Comment ça s'est passé.
Arrivée à 6 h 30 à l'aéroport international de Ouagadougou sur un vol Air Burkina depuis Dakar. La chaleur nous saute au visage en sortant de la climatisation. 34 °C annoncés, on le sent déjà à la nuque. Le taxi que nous prenons sent l'essence et le parfum à la musc un peu écrasant du chauffeur. Trajet jusqu'à l'hôtel Silmandé (rue du Chari, à 15 minutes du centre) : 7 500 francs CFA, environ 11 euros. Les trois premiers jours, nous nous enfonçons dans le cœur de la ville. Le marché Rood-Woko, près du rond-point du Mogho, est un chaos organisé : vendeurs de tissus wax, d'électronique piratée, de fruits étalés directement par terre. L'odeur de mango trop mûre mélangée aux gaz d'échappement devient familière. Nous achetons des tomates « Ouaga » à 500 francs le kilo. Les vendeuses négocient fort mais sourient vraiment. Un moment marquant : une femme nous invite à prendre le thé à sa petite table de fortune, sans intention commerciale apparente. Elle nous parle de sa fille à Montpellier. Dix minutes de pause bienvenue après deux heures de marche sous le soleil. Nourriture et déplacements réelsLes restaurants de la rue de la Paix nous nourrissent correctement. Au Chez Fatoumata (« l'endroit avec les nattes rouges »), le riz sauce arachide coûte 2 500 francs, la viande est tendre mais on sent que les normes d'hygiène ne sont pas celles de Paris. Pas de souci gastrointestinal pour nous, juste un manque de confiance. Meilleure adresse : le Papaye Verte, un petit resto tenu par deux frères, où l'omelette aux oignons et le café serré sont fiables. À 6 h 30 du matin, c'est plein d'hommes en boubou qui discutent avant le boulot. Pour circuler, nous prenons les minibus jaunes et bleus : aucun numéro de ligne, juste la destination criée par le « receveur ». Trajet vers Bobo-Dioulasso (400 km) : nous réservons par Garantiafrika (compagnie locale). Départ à 5 h 45, arrivée à 11 h avec un arrêt de 30 minutes où on nous propose du pain dur et du Fanta. Les routes sont cabossées, c'est inconfortable mais on voit le paysage : acacias épars, terres rouges, quelques chèvres. Le bruit du moteur et la poussière qui rentre par les vitres baissées : l'Afrique de Ouest en olfactif. Bobo-Dioulasso : pause authentiqueTrois jours à Bobo, deuxième ville du pays. Atmosphère moins pressée qu'Ouagadougou. L'hôtel Maison du Tourisme (place Mamadou Konate) : chambre correcte, douche tiède, 12 000 francs la nuit. Nous visitons la Grande Mosquée (début du XIXe siècle), on nous enlève les chaussures, un imam nous accueille sans pression de photo. Marché de Bobo plus vivable qu'à Ouagadougou. Les femmes vendent des pâtes de moringa et des piments qui irritent les yeux juste à passer près du tas. Nous trouvons du shea butter brut à 3 000 francs les 200 grammes. Une galère mineure : notre guide freelance (trouvé à l'hôtel) nous amène voir des « ateliers traditionnels » qui sont en réalité des boutiques pour touristes. On paie quand même (15 euros par personne), un peu arnaqué sur les bords, mais l'homme a besoin de travailler et il est honnête après-coup sur ce jeu. Watercolor et natureLes chutes de Karfiguéla, 60 km au sud. Nous les atteignons avec un chauffeur taximètre (45 euros la journée). L'eau est claire mais peu abondante (saison sèche). La marche est facile, la vue depuis le haut intéressante mais pas spectaculaire. Le retour à Bobo à 17 h 30, on s'arrête à un petit maquis où on mange du poisson grillé enrobé de feuilles de mangue (riz inclus : 2 000 francs). C'est bon, c'est gras, c'est chaud. Retour à Ouagadougou en bus pour les trois derniers jours. Le Centre du Patrimoine Culturel nous occupe une demi-journée (exposition sur les masques mossi, entrée 3 000 francs). Moins riche qu'on espérait. Les derniers soirs : restaurant Sanctuary (viande de brousse correcte) et balades à pied le matin dans le quartier Dassasgho, où des enfants jouent au foot avec un ballon de chiffon.
Les bons plans repérés sur place.
Marché Rood-Woko à Ouagadougou : levé à 6 h, deux heures le matin avant la chaleur de midi, les fruits frais et les vraies rencontres
Papaye Verte restaurant (rue de la Paix) : meilleur café serré à 500 francs, tables basses, hommes en boubou discutant politique
Trajet Ouaga-Bobo en minibus Garantiafrika : départ 5 h 45, paysage de savane et terres rouges, inconfortable mais authentique
Grande Mosquée de Bobo : visite respectueuse, pieds nus, imam bienveillant, architecture en banco
Chutes de Karfiguéla avec repas de poisson grillé : 60 km de piste, modeste mais vrai et local
Et au final.
Le Burkina n'est pas un pays de carte postale. C'est un endroit où les gens travaillent dur, où on sue à grosses gouttes, où les routes sont mauvaises et l'internet aléatoire. Mais l'hospitalité est sincère, pas feinte pour les touristes. On revient avec moins de certitudes qu'on n'en avait, pas avec des souvenirs lisses.







