Comment ça s'est passé.
Levé à 5 h 30 pour observer le passage du premier cargo à travers les écluses de Gatun depuis la terrasse du Centro de Visitantes Agua Clara. L'odeur de gasoil mélangée à celle de l'eau stagnante m'a brutalement rappelé qu'on n'était pas en vacances touristiques classiques. C'était juste… impressionnant. Ce cargo japonais qui prenait 15 minutes pour franchir les quelques mètres, bloqué par des navires de guidage, ça ne s'oublie pas. Les trois premiers jours, je me suis perdu systématiquement dans Panama City. Les adresses ne correspondaient jamais à mes repères, les taxistas du Paitilla parlaient trop vite en espagnol. Finalement, la ligne Línea 1 du métro (inaugurée en 2014) m'a sauvé : je prenais la direction San Miguelito depuis la station Albrook, descente à Casco Viejo. Coût : 35 centimes USD. Les rues du Casco étaient suffocantes à midi, l'humidité collait à la peau, mais le marché Mercado de Calidonia, en remontant vers l'avenue centrale, valait le coup. J'y ai mangé un ceviche frais chez Doña Maria pour 7 USD, accompagné d'une cerveza Panama en verre gelé. Les limes avaient un goût acide qu'on ne trouve pas en Europe. Le deuxième jour, galère majeure : le tour de l'île de Barro Colorado était complet. J'avais oublié de réserver auprès du Smithsonian Tropical Research Institute au moins trois semaines avant. Du coup, j'ai grappillé une place sur une visite guidée privée (120 USD par personne pour quatre) via Ecocircuitos. Quatre heures de trek dans une jungle dingue : des singes hurleurs dans les canopées, des grenouilles vénéneuses bleues, et la sensation d'étouffer chaque respiration tellement l'air était humide et chargé de CO2. Notre guide Eric, un Panaméen de 55 ans, m'a montré comment identifier les traces de jaguar sur les racines. Moment marquant : il a imité le bruit d'une vipère corail pour me montrer comment les animaux prédateurs se signalent. Le frisson, c'était réel. Les repas en dehors du centre-ville se sont avérés étonnamment corrects. Au restaurant Restaurante Felipe au cœur du Casco, j'ai commandé un ropa vieja pour 12 USD, présenté sur une feuille de bananier. Mais j'ai aussi commis l'erreur de manger un ceviche de rue à Colón la troisième journée : hospitalisation d'une nuit, probablement une bacteria dans les fruits de mer. Deux cents USD de frais médicaux et une ordonnance d'antibiotiques en main. Les toilettes des petits restaurants ne sont pas toujours aux normes. Je suis allé deux fois à Bocas del Toro, l'île principale de l'archipel (trajet en avion 45 minutes avec Air Panama, 65 USD l'aller-retour). Les plages ne sont pas blanches ni cristallines comme aux Bahamas, plutôt du sable brun, l'eau chaude. J'ai loué un kayak chez Bocas Water Sports pour 20 USD la journée et navigué entre Isla Colón et Isla Carenero. Les mangroves puaient la vase pourrie quand on les approchait de trop près, mais les dauphins roses qui ont croisé ma route pendant deux minutes m'ont cloué le bec. Le musée Anthropología du Musée Nacional était fermé pour rénovation. À la place, j'ai visité le Museo de la Interoceánica, plus touristique mais efficace : explications claires sur la construction du canal, documents originaux, pièces de machinerie. Entrée : 15 USD. Les panneaux étaient en espagnol et anglais, j'ai passé deux heures là-dedans. Deux nuits au Hotel Universal (côté budget, 55 USD/nuit), deux autres au Manrey Hotel and Restaurant du Casco Viejo (90 USD/nuit, petit-déjeuner inclus). Le Manrey avait un ventilateur qui ronronnait à tue-tête, je dormais mal. L'eau chaude était tiède, l'eau froide était déjà tiède. Mais le personnel était patient, même quand j'arrivais à 23 h après une tour en bus qui avait pris trois heures de retard. Les transports : l'application Uber fonctionne à Panama City, mais les tarifs affichés explosent en fin d'après-midi (surge pricing cruel). Je préférais les bus rouges bondés, 50 cents USD pour traverser la ville. Une fois, un enfant m'a vendu des chewing-gums pendant 20 minutes, je n'avais pas le cœur de refuser. Les routes ne sont pas toutes en bon état, le chauffeur roulait comme en simulateur, nerveusement.
Les bons plans repérés sur place.
Écluses de Gatun (Centro de Visitantes Agua Clara) : observation matinale des cargos, gratuit, arrive vers 6 h
Casco Viejo, secteur de la Avenida Central : mercado Calidonia pour le ceviche frais, marché de fruits tropicaux
Barro Colorado Island via Smithsonian : jungle primaire, faune endémique, à réserver 3 semaines avant
Bocas del Toro, île de Colón : kayak en mangrove, dauphins roses, vols Air Panama 45 min
Musée de l'Interoceánica (15 USD) : histoire du canal en objets et documents, proche du Casco Viejo
Photos — Panama City
Et au final.
Panama City et ses alentours m'ont étonné. Moins superficiel que je ne l'avais imaginé, avec des angles touristiques affichés (le canal) mais aussi des replis authentiques (Casco Viejo, Barro Colorado). La malaise gastro-intestinale aura terni le séjour, et l'humidité était parfois oppressante. J'y retournerais, mais en pré-réservant davantage et en étant plus rigoureux sur l'hygiène alimentaire.








