Comment ça s'est passé.
Arrivée à l'aéroport international de Tocumen vers 14h, après un vol avec Avianca depuis Miami. La chaleur m'a frappé d'un coup en sortant de la climatisation : 34°C et une humidité qui colle au corps. J'ai pris un taxi noir officiel (compter 35 dollars pour 45 minutes jusqu'à Casco Viejo) plutôt qu'Uber, conseil d'un ami qui avait eu des ennuis avec les chauffeurs informels. L'hôtel Continental, rue Independencia, disposait de chambres correctes pour 120 dollars la nuit avec vue sur la baie. Le réceptionniste, parlant français avec un accent cubain, m'a prévenu que le quartier était vivant le soir mais à éviter seul après minuit. Premier repas au restaurant Cubierta, en face, où j'ai commandé un ceviche de pargo (15 dollars) et une cerveza Panamá (2,5 dollars). L'eau du ceviche venait du golfe : goût salé intense, citron acidulé parfaitement dosé. Le serveur m'a glissé qu'à midi, les locals préfèrent le menu du jour au café El Patio (8 dollars pour riz, viande, salade). Deuxième jour, traversée du Canal en bateau depuis le Gatun Locks Visitor Center. Le billet coûte 25 dollars, et il faut arriver 30 minutes avant. J'ai raté le premier départ à cause d'une file d'attente chaotique : un groupe de touristes chinois avec 40 bagages à main créait l'embouteille. Le passage des écluses reste impressionnant, mais moins émouvant qu'espéré : la sensation du bateau qui monte lentement dans le sas, l'eau qui s'écoule, le mécanisme qui gronde sourdement. J'ai réalisé qu'on regarde surtout des parois de béton grises. Une touriste allemande à côté de moi a dit « c'est plus petit qu'à la télé », et j'ai trouvé ça juste. La visite du musée du Canal (10 dollars, fermé le lundi, erreur de ma part mercredi à 13h pile : ils fermaient pour deux heures) m'a montré des documents en espagnol surtout. J'ai compris environ 40 % des panneaux. Mais une vidéo des travaux des années 1880 montrait des cadavres extraits de la jungle, victimes de la malaria : images viscérales qui replaçaient l'exploit technique dans son contexte brutal. Jeudi, je me suis perdu en essayant d'atteindre le marché de San Blas à pied depuis Casco Viejo. Les rues n'étaient pas sûres en fin d'après-midi. Un homme m'a proposé un trajet en moto-taxi (5 dollars) jusqu'à l'entrée du métro. Le métro panamien coûte 30 centimes par trajet, très efficace pour se déplacer, mais bondé aux heures de pointe. À 17h30, on était compressés, collés les uns aux autres, odeur mélangée de sueur, de parfum bon marché et d'air climatisé poussif. Le marché de San Blas bourdonnait de vendeurs pressants. Fruits : mangues (1 dollar chacune), plantains, melons. J'ai acheté un pan con queso (pain fourré au fromage frais, 1,5 dollar) qu'une vendeuse chauffait sur un petit réchaud à côté de ses légumes. Goût neutre mais rassurant. Les murs étaient peints en couleurs acidulées, bleu turquoise et rose fuschia, affiches de concerts de reggaeton. Le contraste avec le silence climatisé de Casco Viejo était saisissant. Vendredi, excursion en bateau vers l'île de Taboga (ferry depuis le port San Blas : 6,50 dollars l'aller, 40 minutes, bateau rouillé mais fiable). Plage moyenne, sable gris clair, eau tiède. J'ai mangé du poisson grillé au restaurant Veronica (18 dollars, servi avec riz et patates douces). Une galère : j'ai oublié le numéro d'identification de mon retour, et le vendeur m'a dit que je devais acheter un nouveau billet ou attendre le capitaine (résolu après 30 minutes d'attente et 2 dollars de pourboire). Retour à Panama City pour la dernière soirée. Le rooftop bar du hôtel Aria (à côté de la tour Trump, quartier de Punta Pacifica) offre une vue vertigineuse sur les gratte-ciel. Un rhum local, le Abuelo (5 dollars au bar), sirotait en voyant le soleil tomber sur la baie. Les tours reflétaient les derniers rayons orange. Moment d'apaisement après les rues chaotiques. Points marquants Le chaos urbain de Panamá City n'a rien du fantasme caribéen : c'est une vraie métropole avec embouteillages, pollution visuelle, quartiers où il faut faire attention. Rien de catastrophique, mais sans le glamour vendu dans les brochures. Les gens parlent surtout l'espagnol. Mon français a servi qu'à l'hôtel. Avoir l'espagnol de base est essentiel. L'argent en circulation est le balboa panamien (équivalent du dollar US), mais on paie aussi en dollars directement.
Les bons plans repérés sur place.
Passage du Canal depuis le Gatun Locks Visitor Center : réservez en ligne, arrivez tôt, et acceptez que ce soit surtout du béton gris et de la mécanique
Restaurant Cubierta, rue Independencia : meilleur ceviche de la zone, vue sur la baie, 15 dollars
Marché de San Blas le jeudi : marchands de fruits, pain au fromage chaud, atmosphère vivante mais vigilance requise
Rooftop du hôtel Aria à Punta Pacifica : rhum Abuelo au coucher du soleil, vue sur les gratte-ciel illuminés
Île de Taboga en ferry : 40 minutes depuis le port, poisson grillé au resto Veronica, plage calme mais peu spectaculaire
Photos — Panama City
Et au final.
Panama m'a déçu sur un point : j'esperais une destination caribéenne exotique, et j'ai trouvé une ville-centre d'affaires avec des problèmes d'insécurité réels et une certaine superficialité touristique. Mais le Canal reste une merveille d'ingénierie, et Casco Viejo offre du charme colonial authentique. À revenir pour les îles de Bocas del Toro, que je n'ai pas eu le temps de visiter.








