. Moment marquant : une femme bédouine nous a offert du thé à la menthe au milieu du désert. Aucune transaction, juste une hospitalité qu'on ne cherchait pas. Cela a changé notre vision de la journée.
Les bons plans repérés sur place.
Siq de Pétra au lever du soleil (accès à 6 h, tarif 50 dinars) : froid, humide, quasi vide
Monastère Al-Daïr : deux heures de grimpette depuis Pétra, point de vue final imprenable
Jeep privée dans Wadi Rum avec chauffeur bédouin (Omar ou similaire) : 50 dinars pour quatre heures, coucher de soleil obligatoire
Marché d'épices d'Amman (Rainbow Street et alentours) : délire sensoriel, senteurs de cumin et cardamome
Musée Archéologique Jordanien à Amman : petit musée, entrée bon marché, collections nabatéennes intéressantes
Photos — Pétra / Wadi Rum
Et au final.
La Jordanie n'a pas été un coup de foudre, mais une destination solide pour deux semaines de randos et de ruines. Pétra vaut vraiment le détour, bien que surpeuplée. Wadi Rum plaît aux amateurs d'authentique, sauf qu'on y croise autant de camping touristiques que de vrais bédouins. À faire en mars ou octobre pour éviter la chaleur écrasante d'été.
