Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à Ouagadougou un mardi matin à 6h30, après un vol de nuit sur Air Burkina. L'aéroport Ouagadougou international n'est qu'à 4 km du centre, mais le taxi nous a demandé 15 000 francs CFA (23 euros) au lieu des 8 000 annoncés au guichet d'information — première galère, mais nous l'avons vu venir. L'hôtel Splendid, rue de la Gendarmerie, s'avère être une bonne affaire : 45 euros la chambre avec clim qui fonctionne à peu près. En descendant dans le hall, nous avons croisé un guide touristique local, Ahmadou, qui nous a proposé ses services pour 25 euros par jour. Nous l'avons engagé sans regret. Dès le premier matin, levés à 5h30 pour explorer le Marché de Rood-Woko à l'aube, nous avons senti l'odeur âcre du charbon de bois qui brûlait dans les petits foyers : les vendeuses préparaient le café traditionnel, un ataya serré à base de menthe et sucre, à 500 francs CFA le verre. Les couleurs pastel des tissus s'allumaient progressivement sous le soleil naissant. Le Monument aux Morts, au cœur de la ville, nous a marqués. Pas par sa beauté architecturale — assez sobre, en béton blanc — mais par le silence du lieu, vide à 7h du matin. Ahmadou nous a expliqué l'histoire des différents coups d'État du pays en français hésitant mais sincère. C'était à la fois instructif et déprimant. Nous avons passé trois jours à Ouagadougou avant de prendre un minibus STAF (ligne Ouaga-Bandiagara) mercredi matin. 13 500 francs CFA par personne (20 euros), 8 heures de route sur une piste en terre. L'expérience a été usante : la clim cassée, une femme nous vendait des beignets aux arachides par la fenêtre à chaque arrêt (délicieux, 1000 francs CFA), et nous nous sommes arrêtés deux fois pour des crevaisons. Nous avons perdu 4 heures, mais personne ne s'en plaignait vraiment — les autres passagers regardaient simplement par la fenêtre ou dormaient. À Bandiagara, nous avons logé chez Fatoumata, une guesthouse tenue par une femme remarquable que nous avons trouvée via un forum d'échanges. 30 euros la nuit, petit-déjeuner avec porridge de mil inclus. Elle nous a cuisiné un riz sauce arachide le deuxième soir — texture parfaite, sauce riche avec un goût de cacahuète grillée que nos palais occidentaux ne connaissaient pas. Nous avons mangé trop vite, bavé comme des enfants. Les falaises de Bandiagara se dressent à l'ouest, et nous avons engagé un guide dogon pour deux jours de trekking. 50 euros les deux jours. Nous avons randonnné entre trois villages : Teli, Kani-Kombole, et Yendouma. Les chemins sont étroits, parfois aériens — la peur de tomber était bien réelle. La température à midi dépassait les 38°C. Nous avons vu des cases en terre avec des toits de paille, des greniers rituels en forme d'obus — les pères dogons nous ont montré comment ils stockaient le mil à l'étage, loin des rongeurs. Un enfant nous a suivis deux kilomètres en demandant « stylo, stylo », ce qui a agacé notre guide. Le soir à Fatoumata, nous avons discuté avec deux autres voyageurs allemands. L'un deux a mentionné avoir été arnaqué par un faux guide à Ouaga — on lui avait vendu une « amulette authentique » pour 80 euros qu'il aurait pu trouver au marché pour 5. Cela nous a rappelé que la prudence reste de mise. Notre dernier soir, nous avons mangé une omelette locale accompagnée de pain grillé au Café du Coin, la seule véritable brasserie de Bandiagara (environ 3500 francs CFA). Le café était fort, grillé, le pain rassis mais savoureux. Nous avions les pieds en compote, mais aussi un carnet plein de visages et de conversations qui traînaient en train.
Les bons plans repérés sur place.
Marché de Rood-Woko à Ouagadougou : y aller à l'aube pour voir les vendeuses préparer le café ataya traditionnel
Guesthouse Fatoumata à Bandiagara : le riz sauce arachide du mercredi soir, cuisiné à feu de bois
Trek Teli-Yendouma en falaise : prévoir un guide sérieux (minimum 50 euros) et 3 litres d'eau par personne
Hôtel Splendid à Ouagadougou (rue de la Gendarmerie) : excellent rapport qualité-prix, clim stable
Minibus STAF Ouaga-Bandiagara : partir de bonne heure (5h du matin) pour éviter le départ trop tard
Photos — Ouagadougou et Bandiagara
Et au final.
Le Burkina Faso ne brille pas par son infrastructure touristique — il faut accepter les retards, la chaleur oppressante et les petites arnaches. Mais les rencontres nous ont surpris par leur générosité véritable. Nous avons moins aimé les villages touristiques surinvestis du Pays Dogon, où l'arrivée d'un groupe entraîne une meute de vendeurs de souvenirs. Nous y retournerions, mais en privilégiant la saison fraîche (novembre-février).
