Comment ça s'est passé.
Arrivée le 12 novembre à 14 h 30 à l'aéroport d'Ivato (Antananarivo) après un vol Air Austral de 10 heures. Terminal bondé, climatisation inexistante. Nous avons pris un taxi-brousse Air Taxi bleu depuis le centre-ville (10 euros, trajets sans horaire précis). La première galère : le chauffeur s'était trompé de passagers et nous a déposés au mauvais hôtel. Trois quarts d'heure de négociation avec des gestes et un téléphone Google Traduction avant de trouver le gîte Lakana House, rue Racine, quartier Andrianampoinimerina. Les deux premiers jours ont été consacrés à Tana. Nous avons visité le Palais de la Reine (20 euros d'entrée), perché sur une colline surplombant la ville grise et étouffante. L'odeur de charbon de bois montait depuis les petits restaurants de rue en contrebas. Nous avons mangé du riz aux haricots rouges (« riz djoum ») au marché d'Analakely pour 0,50 euro — portion généreuse, sauce piment qui brûlait. Le Café de la Gare, avenue de l'Indépendance, servait un espresso correct (1 euro) et des pains au chocolat malgaches qui n'étaient pas mauvais. Vers Nosy Be : une route en patchwork Nous avons pris un taxi collectif depuis la gare Anosibe (compagnie Bjorn Express) en direction d'Ambanja, station de base pour l'île. Le trajet de 270 km a duré 9 heures au lieu des 6 annoncées. Route nationale 4 entièrement dégradée : nids-de-poule de la taille d'une baignoire, passages à gué dans des rivières rouges. À Andapa, arrêt de 45 minutes dans un petit resto de routiers où j'ai découvert le « sakay » — un plat à base de poisson fumé et de gingembre, tellement salé que j'ai dû boire trois canettes de Coca 0,33 l (1,20 euro chacune). Fin de journée sur les quais d'Ambanja, quai puant l'algue morte et le diesel. Le bateau pour Nosy Be a quitté à 7 h du matin (« bateaux rapides » Madacomfort, 50 euros aller simple, placement très serré, 1 h 30 de traversée). J'ai été malade à cause de la houle de septembre-octobre qui persiste. Arrivée à Nosy Be vers 9 h : cocotiers partout, air salin, ciel blanc. Nosy Be : plages et déceptions relatives Nous avons loué une petite maison dans la baie de Djamandjari, quartier touristique mais pas blindé. Propriétaire français établi depuis 15 ans, Thierry, qui nous a loué sa case pour 45 euros/nuit (eau chaude aléatoire, électricité jusqu'à 22 h). Les trois jours suivants : plages. Plage d'Ampangorina, sable blanc, eau à 28 °C, mais beaucoup de touristes allemands en maillot de bain trop court. Plage d'Andilana (plus au nord, moins peuplée) = meilleure trouvaille. Restaurant de plage « La Pirogue », grilled fish et riz blanc pour 7 euros, rhum arrangé local (maison, 4 euros) — là, c'était calme, on entendu juste les vaguettes et deux pêcheurs qui halaient leurs filets. Jour 7 : excursion à l'île Sainte-Marie (« île aux Napoléons »), réserve marine, 18 euros avec guide local (Samy, 35 ans, très parlant). Nous avons vu du corail vivant, quelques poissons-clowns, mais surtout du plastique en suspension. Le guide a expliqué que les pêcheurs braconniers sont revenus malgré l'interdiction officielle. Moment marquant : une femme-plongeuse locale s'est jetée à l'eau en apnée pour récupérer des pièces qu'on lui proposait. Gêne immédiate. Nous n'avons pas participé. Market, rhum et culture Le marché de Nosy Be (route principale, matin tôt) : mélange des odeurs de mangues pourries, d'épices (vanille, cardamome) et d'huile à moteur. Nous avons acheté des mangues ( « kilos » de mangues rouges, 1 euro le kilo), des ananas. Distillerie locale (Maison Romé), visite gratuite, rhum arrangé vanille à 15 euros la bouteille. Nous n'avons pas resenti une visite hyper mise en scène, juste une cabane avec des fûts en bois et des femmes qui étiquetaient des bouteilles. Mercredi : nous avons loué un scooter (5 euros/jour, essence payante en plus). Montée au nord de l'île, chemin bosselé, poussiéreux. Temple hindou de Nosy Be (petit bâtiment blanc avec des peintures colorées, entrée libre). Pas de groupe scolaire, pas de tourisme de masse. Juste nous, deux autres couples français et des poules qui picoraient. Jour 11 : retour à Tana en bateau (même trajet). Nous avons dormi à l'Hôtel Chamarel (55 euros, quartier Andohalo). Derniers jours consacrés à des achats (tissus, sculpture bois au marché d'Analakely) et au restaurant « Le Petit Futé » (pâtes bolo malgaches, 8 euros, meilleur repas de la semaine). Vol retour Air Austral 14 novembre à 23 h depuis Ivato. Enregistrement cauchemardesque (2 h d'attente, système informatique en panne). À bord, le repas était froid et la dame assise à côté s'endormait sur mon épaule toutes les cinq minutes.
Les bons plans repérés sur place.
Plage d'Andilana (nord Nosy Be) : 15 min de bateau depuis le centre, restaurant flottant La Pirogue, eau claire
Marché d'Analakely (Tana) : tissus lamba, sculptures en bois, arrives avant 8 h pour éviter la foule
Distillerie Maison Romé (Nosy Be) : rhum arrangé vanille à 15 euros, visite sans pression commercial
Palais de la Reine (Tana) : 20 euros, vue sur la ville, montée à pied par la rue Racine
Trajet bateau Ambanja-Nosy Be : départ 7 h du matin, apporter du Dramamine
Photos — Nosy Be, Antananarivo
Et au final.
Madagascar, ce n'est pas le paradis lisse des brochures. Nous avons trouvé du calme sur les plages, rencontré des gens généreux, mais aussi des routes en morceaux, du tourisme prédateur et une infrastructure friable. Le rapport qualité-prix reste imbattable. Je retournerais, mais sûrement pas pendant la saison cyclonique.




